Il faut bien commencer à parler de football à Charleroi... Et pourtant, le c£ur n'y était pas. En cause, les soucis financiers et le flou total de l'été. Dans cette tourmente, Dante Brogno est parvenu à préparer une équipe qui ne devrait pas être ridicule dans le prochain championnat : bravo ! La défense n'est pas moins bonne que celle de la saison dernière et l'entrejeu devrait être plus performant. Les grosses interrogations se situent au niveau offensif, suite au départ d' Eduardo.
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Il faut bien commencer à parler de football à Charleroi... Et pourtant, le c£ur n'y était pas. En cause, les soucis financiers et le flou total de l'été. Dans cette tourmente, Dante Brogno est parvenu à préparer une équipe qui ne devrait pas être ridicule dans le prochain championnat : bravo ! La défense n'est pas moins bonne que celle de la saison dernière et l'entrejeu devrait être plus performant. Les grosses interrogations se situent au niveau offensif, suite au départ d' Eduardo. Dans le but, Laquait a pris l'ascendant sur Dudas suite à un excellent deuxième tour qui lui a valu l'intérêt d'Anderlecht. Doté de très bons réflexes, bon dans les sorties et casse-cou, Laquait est vite devenu un des piliers de l'équipe. A droite, Defays est indéboulonnable : il est le dernier symbole du club, le capitaine aussi. On connaît ses qualités dans les duels d'homme à homme, il doit seulement veiller à contenir ses ardeurs (il prend beaucoup de cartes jaunes). Dans l'axe, le duo Sama- Kargbo possède énormément de talent. Le premier est une véritable tour de contrôle, le second a des qualités techniques bien au-dessus de la moyenne mais aussi tendance à vouloir trop en faire et à prendre trop d'avertissements. Ghislain se tient prêt en cas d'indisponibilité de l'un des deux joueurs de l'axe. A gauche, Brogno est rassuré : l'arrivée récente du Français Reina comble un gros manque. Les deux hommes qui, avant ce transfert, entraient en ligne de compte pour ce poste, ont leurs limites : Sylla est beaucoup trop fougueux et imprécis à la relance, et Lokembo manque d'expérience. Une des meilleures nouvelles dans ce secteur est sûrement le retour de Lendvai, qui a déjà subi trois opérations aux ligaments croisés et est resté un an et demi sans jouer. S'il est épargné par les pépins physiques, il apportera ce qui faisait tant défaut à l'équipe, la saison dernière : de la hargne. A côté de lui, on trouve un nouveau médian défensif : Chabaud. Il possède les mêmes caractéristiques que Lendvai mais est plus technique et participe davantage à la construction. A droite, Dufer est toujours là après avoir passé des tests en France. Il porte ces espoirs depuis plus de deux ans mais on attend encore la percée définitive de ce joueur technique, vif comme l'éclair, capable de donner des ballons de but et de marquer. Oulmers est un peu son pendant à gauche. Avec ces deux ailiers, Charleroi est susceptible de jouer, par moments, dans une configuration en 4-3-3. Devant le duo de médians défensifs, on trouve l'un des sauveurs de la saison dernière : Macquet. Capable de dribbler une défense entière, il a le sens du but et symbolise une tendance très actuelle à Charleroi : les Français inconnus qui explosent chez nous. Premiers réservistes en cas de coup dur dans l'entrejeu : Kéré et Detal, deux produits du club. Pour remplacer Eduardo, le Sporting a transféré un joueur au profil très différent. Le Brésilien était synonyme de puissance pure et c'est un technicien au gabarit bien moins impressionnant qui doit le faire oublier : Olufade. Ce joueur extrêmement rapide n'avait autrefois eu besoin que de six petits mois pour exploser avec Lokeren. Il était ensuite parti en France, mais il a connu des expériences décevantes à Lille et à Nice. Si Brogno décide de pratiquer avec deux attaquants purs, Olufade sera associé à Di Gregorio. Sur le plan purement sportif, Charleroi (dont le noyau compte aujourd'hui presque autant de Français que de Belges...) peut-il envisager cette saison avec sérénité? L'équipe est plus forte qu'il y a un an, et ce n'est pas chaque année que la poisse va s'acharner sur ce club comme ce fut le cas du temps d' Etienne Delangre. Tout au long de la période de préparation, on a été frappé par le calme qui se dégageait du vestiaire. Comme si les joueurs étaient privés d'infos. n