Filip De Wilde : Tout au long d'une carrière qui s'étale sur plus de 20 ans, il va de soi que j'ai procédé à de nombreux échanges de maillot. En ma qualité de gardien, je me suis toujours focalisé sur la vareuse de mon vis-à-vis. Une seule fois, j'ai fait exception à cette règle : à l'occasion de la phase finale de la Ligue des Champions 2001-2002 quand, pour faire plaisir à la fille d'un ami, j'ai couru après Damiano Tommasi, le médian de l'AS Rome. En pure perte car la dynamo italienne ne tenait pas vraiment à faire l'échange avec le portier d'en face (il rit).
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Filip De Wilde : Tout au long d'une carrière qui s'étale sur plus de 20 ans, il va de soi que j'ai procédé à de nombreux échanges de maillot. En ma qualité de gardien, je me suis toujours focalisé sur la vareuse de mon vis-à-vis. Une seule fois, j'ai fait exception à cette règle : à l'occasion de la phase finale de la Ligue des Champions 2001-2002 quand, pour faire plaisir à la fille d'un ami, j'ai couru après Damiano Tommasi, le médian de l'AS Rome. En pure perte car la dynamo italienne ne tenait pas vraiment à faire l'échange avec le portier d'en face (il rit). En la circonstance, ce n'était pas la première fois que j'avais été sollicité par des copains ou connaissances pour ramener un maillot. Etant peu attaché aux souvenirs moi-même, j'ai le plus souvent troqué ma vareuse contre celle d'un autre afin de contenter des connaissances. Par trois fois, cependant, j'ai fait une entorse à cette habitude en songeant prioritairement à moi-même : quand, sur le terrain, il m'est arrivé de croiser la route de Fabien Barthez. Allez savoir pourquoi, mais j'ai toujours eu un faible pour le portier français de l'Olympique Marseille. C'est d'autant plus bizarre que son style, spectaculaire, tranche avec le mien, tout empreint de sobriété. Mais il faut croire que les extrêmes s'attirent. J'ai toujours été très impressionné par l'aura du Français. Il en imposait, et en impose d'ailleurs toujours, par sa personnalité et sa prise de risques. Pour un attaquant, il y a de quoi avoir bras et jambes coupés quand on est dribblé par un keeper de sa trempe. Moi-même, je m'y suis essayé un jour contre la Turquie. Avec perte et fracas, comme on s'en souviendra... Au total, ma route a croisé à trois reprises celle de Fabien Barthez. Tout d'abord au cours de la saison 1997-98 quand, avec le Sporting Club du Portugal, j'avais été appelé à en découdre, en Coupe d'Europe, avec l'AS Monaco, dont il défendait encore les couleurs à cette époque. Quelques mois plus tard, lors du Tournoi Hassan II, à Casablanca, qui faisait office de répétition générale avant la Coupe du Monde 1998, je l'avais une nouvelle fois retrouvé. Quant à notre dernière rencontre, elle remonte aux deux matches de Ligue des Champions que j'avais disputés avec Anderlecht lors de la campagne 2000-01. Ces trois maillots, reçus dans des contextes tout à fait différents, sont à peu près les seules reliques que j'ai gardées. Elles font pour le moment le bonheur de mon fils cadet Karsten, au même titre d'ailleurs que la tenue complète que m'avait remise lors du même Mondial 1998 le Mexicain Jorge Campos. Un ensemble fluo qui se singularise évidemment des maillots très sobres que j'ai réceptionnés durant toutes mes années passées sur les terrains. Le premier maillot que j'ai reçu en échange ? Honnêtement, je ne m'en souviens plus. Ou bien il remonte à la finale de la Coupe de Belgique que j'avais remportée avec Beveren contre le Club Brugeois en 1983. Mais se passait-on déjà les maillots en Belgique en ce temps-là ? Je ne sais plus ! Dès lors, je crois que j'ai hérité de ma première tunique lors de mon entrée en matière en Coupe des Vainqueurs de Coupe avec les Waeslandiens en 83-84. L'adversaire était le Paralimni Famagouste. Mais ne me demandez pas qui était mon alter ego ce soir-là. Il est sans doute déjà grand-père à l'heure actuelle (il rit). par Bruno Govers