Tu viens seulement de disputer ta première CAN à près de 31 ans. Tu n'as pas parfois une impression de gâchis quand tu jettes un oeil dans le rétro sur ta carrière internationale ?

NABIL DIRAR : Sérieusement, je n'ai pas trop de regret, parce qu'en toutes circonstances, je relativise et je me rends compte de la chance que j'ai d'être devenu joueur professionnel. Je connais des gens qui bossent 8 à 10 heures par jour, donc bon... Alors oui, j'aurais pu jouer plusieurs CAN, gagner plus de titres aussi, mais j'aurais surtout pu ne jamais arriver là où je suis aujourd'hui. C'est important de s'en rendre compte. Et puis ça ne dépend pas toujours que de soi. J'ai eu des blessures, des entraîneurs qui ne m'ont pas fait confia...

NABIL DIRAR : Sérieusement, je n'ai pas trop de regret, parce qu'en toutes circonstances, je relativise et je me rends compte de la chance que j'ai d'être devenu joueur professionnel. Je connais des gens qui bossent 8 à 10 heures par jour, donc bon... Alors oui, j'aurais pu jouer plusieurs CAN, gagner plus de titres aussi, mais j'aurais surtout pu ne jamais arriver là où je suis aujourd'hui. C'est important de s'en rendre compte. Et puis ça ne dépend pas toujours que de soi. J'ai eu des blessures, des entraîneurs qui ne m'ont pas fait confiance... Ça arrive. L'important, c'est le point d'arrivée et là, j'ai surtout l'impression d'avoir vécu un truc de fou, vraiment. C'était mon rêve depuis des années de participer à une CAN avec le Maroc et là, je peux dire que je l'ai fait, que j'ai défendu les couleurs de mon pays dans une grande compétition. C'est fabuleux ! D'autant que je pense qu'on a fait quelque chose de bien tous ensemble. On peut être fiers. On a prouvé qu'avec un bon groupe et un super coach, le Maroc n'avait rien à envier à personne, même sans certains de ses cadres. DIRAR : Oui et non, parce qu'à partir du moment où je faisais une bonne préparation, je savais que le coach ferait appel à moi. Après, c'est vrai que je revenais d'une blessure de trois mois, mais je pense que le coach a vu que je montais en puissance tout au long de la préparation. Et surtout que j'avais envie de jouer. Et puis, Hervé Renard, c'est quelqu'un qui m'a toujours beaucoup soutenu. On a beaucoup parlé ensemble pendant la période où j'étais blessé et c'est lui qui a su me convaincre de tout donner pour revenir à mon meilleur niveau pour cette CAN. J'avais à coeur de ne pas le décevoir, parce que c'est un grand monsieur. C'est un winner ce mec-là. Un vrai meneur d'hommes qui peut te prendre entre quatre yeux pour te dire les choses. Je crois que ce qui plaît en Afrique, c'est sa sincérité. Avec lui, il n'y a pas de passe-droit. Ce sont toujours les meilleurs qui seront sur le terrain. DIRAR : Ce qui est certain, c'est qu'on avait une jeune équipe, peut-être pas encore assez rodée sur certains points. On ne joue ensemble que depuis une petite année, on a peut-être donc logiquement manqué de vice par moments. Notamment contre l'Égypte en quart de finale où on domine sans parvenir à marquer avant de prendre un but à la dernière minute. Évidemment, c'est frustrant. Je pourrais parler du terrain qui était dans un état lamentable et qui ne nous a pas favorisés, nous les Marocains qui n'avons pas un jeu très physique. Mais je préfère quand même retenir le positif. À commencer par le fait qu'on soit sorti du groupe de la mort avec la Côte d'Ivoire, championne en titre, le Togo et la République Démocratique du Congo.