Vous avez pratiquement tout gagné. Quel regard portez-vous sur ces succès ?
...

Vous avez pratiquement tout gagné. Quel regard portez-vous sur ces succès ? Je suis heureux de voir que tous mes rêves se sont réalisés. J'ai gagné beaucoup de choses, mais j'espère que d'autres trophées et d'autres titres vont suivre. Ma vie a changé mais cela n'a pas été difficile à supporter car avant d'être riche et connu, je suis resté le même. En quoi votre vie a-t-elle changé depuis votre transfert à Barcelone ? Les gens me reconnaissent partout et je n'ai plus guère de vie privée mais je dois l'accepter. Cela fait partie de ma vie et j'essaye de mener une existence normale, même en sachant que l'attention des gens est portée sur moi. Vous êtes constamment sous le feu des projecteurs. Comment vivez-vous cela ? Je sais que j'ai la chance d'exercer le métier que j'aime et d'être celui que je suis aujourd'hui. Ce n'est donc pas si difficile à accepter. Le plus dur, c'est de savoir que tout ce que je dis est analysé en détails. C'est pourquoi je suis parfois très réservé lors des interviews. J'essaye malgré tout de garder mon calme et de rester moi-même. Les gens viennent du monde entier pour vous admirer au Camp Nou. Le fait de devoir être bon chaque semaine engendre-t-il une pression particulière ? Il y a de la pression mais j'aime ça. Les gens savent ce dont je suis capable et cela me motive à donner le meilleur de moi-même. Pour moi, ce n'est pas négatif. Si un stade comble attend de moi quelque chose de spécial, c'est parce que les gens sont convaincus que je peux le faire et cela me donne confiance. Evidemment, je ne peux pas être bon à chaque fois et cela me rend triste mais c'est la vie. Travaillez-vous beaucoup les gestes techniques et les coups francs ? Je travaille chaque jour tous les aspects du jeu : penalties, coups francs, tout. En principe, j'essaye de tirer 50 coups francs et 50 penalties par entraînement, afin de me sentir bien en match. Pour ce qui est des dribbles, c'est plus difficile car en match, vous n'avez que trois secondes pour improviser et si votre défenseur s'adapte bien à vos mouvements, vous devez inventer autre chose. Il est donc plus facile de s'entraîner aux phases arrêtées car c'est avant tout une question de concentration. Parlons du coup franc inscrit contre le Werder Brême en Ligue des Champions. Vouliez-vous vraiment faire passer le ballon sous le mur ? J'avais toujours pensé marquer un but de cette façon car j'avais vu Rivaldo et d'autres joueurs le faire. J'attendais le bon moment et, comme les joueurs de Brême étaient tous très grands, je me suis dit que c'était le bon moyen de les surprendre. Je vais continuer à m'entraîner et j'espère inscrire d'autres buts identiques. Vous êtes le visage de pas mal de produits et on vous voit souvent dans les publicités. Est-il difficile de combiner les affaires et la carrière ? Votre concentration n'en pâtit-elle pas ? C'est ma s£ur et mon frère qui s'occupent de cela, je n'ai donc qu'à me concentrer sur le football. Ils arrangent tout pour moi et j'essaye de placer les rendez-vous dans mon programme mais je donne toujours la priorité au football et à la qualité de mon jeu. J'ai de la chance qu'on me demande souvent de jongler dans les publicités et c'est quand même ma spécialité. Je ne dois pas mémoriser de longs textes et c'est très bien car je suis un footballeur, pas un acteur. Normalement, le tournage des publicités m'amuse toujours, c'est quelque chose de différent. Lorsque Ronaldo jouait au Real Madrid, les gens le critiquaient parce que, pour eux, il s'occupait trop de ses intérêts personnels et ne se donnait plus à 100 % sur le terrain. Vous n'avez pas peur que cela vous arrive ? Ce qui est arrivé à Ronaldo ne me concerne pas, c'est différent. Le Real Madrid a obtenu de mauvais résultats, il y a eu des problèmes et on a créé une image de Ronaldo qui ne correspondait pas à la réalité. Je le connais très bien, je sais qu'il se concentre toujours sur le football et ce que les gens disent de lui est injuste. En ce qui me concerne, je donne la priorité au football et à l'entraînement. Le reste vient après. Comment vous entendez-vous avec Samuel Eto'o ? Vous avez dit qu'il faisait passer ses intérêts personnels avant ceux de l'équipe et il vous a critiqué. Il y a eu une suite de malentendus. L'un a mal interprété les commentaires de l'autre et il s'est emporté, ce qui a suscité la confusion. Aujourd'hui, tout est résolu et nous sommes plus forts qu'avant. Chacun tire les leçons du passé et cela raffermit l'unité du groupe. Quel a été le point culminant de votre carrière jusqu'ici ? En gagnant la Coupe du Monde, j'ai réalisé un rêve de gosse. J'ai également beaucoup d'affection pour la Ligue des Champions et la Coupe des Confédérations mais je crois que le meilleur reste à venir. Et le moment le plus noir ? L'élimination au Mondial 2006 fut très difficile à digérer car tout le monde attendait beaucoup de nous. Nous avions une équipe fantastique et nous aurions pu reconduire notre titre. Mais le moment le plus dur, c'est quand j'ai quitté le Brésil pour venir au PSG. Je n'ai pas été immédiatement titulaire et il ne fut vraiment pas simple de devoir passer beaucoup de temps sur le banc tout en cherchant à s'adapter à une nouvelle vie. Etes-vous d'accord lorsqu'on dit que vous n'avez pas évolué à votre niveau habituel au cours de la dernière Coupe du Monde ? Etiez-vous fatigué après une trop longue saison ? C'est du passé. J'étais très déçu et, sur mon site internet, j'ai demandé pardon aux supporters parce que le Brésil n'a pas été capable de l'emporter. Pas mal de choses ont joué un rôle mais nous avons retenu la leçon et nous tenterons de faire mieux à l'avenir.