Une équipe, une nation, un objectif, un rêve : dans le montage photos de notre Une, joueurs et supporters unissent leurs forces. Alors qu'en prévision des élections de l'année prochaine, on commence à évoquer, prématurément, la scission du pays, les Diables Rouges constituent, plus que jamais, un produit national. Il n'y est plus question de problèmes communautaires ni de division de la sélection mais bien d'un esprit de groupe. La fierté nationale est un atout, l'ambition de l'équipe rappelle la rage de vaincre des mémorables Diables Rouges des années 80.
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Une équipe, une nation, un objectif, un rêve : dans le montage photos de notre Une, joueurs et supporters unissent leurs forces. Alors qu'en prévision des élections de l'année prochaine, on commence à évoquer, prématurément, la scission du pays, les Diables Rouges constituent, plus que jamais, un produit national. Il n'y est plus question de problèmes communautaires ni de division de la sélection mais bien d'un esprit de groupe. La fierté nationale est un atout, l'ambition de l'équipe rappelle la rage de vaincre des mémorables Diables Rouges des années 80. La double confrontation face à la Macédoine constitue le prochain obstacle sur la route du Brésil. Une atmosphère de patriotisme inquiétante attend les Diables dans l'enfer de Skopje mais ceux-ci, s'ils poursuivent leur développement, peuvent être encouragés par leur dernier match de qualification, contre l'Ecosse, qui fut le plus abouti. Auparavant, en Serbie, l'équipe nationale a été bousculée mais elle a résisté, avec un brin de chance, pour finalement s'imposer 0-3 grâce à sa force mentale. Ce n'est pas fréquent et c'est l'indice de la maturité croissante du groupe. L'équipe nationale baigne dans la sérénité. Vendredi dernier, au Casino de Knokke, quand Michel D'Hooghe a été mis à l'honneur pour ses 25 ans d'ancienneté à la FIFA, Marc Wilmots, présent au dîner de gala, n'a pas dévoilé une once de nervosité. Il reflète l'assurance de cette génération. Il constate que l'équipe a effectué un énorme pas en avant, sur le terrain et en dehors, en termes de discipline. Cela permet au sélectionneur de développer le football auquel il aspire : une pression élevée pour étouffer l'adversaire. Pour cela, comme il le sait mieux que personne, Wilmots a surtout besoin de défenseurs rapides et intelligents. C'est précisément ce qui peut poser problème vendredi en Macédoine. L'équipe risque de présenter des lacunes au coeur de sa dernière ligne. Thomas Vermaelen n'est pas en forme et il semble improbable que Vincent Kompany, qui n'a plus disputé de match depuis deux mois, soit titularisé. Or, le défenseur de Manchester City est une clef majeure de la renaissance de l'équipe nationale. Tous les Diables Rouges le reconnaissent : il a communiqué son ambition à chacun et ainsi modifié l'ambiance. L'époque durant laquelle Dick Advocaat devait s'adresser aux internationaux comme à des écoliers est révolue. Le Néerlandais a résolument contré l'anarchie qui menaçait alors. Wilmots en profite aussi. S'il accorde une grande latitude à chacun, c'est parce qu'il sait que l'équipe s'astreint elle-même à une grande discipline. À l'entraînement, si quelqu'un a envie de lever le pied, il est immédiatement rappelé à l'ordre par le groupe. C'est une des bases du succès, auquel contribuent aussi les joueurs qui, à l'étranger, apprennent à évoluer à un rythme plus élevé. Pour le moment, Kevin De Bruyne en constitue la meilleure illustration. En peu de temps, il a perdu quatre kilos au Werder Brême, qui n'est pourtant qu'un club moyen de Bundesliga. Sa métamorphose souligne un mal ancien de notre football : comparés à ceux qui sont dispensés à l'étranger, les entraînements s'apparentent trop souvent, chez nous, à une thérapie d'occupation. Deux victoires contre la Macédoine n'apporteraient encore aucune garantie de qualification pour le Mondial mais elles sont indispensables, compte tenu de l'avant-dernier match, qui a lieu en Croatie, dans sept mois. Durant ce laps de temps, l'équipe peut continuer à progresser. Car si cette génération en or mérite les louanges, elle n'a pas encore gommé toutes ses carences. Ainsi, en perte de balle, elle doit trouver un meilleur équilibre entre attaque et défense. Elle ne peut exploiter sa supériorité technique que si elle joue suffisamment en profondeur. Là, le bât blesse encore, comme Marc Wilmots le sait très bien. Même s'il prend six points endéans une semaine, il ne se laissera pas entraîner dans l'euphorie qui ne manquera pas d'envahir le pays. ?PAR JACQUES SYSMarc Wilmots reflète l'assurance de cette génération.