NR. MiM. CR7. Ça ressemble à une formule chimique mais ce sont les symboles derrière lesquels se cachent les entreprises des trois plus grands footballeurs de la planète : Neymar,Messi,Ronaldo. Des multinationales sur pattes. Ensemble, ils gagnent environ un quart de milliard d'euros par an et ils se partagent une centaine de contrats publicitaires.
...

NR. MiM. CR7. Ça ressemble à une formule chimique mais ce sont les symboles derrière lesquels se cachent les entreprises des trois plus grands footballeurs de la planète : Neymar,Messi,Ronaldo. Des multinationales sur pattes. Ensemble, ils gagnent environ un quart de milliard d'euros par an et ils se partagent une centaine de contrats publicitaires. Entre deux buts, ils investissent dans des hôtels, des restaurants, des magasins, des musées et des parcs d'attractions. A moins que ce ne soit l'inverse : entre deux transactions commerciales, ils marquent. Il semble impossible que l'un des trois soit ruiné comme l'a été Johan Cruijff après avoir investi dans un élevage de porcs fictif. Messi et Ronaldo luttent pour les titres et les trophées individuels mais ils sont aussi au coude-à-coude en matière d'investissements. Le palmarès de Neymar est nettement moins impressionnant mais en matière de gains, il parvient à rivaliser avec eux grâce à une machine de marketing bien huilée. On peut donc dire qu'aujourd'hui, les multinationales des rectangles rivalisent également en dehors des terrains. " Une montre faite pour apprécier chaque moment de l'existence. " Pour 320 euros, vous pouvez vous promener avec une montre de Neymar au poignet. Les fans qui ont davantage de moyens pourront s'offrir l'édition limitée à 1690 euros, avec un chiffre 11 en diamant sur le cadran. Tout le monde peut être comme Neymar. Commandez un Red Bull, prenez une tasse de café Pilão ou une bière Prohibida et vous boirez la même chose que Neymar. Si vous vous taillez le bouc avec Gilette, vous vous raserez comme Neymar. Affalez-vous sur un banc avec un casque Beats by Dre sur les oreilles et vous vous relaxerez comme Neymar. Prenez des calories chez McDonald's, n'oubliez pas votre slip C&A, votre pantalon Replay et votre paire de Nike. La liste est encore longue. Au vu des minutes qu'il passe à tourner des spots publicitaires, on se demande quand le Brésilien trouve encore le temps de jouer au football. Il fait même de la pub pour des batteries de voiture alors qu'il n'en a pas besoin puisqu'il possède une large collection de bagnoles, dont une Ferrari 458 Spider. Nous n'avons cité plus haut que quelques-unes des 40 firmes qui font appel à l'image de Neymar. On dit souvent que Pelé s'est transformé en homme-sandwich mais Neymar a amené la commercialisation des footballeurs à un tout autre niveau encore. Dans peu de temps, ses contrats publicitaires lui permettront de gagner encore plus que les 70 euros par minute que lui offre le PSG. L'entreprise NR Sports ne compte pas ses heures pour promouvoir l'image de Neymar. NR a été fondée en 2006 par papa et maman Neymar. Sur son site internet, on ne trouve pas de trophée de la Ligue des Champions mais on évoque fièrement le nombre de suiveurs sur les réseaux sociaux et on fait référence aux différentes études qui démontrent que Neymar a rapidement conquis sa place dans le top 10 des athlètes les plus commercialisés au monde. Outre une Coupe d'Europe et trois titres nationaux, Neymar a remporté de nombreux prix de marketing. Ses revenus de sponsoring vont de quelques centaines de milliers d'euros pour une collaboration avec des designers d'applications à cinq millions d'euros par an pour faire la publicité de rasoirs ou de hamburgers. En 2017, le propriétaire qatari du PSG a même déboursé la somme-record de 222 millions d'euros pour