Depuis l'arrivée de José Mourinho à la tête du Real, Madrid n'est plus la place de toutes les folies financières. Certes The Special One est loin d'être à plaindre, ses désirs sont pour la plupart assouvis, mais désormais la politique merengue se veut mieux ciblée. L'été 2009 où débarqua la triplette Kaká, Cristiano Ronaldo, Karim Benzema pour quelque 190 millions d'euros semble bien loin, sans parler des achats " galactiques " type Michael Owen définitivement proscrits.
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Depuis l'arrivée de José Mourinho à la tête du Real, Madrid n'est plus la place de toutes les folies financières. Certes The Special One est loin d'être à plaindre, ses désirs sont pour la plupart assouvis, mais désormais la politique merengue se veut mieux ciblée. L'été 2009 où débarqua la triplette Kaká, Cristiano Ronaldo, Karim Benzema pour quelque 190 millions d'euros semble bien loin, sans parler des achats " galactiques " type Michael Owen définitivement proscrits. Aujourd'hui, l'achat le plus coûteux porte le nom de Fabio Coentrao (23 ans) et la bagatelle de 30 millions d'euros. Une somme rondelette mais qui n'a rien d'étonnant. Depuis plusieurs années le cador de Superliga se monnaie à prix d'or. Rappelez-vous les passages récents d' Angel Di Maria au Real (25 millions), David Luiz à Chelsea (30 millions), ou plus ancien comme Pepe au Real (28 millions). Soit le négociant portugais est l'un des plus habiles du continent, soit ses meilleurs éléments ont la cote sur le marché - un point qui n'a évidemment pas dû laisser insensible Axel Witsel dans son choix de carrière. C'est durant le dernier exercice que les mèches blondes et les déboulés du joueur de Benfica vont faire saliver d'envie une ribambelle de grands clubs européens (Bayern Munich, Chelsea, Juventus, Real). La hype est pourtant très récente. Avant la Coupe du Monde sud-africaine, ce gaucher d'un mètre 81 - qui fut l'une des rares satisfactions d'une Selecção portugaise éliminée en huitièmes de finale -, peinait à faire son trou parmi l'élite. Entre 2007 et 2009, Coentrao est même balloté entre le Nacional, Rio Ave et le Real Saragosse. En Espagne, il ne joue que huit petites minutes sur les six mois de prêt. La presse espagnole ne retient alors que ses incartades by night. De retour la queue entre les jambes à Benfica, l'été 2009, on se dit que cette belle promesse du foot ibérique n'est qu'en transit du côté de Lisbonne. Jusqu'à La rencontre avec Jésus !... Jorge Jesus, le nouveau coach des Aigles. L'ex-mentor de Braga devient son messie. Afin d'allier simultanément le duo Di Maria-Coentrao, Jesus descend ce dernier d'un cran et en fait une révélation de la Superliga. En octobre, le gaucher au look de personnage de téléréalité prolonge son contrat jusqu'en 2015 assorti d'une clause libératoire à 30 millions d'euros. Les remerciements du mécheux vont à qui de droit : " Je l'aime, je ne retrouverai plus jamais un entraîneur comme Jorge Jesus. " Natif de Vila do Conde, cité balnéaire au nord de Porto, c'est dans le quartier de Caxinas que Fabio taquine la chique pour la première fois. Ce fils de pêcheur a le talent qui saute rapidement aux yeux, un talent qui l'envoie naturellement chez le grand du coin : le Rio Ave. Surnommé Figo das Caxinas pour sa faculté à déboîter les adversaires de son pied gauche, Fabio voit à 13 ans sa famille (père, mère et ses deux frères) immigrer dans le sud de la France afin que le paternel y trouve du travail. Lui reste à quai et grimpe les échelons avec Rio Ave. A 17 ans, Coentrao réalise une brève apparition en D1 avant de s'affirmer la saison suivante un étage plus bas. Chelsea le teste un mois durant au terme de l'exercice 2006-2007. Le Sporting est également sur la balle mais c'est finalement Benfica qui décroche la timbale. Sauf que l'ado choppe le melon dans la capitale, et va même jusqu'à clasher Di Maria, acheté à prix d'or. Plus grave, il commet un attentat capillaire dont il ne s'est jusqu'à aujourd'hui pas débarrassé. Deux ans plus tard, après quelques errements, Coentrao finit par faire des dégâts à gauche. Rapide, hargneux, et capable de multiplier les courses avec une rare intensité, le joueur peut aussi distiller des amours d'extérieurs du pied. Si plusieurs mastodontes rêvent de le signer durant l'actuel mercato, le scénario est couru d'avance. Avec comme lobbyistes, Cristiano Ronaldo (" Coentrao est le meilleur Portugais du Portugal "), Mourinho, et un agent commun Jorge Mendes (numéro un mondial de la profession), Coentrao paraphe le 5 juillet un contrat de six ans avec le Real Madrid. Cette fois, plus question de tergiverser : utilisé à différentes sauces durant la préparation, Fabio s'en sort chaque fois avec la mention très bien. Même posté dans l'axe aux côtés de Xabi Alonso, le Portugais fait le taf avec succès et offre une nouvelle option au Mou, toujours à la recherche d'un milieu capable de percuter. Toutefois, les chances sont grandes que Coentrao débute la compétition sur son flanc de prédilection, et donc de voir la paire benfiquiste avec Di Maria se reformer. Marcelo aura alors tout le loisir de travailler son positionnement défensif à l'ombre des spot-lights. PAR THOMAS BRICMONT - PHOTO: REPORTERS Sa rencontre avec Jesus relance une carrière mal embarquée.