Son agent en a plein la bouche quand il commente l'éclosion et l'ascension V-V' de Colin Coosemans (18 ans), le nouveau gardien titulaire du Club Bruges : " Il est excellent, c'est un gars intelligent, il a la tête sur les épaules et ne se laisse pas facilement déstabiliser. " Classique, normal qu'un manager soit élogieux quand il parle d'un de ses poulains. Et encore plus logique dans le cas de Colin : son agent, c'est son père, Philippe Coosemans, licencié FIFA depuis 2006. Il s'est lancé en travaillant prioritairement sur des marchés étrangers comme la Suisse, la Grèce, mais aussi la Nouvelle-Zélande et le Kazakhstan. Il a aujourd'hui une quarantaine de footballeurs dans son portefeuille. Ils sont assez peu connus. Et la perle de son écurie, aujourd'hui, c'est son Colin.
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Son agent en a plein la bouche quand il commente l'éclosion et l'ascension V-V' de Colin Coosemans (18 ans), le nouveau gardien titulaire du Club Bruges : " Il est excellent, c'est un gars intelligent, il a la tête sur les épaules et ne se laisse pas facilement déstabiliser. " Classique, normal qu'un manager soit élogieux quand il parle d'un de ses poulains. Et encore plus logique dans le cas de Colin : son agent, c'est son père, Philippe Coosemans, licencié FIFA depuis 2006. Il s'est lancé en travaillant prioritairement sur des marchés étrangers comme la Suisse, la Grèce, mais aussi la Nouvelle-Zélande et le Kazakhstan. Il a aujourd'hui une quarantaine de footballeurs dans son portefeuille. Ils sont assez peu connus. Et la perle de son écurie, aujourd'hui, c'est son Colin. L'été dernier, personne ne le connaissait. Il en était à sa dixième année au Club où il a fait presque toute sa formation après avoir été débauché à l'âge de huit dans un petit club de Gand. Les Coosemans sont des Gantois purs et durs : ils habitent à un demi-kilomètre du stade des Buffalos. En février 2010, Colin participe à ses premiers entraînements avec le noyau A du Club. En juin, il signe un contrat pro, comme troisième gardien. Mais tout va aller très vite pour le jeunot. Il fait ses débuts à la Villarreal, en Europa League, quand Geert De Vlieger se blesse à une demi-heure de la fin, alors que Stijn Stijnen est hors combat pour blessures à répétition. A la rentrée aux vestiaires, Adrie Koster le prévient : " Tu as fait le plein d'adrénaline et tu ne vas pas beaucoup dormir cette nuit. " Coosemans n'en croyait rien : " Mais je n'ai pas fermé l'£il avant 4 heures du matin ". Quelques jours plus tard, première titularisation : contre Gand. " Koster m'a demandé de m'isoler avant ce match-là, il m'a conseillé de ne pas donner d'interviews. Evidemment, tout le monde allait me questionner sur mon tout premier match avec Bruges, mais aussi sur La Gantoise. Alors, je me suis mis en quarantaine. Je n'ai pas lu un seul journal, j'ai coupé ma télé. En arrivant au stade, le dimanche, je ne connaissais même pas les résultats de la veille. "Depuis, Colin est indéboulonnable. Il a fait des matches sans encaisser, il a participé à la bonne série et à la remontée au classement de son équipe (six victoires lors des sept derniers matches), il a aussi contribué à sauver la tête de Koster. Bref, encore un gardien belge de l'année de grâce 1992 qui montre cette saison de quoi il est capable. Il suit les traces de Thibaut Courtois, Laurent Henkinet et Thomas Kaminski. Pendant ce temps, De Vlieger vit tranquillement ses dernières semaines de footballeur pro. Il vient d'annoncer qu'il stopperait à la fin de cette saison. " C'est marrant ", dit Coosemans. " Je me suis retrouvé en concurrence avec De Vlieger, j'ai gardé ma place dans le goal après l'avoir remplacé à Villarreal, il m'apprend plein de choses, il m'encourage... et il pourrait être mon père. Il a 21 ans de plus que moi ! "Stijnen, par contre, a très mal réagi à l'ascension de la nouvelle étoile. Déjà, sa succession de petites blessures lui minait le moral. Et dès qu'il a compris que Coosemans avait le niveau pour rester dans le but et que la politique de la nouvelle direction consistait à faire confiance aux jeunes, il a commencé à faire n'importe quoi. Il s'est d'abord interrogé publiquement sur le comportement qu'il devrait adopter le jour où il serait rétabli et se retrouverait probablement sur le banc : " Si je fais la tête, on me traitera de pomme pourrie. Si je ne dis rien, on racontera que je manque d'ambition. " Et finalement, l'ex-gardien des Diables a complètement craqué en lançant, via des forums de discussion, une lamentable campagne de dénigrement de Coosemans et de la direction. La " police informatique ", mise sur le coup par les dirigeants du Club, l'a démasqué et il a été expédié dans le noyau B. C'est sûr aujourd'hui : il n'y a plus d'avenir pour Stijnen au Club. De toute façon, Glenn Verbauwhede terminera son prêt à Courtrai en juin et reviendra. Et tant Stijnen que Verbauwhede ont été clairs : impossible pour eux de bosser dans le même noyau. Pour la saison prochaine, on s'oriente donc vers un duo Verbauwhede/Coosemans. Verbauwhede la tête brûlée, un gars dont les déclarations et les sorties valent parfois celles de Stijnen, et Coosemans le croyant, qui se balade en permanence avec un chapelet dans une poche et a longtemps rêvé d'être dentiste, avocat ou architecte. Des études impossibles à combiner avec le foot pro, alors il s'est lancé dans les langues. Il s'est inscrit dans une école supérieure de Gand, options langues, français et italien. Il doit brosser beaucoup de cours mais prend des leçons privées à domicile. Et il s'affirme de plus en plus dans le vestiaire, aidé par ce statut de footballeur intello : " Il y a quelques mois, quand je donnais une consigne à un ancien, il n'hésitait pas à me claquer au visage : -C'est toi qui vas me dire ce que je dois faire ? Maintenant, je sens de plus en plus de respect et de reconnaissance dans le noyau. " PAR PIERRE DANVOYE - PHOTO: IMAGEGLOBE Ce fils d'agent FIFA est en bonne partie à la base du pétage de plombs de Stijnen.