s'offrir cette machine à pub qui joue aussi au football. Dès son arrivée, des informations venues du Qatar ont précisé qu'il n'avait pas seulement été transféré pour ses beaux mouvements balle au pied et ses buts. " Si on le considère comme une marque, il n'est peut-être pas si cher ", disait-on. Au cours des dernières années, le Qatar et d'autres états pétroliers ont investi beaucoup d'argent dans le football afin de faire parler d'eux de façon positive. Un jour, il n'y aura plus de pétrole et il faudra que l'économie continue à tourner. Le football est le moyen le plus simple de faire de la publicité pour des compagnies aériennes et des places. Neymar, l'idole des jeunes, s'insère parfaitement dans cette stratégie. " Je suis sûr qu'il va nous rapporter plus d'argent que ce qu'il nous a coûté ", disait, à l'époque, le président du club. " Avant qu'il ne signe, le club valait un milliard. Maintenant, il vaut un milliard et demi. " Mais maintenant que le PSG semble de moins en moins en mesure de remporter la Ligue des Champions, on peut se demander si le championnat de France n'est pas trop modeste pour la star brésilienne. Aujourd'hui, il fait un peu penser à Lewis Hamilton qui roule en Volkswagen et pas en Mercedes. En attendant, Neymar dribble avec tellement d'aisance entre les marques qu'il a déjà plus de contrats publicitaires que les trentenaires Messi et Ronaldo. Il en a d'ailleurs bien besoin car il faut qu'il paye son yacht, son hélicoptère et les méga-villas qu'il possède à São Paulo, Paris et Beverly Hills. Neymar avait onze ans lorsqu'il a signé son premier contrat de sponsoring avec Nike. " Je veux toujours me perfectionner : dribbler, tirer, jouer de la tête ", dit-il. On ajoutera " se vendre. " En 2018, il est le joueur le plus sponsorisé. Nike a même produit une chaussure à son nom : l'Air Junior. La question est de savoir où la commercialisation de Neymar va s'arrêter. Il apparaît même dans un film d'action avec Vin Diesel. Nous pouvons nous habiller comme Neymar, nous laver, nous détendre, manger, boire, nous raser, téléphoner, payer, faire du shopping, parier et voyager comme Neymar. Il ne reste plus qu'à inventer un appareil qui nous permette de cloner Neymar. Passons à l'homme qui a fait toute sa carrière à Barcelone et dont le palmarès ne peut que laisser Neymar rêveur : quatre Ligues des Champions, neuf titres de champion d'Espagne, six coupes d'Espagne et plus de 600 buts inscrits. Quand il ne marque pas, c'est qu'il est dans un jet privé ou dans une Maserati l'emmenant chercher un trophée personnel. Il en compte déjà 94. Aucun footballeur sur terre ne gagne autant que Messi. Avec son méga-salaire, à la différence de Neymar, il fonde une bonne partie de son capital sur ses prestations sur le terrain. Ce qui ne l'empêche pas de toucher des dizaines de millions grâce à un contrat à vie avec Adidas et des accords avec de grandes marques comme Gatorade, Pepsi ou Huawei. Cela lui rapporte au moins cent millions par an. Selon la revue financière américaine Forbes, l'Argentin est le deuxième sportif le mieux payé au monde derrière le boxeur Floyd Mayweather, terriblement populaire, mais devant Ronaldo et Neymar. Il a beau sembler modeste, peu de célébrités du monde du football sont aussi excentriques que lui. C'est ainsi que dans le sud de la Chine, on met la dernière main au premier parc d'attractions ayant pour thème un joueur de football. Une sorte de Walibi pour fans de Messi. Sur la place principale, un numéro 10 géant avec les deux index pointés vers le ciel, le geste par lequel il fête chacun de ses buts. La commune de Nanjing va investir dans un train ultra-rapide qui se rendra du centre à Messiland, où des attractions retraceront son trajet, de Rosario aux sommets internationaux. Grâce