Quatre saisons à la Juventus, 89 goals et le titre de meilleur buteur en coupes d'Europe à égalité avec Bettega... Pourtant, votre départ ne s'est pas déroulé dans une bonne ambiance.
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Quatre saisons à la Juventus, 89 goals et le titre de meilleur buteur en coupes d'Europe à égalité avec Bettega... Pourtant, votre départ ne s'est pas déroulé dans une bonne ambiance.Filippo Inzaghi: Et bien, il y a des moments où on ne comprend pas vraiment ce qui se passe. Enfin, disons que la séparation n'a pas été aussi polémique qu'on a bien voulu le prétendre. D'ailleurs Umberto Agnelli, un des présidents d'honneur, m'a téléphoné et m'a déclaré que le club était satisfait de ce que j'avais réalisé pendant mes quatre années sous le mailot bianconero. Mais bon, il y a des moments où il faut changer d'air et j'ai donc tourné la page. En fait, voilà trois ans que l'on parle avec insistance de vous à Milan. Déjà, au terme de la saison 96-97, on pensait que vous quittiez l'Atalanta pour y atterrir.Cette union entre Milan et moi est déjà une vieille histoire et, effectivement, j'ai toujours pensé que j'allais finir par y débarquer. Il paraît qu'à 28 ans, un footballeur connaît sa meilleure période. Espérons qu'il en soit ainsi pour moi. En revanche, je peux affirmer que mentalement j'ai beaucoup progressé.A Milan, vous n'aurez plus le soutien de Zidane. Rui Costa peut-il faire mieux?En principe, je ne devrais pas y perdre au change. Je m'explique : le style de jeu du Portugais est de nature à mieux mettre en évidence mes caractérisques personnelles. Dans le Calcio, il n'y a que deux as de la dernière passe: Manuel et Totti. Zidane, lui, porte plus le ballon. En quelque sorte, j'aimerais m'entendre avec Rui Costa comme avec Totti en équipe nationale. Nous nous trouvons d'instinct et je peux donc évoluer sur le fil du rasoir, c'est-à-dire à la limite du hors-jeu. Shevchenko et vous avez un point commun : vous êtes tout deux égoïstes...On parle beaucoup du duo d'attaque cinq étoiles de Milan qui risque de se tirer dans les pattes. Il est clair que Sheva et moi devons confirmer tout ce que nous avons réalisé jusqu'ici. Heureusement, je connais bien mon nouvel équipier car, même si nous n'avons jamais joué sous le même maillot, nous entretenons des relations amicales. A nous de nous montrer assez intelligents pour comprendre que nous devons jouer l'un pour l'autre. Si nous y parvenons, on va bien s'amuser même si certains prétendent qu'avec Sheva et moi, l'attaque manque un peu de poids. (N. Ribaudo avec ESM)