Ce n'est pas un hasard s'il fut un jour surnommé Fidèle Casto... Dix ans à La Louvière, huit saisons à Charleroi, six campagnes à Mouscron: Marco Casto (30 ans) ne s'est jamais senti des fourmis dans les jambes. Normal, puisqu'il a été heureux partout où il est passé. Quoique, depuis près d'un an, on ne lit plus le même bonheur ni la même insouciance dans ses yeux de sale gamin toujours prêt à l'une ou l'autre pitrerie. On devine qu'il était, autrefois, le premier à vider la cartouche de son stylo à encre dans le dos des profs ou à coller son chewing-gum sous sa chaise à l'église. Marco, c'est la joie de vivre, l'envie de faire rire, le bonheur de faire plaisir.
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Ce n'est pas un hasard s'il fut un jour surnommé Fidèle Casto... Dix ans à La Louvière, huit saisons à Charleroi, six campagnes à Mouscron: Marco Casto (30 ans) ne s'est jamais senti des fourmis dans les jambes. Normal, puisqu'il a été heureux partout où il est passé. Quoique, depuis près d'un an, on ne lit plus le même bonheur ni la même insouciance dans ses yeux de sale gamin toujours prêt à l'une ou l'autre pitrerie. On devine qu'il était, autrefois, le premier à vider la cartouche de son stylo à encre dans le dos des profs ou à coller son chewing-gum sous sa chaise à l'église. Marco, c'est la joie de vivre, l'envie de faire rire, le bonheur de faire plaisir. Ce bon vivant, on ne l'a pas encore vu dans l'actuel championnat. Il n'a pas encore pu se mettre la moindre minute de jeu sous la dent. Il s'est déchiré le mollet droit à une semaine du premier match officiel de l'année. Au moment où il bouclait son dernier entraînement avant de revenir dans le noyau A, il se blessa à l'autre mollet. Verdict: cinq nouvelles semaines d'immobilisation. Aujourd'hui, il entrevoit enfin le bout du tunnel.Marco Casto: J'ai rejoué deux matches en Réserves et j'étais sur le banc lors des trois dernières journées. C'est malheureux à dire, mais je suis condamné à attendre la blessure, la suspension ou la méforme d'un concurrent direct. C'est le football. En attendant, je travaille bien à l'entraînement et je m'efforce de montrer que je n'ai pas d'états d'âme particuliers. Il est clair que le bilan défensif de l'équipe plaide pour les réservistes. Mouscron a encaissé beaucoup de buts et on s'est posé des questions. J'attends patiemment mon tour. La défense tient mieux le coup depuis quelques semaines et toute l'équipe tourne bien: il n'y a pas de raisons de la chambouler pour le moment. Filston fait ses matches au back gauche et il mérite d'y rester. Je suis persuadé que Staelens croit en moi. Si ce n'était pas le cas, il ne m'aurait pas mis sur le banc dès ma guérison."Je n'ai jamais su ce que Broos pensait de moi"Son arrivée ne m'a pas posé de problèmes. Dès son premier entraînement, Staelens m'a expliqué que le meilleur jouerait. J'affronte cette concurrence très sereinement.On devine que vous avez été soulagé quand Hugo Broos a signé à Anderlecht?C'est très simple: je savais que je serais au mieux sur le banc si Broos était resté. Je n'avais plus du tout sa confiance. Cela restera une énigme jusqu'à la fin de ma vie. Je me suis posé mille fois la même question mais je n'ai jamais trouvé de réponse cohérente. Pourquoi a-t-il subitement changé d'avis à mon égard? Pendant des années, il m'a considéré comme un titulaire indiscutable. En quatre ans, j'avais joué plus de 120 matches avec Mouscron. En début de saison dernière, il m'avait empêché de partir au Standard. Il avait mis tout son poids dans la balance pour que je reste ici. Mais, à partir de la fin du premier tour, il a décidé de se passer de moi et je n'ai plus joué, sauf dans quelques matches quand il y avait une épidémie de blessés.Comment vous a-t-il justifié sa décision?Il avait son opinion et elle ne correspondait pas du tout à la mienne. Il estimait que je n'avais pas été bon lors du premier tour de la saison passée. Quelque part, il avait raison. Mais toute l'équipe avait joué en dessous de ses moyens. On aurait pu retirer tout le monde, sauf Vandendriessche. Mais j'ai été le seul à payer. Je suis persuadé que, si j'étais resté dans l'équipe, j'aurais fait un bon deuxième tour comme tous les autres. Broos aurait quand même dû savoir que je ne pouvais pas avoir perdu mon football en l'espace de quatre mois. Il a parfois des raisonnements qui m'échappent. Il fait le forcing pour transférer Michal Zewlakow à Anderlecht, puis il ne le fait pas jouer. Ce joueur ne peut pas non plus être devenu subitement mauvais. Broos le connaissait quand même très bien quand il a décidé de l'emmener au Sporting.Avez-vous eu une bonne discussion constructive avec Broos?Je ne peux pas dire qu'il ait fui le dialogue, mais ce n'est pas l'entraîneur qui parle le plus à ses joueurs. A ce niveau-là, j'ai parfois ressenti un gros manque. Surtout que j'avais travaillé, avant cela, avec de grands communicateurs: Heylens, Peruzovic, Waseige, Leekens. A Charleroi, on me demandait mon avis alors que j'étais en début de carrière et malgré mon sale caractère. Quand il y avait des réunions de joueurs ou quand il s'agissait d'aller négocier avec la direction, on m'appelait. J'étais un des porte-parole du noyau avec Brogno, Silvagni, Suray, Rasquin, Gérard et