aux techniques de réalité les plus modernes, les visiteurs pourront faire ce dont ils ont toujours rêvé : jouer avec le meilleur joueur de tous les temps. Et la direction du parc annonce une autre grande nouveauté : dans un genre de forêt magique, il sera possible d'entrer dans l'univers de Messi et de parler avec lui en 3D. Avec des prix d'entrée à peine inférieurs à ceux de Disneyland, le parc d'attractions et l'entreprise qui gère le droit d'image de l'Argentin doivent récupérer rapidement l'investissement de 170 millions d'euros consenti. Fils d'un sidérurgiste, Leo a investi une somme inconnue dans le secteur des loisirs. Outre le parc d'attractions, il a acheté deux hôtels qu'il exploite en collaboration avec la chaîne d'hôtels de luxe catalane Majestic. Sous le nom de MiM - Mayestic y Messi - il gère aussi un hôtel-boutique à Sitges et un logement Art Deco à Ibiza. Madame Messi n'est pas oubliée : elle a ouvert son propre magasin de chaussures à Barcelone avec Madame Suárez. Il se dit aussi que lors d'une vente aux enchères, il s'est offert une Ferrari de 1957 pour un peu plus de 30 millions et qu'il l'a ajoutée à sa collection de bolides. Il a réagi à cette rumeur en invitant ses 94 millions de suiveurs sur Instagram à jeter un oeil sur une voiture sortie du film d'animation Cars. Messi, qui a fait aménager un terrain de football à côté de sa résidence, n'investit d'ailleurs pas tout son argent dans des parcs d'attractions, des magasins, des hôtels et des voitures. Il faut aussi mentionner les efforts structurels qu'il consent pour des bonnes oeuvres plus larges que les projets brésiliens de Neymar. Depuis 2007 déjà, Messi a une fondation pour les enfants qui, comme lui par le passé, ont des problèmes de croissance. Des centres de recherche et des hôpitaux sont construits partout dans le monde. Il s'est notamment rendu à Haïti, où un tremblement de terre a tout détruit, et a récemment financé avec l'Unicef la construction de vingt locaux de classes en Syrie. On peut donc dire que Messi laisse un héritage plus important que ses beaux buts. La seule chose qui manque à son palmarès, c'est la Coupe du monde. Et elle va sans doute lui échapper à tout jamais. Contrairement à Neymar, vu le méga-contrat qui le lie à Barcelone jusqu'en 2021 et son mariage avec Adidas (10 millions par an), les mauvais résultats avec l'équipe nationale auront sans doute peu d'influence sur la croissance de sa fortune, évaluée par des économistes à 350 millions d'euros. Messi pourrait devenir le premier joueur à gagner un milliard sur l'ensemble de sa carrière. Pour cela, Messi doit d'abord battre Ronaldo qui, s'il poursuit à ce rythme, ajoutera un neuvième zéro à ses gains dans trois ans. En matière de trophées, de buts et de popularité, les deux joueurs sont pratiquement à égalité. La lutte qu'ils se livrent est spectaculaire à tous les niveaux. Voici peu, leurs deux yachts de luxe (28 mètres de long) se sont même pratiquement retrouvés côte-à-côte dans le port d'Ibiza. Leurs carrières sont tellement synchronisées qu'ils ont même tous deux été jugés pour fraude fiscale. Juste avant la Coupe du monde, Ronaldo a marqué son accord pour verser une amende-record (19 millions) lui permettant d'échapper à la prison. Messi avait fait pareil avant lui. Les autorités espagnoles confisquent ainsi une (petite) partie de sa fortune. Heureusement, il lui reste assez d'argent, lui qui a même offert une île grecque en cadeau à son agent. Selon Forbes, en 2017, ce fils d'un jardinier alcoolique a gagné environ 80 millions d'euros en salaires et en contrats de sponsoring. Son contrat à vie avec Nike est exceptionnel : Ronaldo n'est que le troisième sportif avec lequel le fabricant de chaussures américain collabore à durée