Certains l'avaient déjà enterré. A l'image de Thierry Siquet à Charleroi, on ne comptait plus sur lui que pour guider les jeunes ou dépanner. Mais comme Siquet, à force de persévérance et de travail, il a fini une nouvelle fois à accrocher une place de titulaire. A 34 ans, Olivier Besengez est revenu dans l'équipe. Comme arrière central, il est en train de faire taire ses détracteurs, ceux qui le jugeaient trop vieux, car ses dernières prestations sont particulièrement convaincantes. Un des derniers dinosaures nous livre ses impressions sur l'évolution de l'Excelsior qu'il a vu grandir, monter en D1, atteindre l'Europe et la finale de la Coupe de Belgique, et se fracasser après avoir vu trop grand.
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Certains l'avaient déjà enterré. A l'image de Thierry Siquet à Charleroi, on ne comptait plus sur lui que pour guider les jeunes ou dépanner. Mais comme Siquet, à force de persévérance et de travail, il a fini une nouvelle fois à accrocher une place de titulaire. A 34 ans, Olivier Besengez est revenu dans l'équipe. Comme arrière central, il est en train de faire taire ses détracteurs, ceux qui le jugeaient trop vieux, car ses dernières prestations sont particulièrement convaincantes. Un des derniers dinosaures nous livre ses impressions sur l'évolution de l'Excelsior qu'il a vu grandir, monter en D1, atteindre l'Europe et la finale de la Coupe de Belgique, et se fracasser après avoir vu trop grand. " Je l'ai dit à maintes reprises en fin de saison passée. J'ai trouvé dommageable que l'identité de Mouscron ait explosé en 1.000 morceaux. On a laissé partir tous les vieux serviteurs comme Francky Vandendriessche, Koen De Vleeschauwer, Alexandre Teklak, Tonci Martic ou Marcin Zewlakow. Il y avait des impératifs financiers, certes mais ne faire resigner que Jean-Philippe Charlet et moi, c'était un peu fort. Il y avait certainement moyen d'en garder d'autres. Je pense notamment à Teklak. Il aurait accepté de diminuer son salaire, comme moi je l'ai fait, mais on ne lui a simplement rien proposé. Il regrette encore maintenant cette fin de bail avec Mouscron car il aurait voulu rester. C'est vrai que tous ces départs, c'est la fin d'une époque. Quand j'analyse bien, il y a pas mal de joueurs avec lesquels j'ai joué six ans, voire plus. C'est fantastique pour un club de D1 d'évoluer en gardant pendant six ou sept ans cette même ossature, et des entraîneurs qui durent. Et puis, il y a eu aussi le retrait de Jean-Pierre Detremmerie qui a accentué la fin d'une belle histoire. Mais cette histoire peut recommencer Quand j'ai resigné pendant les vacances, je me suis demandé quand même quel visage familier serait là à la reprise. Le retour de Steve Dugardein m'a soulagé. Cependant, c'était il y a sept mois et c'est trop tard. Il faut avancer avec cette nouvelle génération de Mouscronnois. Il y a des joueurs présents au club depuis un an, comme Patrice Noukeu, qui doivent comprendre que leur tour est venu de prendre l'équipe en main ". " Si cela fait deux ans que nous nous battons contre la relégation, je crois qu'il s'agit d'une conséquence de tous ces départs. Les automatismes étaient présents et il n'y a rien de plus fort que de se trouver les yeux fermés. Je n'avais jamais vu autant d'entraîneurs se succéder à l'Excel. La stabilité acquise durant de longues saisons s'est effritée. On vient de vivre deux saisons délicates et je crois désormais que ce sera notre lot chaque année. A cause de la situation financière, ce sera difficile de monter une équipe et de garder une ossature efficace car dès qu'un joueur réalisera une bonne saison, il sera vendu pour renflouer les caisses. Le président Edward Van Daele se trouve devant une tâche délicate. Ce n'est pas sa fonction première de s'occuper de football mais on ne demande pas cela à un président. Il essaie, avec Alain Tirloit, de remettre le club sur de bons rails mais ce n'est pas facile avec les moyens financiers actuels. L'équipe a vécu un changement de mentalité car elle est tombée dans la filière française. Si cette rigueur que l'on est en train d'acquérir peut se marier avec le beau jeu, alors, cela peut donner de belles choses. Les Français sont différents. Cela parle énormément dans les vestiaires. L'ambiance est plus jeune qu'auparavant, donc moins mature. Parfois, il faut remettre les choses au point et leur dire qu'on est dans un groupe pro et qu'il faut se comporter en adulte. C'est ce que Gil Vandenbrouck essaie de faire ". " Geert Broeckaert a eu le noyau qu'on lui a donné. Des transferts ont perturbé le groupe jusque fin août. En début de championnat, la régularité était le point faible de l'équipe. La défaite à Roulers lui a été fatale à cause de cela. Gil a repris le club en instaurant plus de discipline et d'autorité. Paul Put a remis de la rigueur à la Hugo Broos et à la George Leekens mais il a été viré pour des éléments autres que footballistiques. Dommage car je m'étais dit justement avec Dugardein que l'on avait trouvé une figure dans la lignée des grands entraîneurs de Mouscron. Gil a ensuite accepté de reprendre une nouvelle fois le flambeau. Il compte sur notre présence à Dugardein, Marcin Zewlakow et moi pour l'aider dans sa tâche. Comme Put, il a voulu accentuer la rigueur. C'est grâce à cela que nous avons été cherchés le match nul à La Gantoise. Il faut poursuivre dans cette voie-là, remettre l'ouvrage sur le métier et insister auprès des jeunes pour