Moury. J'étais encore un gamin mais on me prouvait, par là, qu'on comptait sur moi, que j'étais important dans le groupe. A Mouscron, je n'ai jamais eu cette impression, malgré mon passé de titulaire. Je n'ai jamais réussi à savoir vraiment ce que Broos pensait de moi. Or, c'est crucial pour un footballeur. Nous sommes tous les mêmes: nous ne nous sentons jamais personnellement responsables après une défaite et nous avons tous l'impression d'avoir contribué activement aux victoires. Il est important d'avoir un entraîneur qui remet les choses à leur place, qui tempère les enthousiasmes via des discussions individuelles qui permettent d'aller au fond des choses. Broos discutait régulièrement avec Vanderhaeghe, Tanghe, Vandendriessche ou De Vleeschauwer, mais pas avec Casto. J'avais conscience d'être un peu mis à l'écart et je le vivais très mal."Partir dès janvier? Je suis ouvert"Si on me juge sur mes coups de gueule et mon engagement, on peut dire que j'ai un sale caractère. Je le revendique...J'ai toujours été impulsif. Quand il y a des situations que me dérangent, je crie. Je déteste perdre, même un bête match à l'entraînement. Mais ça ne plaît pas à tout le monde.Aux arbitres, notamment! Vous prenez un paquet de cartes et on vous l'a reproché à Mouscron.J'ai été écarté pendant un mois en début de saison dernière, après une exclusion à Lommel. J'ai accepté la sentence mais je ne suis toujours pas d'accord avec le raisonnement de Broos et des dirigeants. Casto qui prend des cartes, ce n'était pas nouveau. On aurait pu me suspendre plus tôt si cela avait été la véritable raison. Du jaune, j'en prenais déjà pas mal quand j'étais à Charleroi. Surtout à cause de ma réputation. Ce n'est pas au moment où je suis arrivé ici que les arbitres ont commencé à me voir différemment. Ils m'ont collé une étiquette de râleur. Il est clair qu'un joueur qui râle tout le temps les énerve. Mais, s'ils m'associent à un râleur, ils doivent aussi accepter de voir que je n'ai jamais cassé la jambe d'un adversaire, que je ne fais pas de tackles assassins et que je n'ai jamais fait le coup de poing sur un terrain. Et je n'ai jamais insulté les arbitres. Je leur dis ma façon de penser, c'est différent. Mouscron m'a suspendu suite à une exclusion, mais je reste persuadé qu'il y avait une autre explication.Votre envie de partir au Standard?Je n'en sais rien. J'espère que la vraie raison n'était pas celle-là. Ce serait malheureux. En tout cas, j'ai été déçu qu'on me juge, à ce moment-là, sur le nombre de cartes jaunes ou rouges que je prenais. J'aurais préféré qu'on considère d'abord mon apport dans l'équipe pendant plusieurs saisons. Si un joueur dispute 30 matches par an, il faut lui tirer un coup de chapeau au lieu de mettre l'accent sur les quatre rencontres pour lesquelles il était suspendu. Et, si le Standard était intéressé, cela voulait quand même dire que j'avais des qualités, non? Au même moment, Nancy et Sedan me voulaient aussi.On a l'impression que, depuis cette sanction interne, un ressort s'est cassé?Je ne dirais pas que le ressort est cassé mais je vis mal ma situation. Quand on ne joue pas, on se sent automatiquement moins concerné. Il faudrait être maso pour être content dans la situation que je connais depuis près d'un an. Mais je viens toujours avec le même enthousiasme à l'entraînement et je me dis que mon heure finira bien par sonner.Vous êtes en fin de contrat et cela ne facilite rien!C'est clair que j'aborde un des virages les plus importants de ma carrière. Je ne connais pas officiellement les intentions du club, même si j'ai évidemment ma petite idée. Plus les mois passent et plus je me dis que Mouscron ne veut pas me conserver. Si les dirigeants comptaient encore sur moi, ils m'auraient déjà invité à négocier en fin de saison dernière. Je me pose de moins en moins de questions. Je me tracasse mais je ne suis pas non plus au fond du trou. Je n'en suis pas encore au stade du footballeur qui se demande s'il aura encore un club quelques mois plus tard. J'ai des atouts: près de 300 matches en D1 et 30 ans. Je ne me sens pas du tout en fin de carrière. Au contraire, je suis en pleine force de l'âge et je suis sûr que j'ai encore quelques belles années devant moi. Dans l'état actuel, je suis ouvert à toutes les propositions. Et je me dis parfois que j'aurais peut-être intérêt à changer d'air, à aborder un nouveau défi dans un environnement sans préjugé. Je m'étais fait la même réflexion au moment où j'ai quitté Charleroi: j'avais fait le tour de la question là-bas. Je rêvais d'autre chose. J'aurais pu gagner une fortune à Lille ou en Espagne. Mais on parlait de moi chez les Diables Rouges et j'avais signé dans un club qui croyait vraiment en moi. Aujourd'hui, mes ambitions sont différentes. Je ne rêve évidemment plus de l'équipe nationale, mais je veux rejouer et en même temps assurer l'avenir de ma famille. Tout footballeur aspire à un bon dernier contrat. Je ne fais pas exception.Pourriez-vous quitter Mouscron dès le mois de janvier?Pourquoi pas? Il ne me reste plus qu'un mois pour convaincre mon entraîneur. S'il n'a plus besoin de moi et si tout le monde y trouve son compte, je suis prêt à négocier un départ dès le mercato. Pierre Danvoye"Je n'ai jamais eu l'impression d'être important à Mouscron"