indéterminée. Les deux autres sont les légendes du basket LeBron James et Michael Jordan. Plus que ses retournés, c'est sa légion de 327 millions de suiveurs (plus que le nombre d'habitants des Etats-Unis) qui intéresse le géant du vêtement sportif. Outre les nombreuses images télévisées de ses rushes sur le terrain, Nike est assuré de toucher une bonne partie de la population mondiale grâce à des centaines de posts annuels sur les réseaux sociaux. On a ainsi calculé que Ronaldo parlait de Nike plus de trois cents fois par an, engendrant ainsi un demi-milliard d'interactions. En postant la virgule sur Twitter, Ronaldo pose les bases de son empire publicitaire, constitué d'un arsenal impressionnant de sponsors. Comme Neymar, il signe tellement de contrats par an qu'il est pratiquement impossible de les comptabiliser. Les noms les plus étonnants des 31 entreprises de son portefeuille sont ceux d'un fabricant américain de médicaments et d'une aciérie égyptienne. La dernière grande marque ajoutée à sa liste de clients est Toyota, le fabricant de voiture japonais qu'on n'associe pourtant pas directement aux 19 bolides qu'il possède, dont une Maserati, une Lamborghini, une Ferrari, une Bugatti, une Aston Martin et une Rolls Royce. La méga-star a lancé sa propre marque, CR7, qui regroupe toutes ses activités de marketing, des vêtements pour enfants au parfum, en passant par la lingerie. Qu'il semble loin le temps où des stars mondiales exploitaient un magasin de tabac. Ronaldo a déjà inauguré deux magasins de vêtements CR7, il exploite deux hôtels CR7 avec le groupe Pestana Lifestyle et il est en train d'ouvrir une chaîne de restaurants CR7 au Brésil. Il pourrait y déposer jusqu'à la fin de ses jours des billets de 50 euros en guise de serviettes. Mais soyons honnêtes : l'heureux propriétaire d'un appartement dans la Trump Tower a beau être réputé pour avoir un ego surdimensionné, il n'a pas (encore) de parc d'attractions à son nom. Par contre, il a un musée. Pas un musée archéologique mais une ode à lui-même. Devant le Museu CR7, à Madère, on trouve une statue en bronze géante de Ronaldo sur laquelle on peut lire : " Meilleur joueur du monde. " A l'intérieur, entre les vitrines montrant ses trophées, on trouve encore deux statues en cire de Ronaldo. Pour cinq euros, chacun peut regarder un faux Cristiano Ronaldo dans les yeux. Une astuce : les tickets d'entrée sont gratuits pour ceux qui logent au CR7 Hôtel, juste à côté. On attend les premiers packs vacances Ronaldo. L'an dernier, l'aéroport de Madère a déjà été rebaptisé Cristiano Ronaldo International Airport. Pour le champion d'Europe, ce n'était rien de vraiment extraordinaire puisque des astronomes avaient déjà baptisé CR7 une nouvelle voie lactée qu'ils avaient découverte. Malheureusement, tout le monde n'a pas les moyens de s'offrir un pèlerinage au Portugal. Qu'à cela ne tienne : Ronaldo ne serait pas Ronaldo s'il ne rendait pas service à l'humanité. Il a ainsi lancé une app qui permet à tout le monde de se photoshoper avec Ronaldo en un clin d'oeil. Pour 2,29 ?, vous pouvez télécharger votre selfie CR7 et poser avec l'homme aux abdos les plus célèbres du monde. On précisera que les revenus de ce geste égocentrique par excellence sont reversés à Save the Children. Car Ronaldo a beau avoir fraudé le fisc pour des sommes énormes, il faut reconnaître qu'il aide la société. Il donne beaucoup d'argent aux victimes de catastrophes naturelles, aide à la construction de centres de lutte contre le cancer, finance des écoles à Gaza, promeut des campagnes anti-drogues ou des bonnes oeuvres et a payé de sa poche l'opération au cerveau d'un enfant. C'est le côté le moins médiatisé de cette bête d'entraînement qu'est Ronaldo, lui-même père de quatre enfants.