continuer à travailler ". " Cela m'a surpris d'entendre le nom de Mouscron mêlé à cela mais il y a eu un démenti de la justice. Certains noms comme ceux de Geoffray Toyes ou Sébastien Grimaldi ont été jetés en pâture. Heureusement, ils n'ont pas l'air d'être trop déstabilisés. Geoffray n'a pas changé sa façon d'être. Le président a tout de suite remis tout cela à plat mais cela peut provoquer des dégâts. Au niveau de la presse, cela prend des proportions extrêmes et dangereuses. On lance beaucoup d'informations et beaucoup de rumeurs comme celle de notre prime reçue après la victoire à Westerlo. Il s'agissait, comme le président l'a expliqué, d'une prime promise par les meubles Toff et elle a été distribuée aux joueurs comme n'importe quelle prime. On nous a retiré le précompte et l'ONSS et après, la presse s'empare de cette affaire et questionne Dugardein à la télévision en disant qu'il a distribué l'argent. On part d'une prime classique et cela prend des proportions rocambolesques. Néanmoins, toutes ces affaires nous remettent les pieds sur terre. Peut-être sommes-nous trop naïfs ? S'il y a des pommes pourries, la justice doit faire son travail. Chez nous, on a été surpris lorsque Paul Put a été limogé mais je ne crois pas que la corruption soit présente à Mouscron. On n'est pas dans le même contexte qu'au Lierse qui était aux abois financièrement. Certes, nous avons connu certains problèmes mais pas dans de telles proportions. Tout cela ne nous perturbe en tout cas pas. Etre joueur à La Louvière, cela doit être autre chose. Se concentrer et arracher son maintien dans ces conditions, ce n'est certainement pas évident ". " J'ai ressenti une petite gêne au genou en début de championnat et quand je suis revenu dans le coup, Broeckaert avait formé une défense qui marchait bien - enfin, c'est une façon de dire - qui s'était installée, plutôt. Puis, Kevin Hatchi a été replacé dans l'axe et cela a fonctionné. Tout cela explique mon séjour sur le banc. Puis, j'ai profité de la suspension de Geoffray mais alors que j'aurais dû débuter le deuxième tour, j'ai souffert d'une gastro. Finalement, j'ai profité de la défaite à Charleroi pour revenir définitivement dans le onze de base. Et le bilan n'est pas si mauvais puisqu'en six rencontres de championnat, on reste sur deux victoires, deux nuls et deux défaites. Notre défense est maintenant plus solide, moins perméable. On prend moins de risques et on se montre plus réaliste. On a mis le beau jeu de côté et cela paie. Notre rôle de défenseur n'est pas de faire des petits ponts dans la surface. Il faut être dur sur l'homme, gagner des duels et relancer en deux touches. C'est ma philosophie. Pour que notre défense fonctionne, il fallait avant tout retrouver cette rigueur. Au premier tour, on préférait faire un dribble plutôt que dégager le ballon bien loin. Même Hatchi s'est mis au diapason. Il a mis ses petites fioritures de côté et c'est positif. On sait que l'école française dispose de plus de technique mais on est dans le championnat belge et il faut de l'engagement. Les plus beaux exemples sont nos défaites contre Roulers (5-0) et à Zulte Waregem (4-1). En face, il n'y avait peut-être pas les meilleurs techniciens mais avec des valeurs physiques, ils nous ont supplanté. Le message est bien passé et certains joueurs ont adapté leur comportement et leur jeu. C'est bien. Malgré mon séjour sur le banc, j'étais bien dans ma tête. Je savais qu'à 34 ans, ma carrière était derrière moi et que tout ce que j'avais vécu, on ne pouvait pas me l'enlever. Broeckaert me faisait resigner pour encadrer les jeunes mais, loin de moi l'idée d'être une roue de rechange même si je savais que je ne tiendrais pas les 34 rencontres. Malgré tout, je reste sur sept matches d'affilée et cela faisait longtemps que cela ne m'était plus arrivé ". " Pour le moment, la demi-finale est mise un peu de côté. Ce n'est pas une stratégie de dire que pour nous, il n'y a que le maintien. Cela ne sert à rien de jouer une finale si on descend en D2 comme cela est arrivé la saison dernière à Dugardein avec Caen. C'est clair que pour la Coupe, Charleroi sera favori contre nous si on lit ce qui s'écrit et on écoute ce qui se dit. Pour la désignation du lieu de la finale, Charleroi et le Standard ont d'ailleurs eu plus à dire que les petits clubs de Zulte Waregem et Mouscron. Peut-être se croient-ils déjà en finale ? Cependant, on va jouer ces deux matches à fond. Beaucoup de joueurs du noyau ont une carte de visite vierge et inévitablement ils pensent à la remplir. Jouer sur deux tableaux ne va pas se retourner contre nous. Il ne reste que deux matches en semaine et le groupe est étoffé. Tous les postes sont dédoublés et avec une victoire, on oublie la fatigue. Ce n'est pas le match du Cercle (6-0) qui nous a mis à plat physiquement ". " Je n'ai pas craint de me retrouver sans club en juin passé. Au fond de moi, je n'avais pas pensé ne pas pouvoir continuer à Mouscron. Je n'osais pas l'imaginer mais quand je vois comment cela s'est déroulé avec d'autres anciens, je peux être satisfait. Je désirais un contrat de deux ans mais on m'a proposé un an plus une option d'un an. Je ne sais pas s'ils avaient raison de chipoter avec un pur Mouscronnois comme moi mais bon... L'option a été levée : je serai donc toujours Hurlu la saison prochaine. Je pense que la boucle sera bouclée. J'aurai alors près de 36 ans et il sera temps de faire autre chose ". STÉPHANE VANDE VELDE