On ne badine pas avec le sens de l'accueil et de l'hospitalité à la Roma et l'aéroport de Fiumicino peut en témoigner. C'est là-bas que les recrues connaissent leur premier contact avec leur nouvel environnement de travail. Les supporters s'amassent, lancent des écharpes et entonnent des chants. Thomas Vermaelen n'y a pas échappé le 7 août dernier mais ce n'était pas l'affluence des grands jours puisqu'une cinquantaine de tifosi seulement avaient fait acte de présence. C'était pourtant un dimanche et le vol provenait de Barcelone, un petit événement vu que le natif de Kapellen est - après Ludovic Giuly en 2007 et Bojan Krkic en 2011 - seulement la troisième recrue débarquant du mythique club catalan. Trois, c'était également le nombre de défenseurs centraux ayant rejoint la meute de loups en l'espace de deux semaines, mais trois éléments ayant besoin de relancer leur carrière (Juan Jesus, Federico Fazio et donc Vermaelen). Voilà aussi pourquoi l'enthousiasme n'était pas au rendez-vous. Le jour de la présentation officielle devant la presse, Mauro Baldissoni, directeur général de l'AS Roma, justifie ce transfert de la sorte : " Selon nous, c'est un élément qui apportera de la qualité, de l'expérience et de la personnalité. " Il suffisait en effet de jeter un oeil sur le brillant CV du néo-giallorosso pour s'en rendr...

On ne badine pas avec le sens de l'accueil et de l'hospitalité à la Roma et l'aéroport de Fiumicino peut en témoigner. C'est là-bas que les recrues connaissent leur premier contact avec leur nouvel environnement de travail. Les supporters s'amassent, lancent des écharpes et entonnent des chants. Thomas Vermaelen n'y a pas échappé le 7 août dernier mais ce n'était pas l'affluence des grands jours puisqu'une cinquantaine de tifosi seulement avaient fait acte de présence. C'était pourtant un dimanche et le vol provenait de Barcelone, un petit événement vu que le natif de Kapellen est - après Ludovic Giuly en 2007 et Bojan Krkic en 2011 - seulement la troisième recrue débarquant du mythique club catalan. Trois, c'était également le nombre de défenseurs centraux ayant rejoint la meute de loups en l'espace de deux semaines, mais trois éléments ayant besoin de relancer leur carrière (Juan Jesus, Federico Fazio et donc Vermaelen). Voilà aussi pourquoi l'enthousiasme n'était pas au rendez-vous. Le jour de la présentation officielle devant la presse, Mauro Baldissoni, directeur général de l'AS Roma, justifie ce transfert de la sorte : " Selon nous, c'est un élément qui apportera de la qualité, de l'expérience et de la personnalité. " Il suffisait en effet de jeter un oeil sur le brillant CV du néo-giallorosso pour s'en rendre compte mais sa première apparition a vite remis cet état de fait en question. En Italie, le barrage d'accès à la phase de poules de la Champions League est perçu comme le véritable tournant de la saison pour l'équipe concernée, et pas pour les conséquences sportives. En effet, l'économie des clubs transalpins étant ultra-dépendante des droits tv, devoir se passer de la manne financière dérivant de la plus importante des compétitions de clubs peut se révéler un véritable handicap. Encore plus pour la Roma qui est dans le viseur du Fair-play financier instauré par l'UEFA. La double confrontation face au FC Porto est donc préparée minutieusement par Luciano Spalletti et son staff. Vermaelen est aligné aux côtés de Konstantinos Manolas en défense centrale et la formation romaine ouvre le score grâce à un but contre-son-camp de Felipe. Mieux, elle domine outrageusement le début de la rencontre et maîtrise parfaitement son sujet jusqu'au moment où l'ancien ajacide enchaîne deux boulettes. À la 28e minute, afin de récupérer un ballon qu'il a lui-même bêtement perdu sur la ligne médiane mais sans aucun danger imminent, il tacle son adversaire par derrière, ce qui lui vaut un premier carton jaune. Une dizaine de minutes plus tard, sur une passe lobée à destination d'André Silva, il tente un tacle aérien acrobatique mais ne touche que la poitrine de son vis-à-vis. Très mauvaise lecture du jeu, deuxième avertissement, carton rouge et penalty évité pour quelques millimètres. La Roma est réduite à 10 dès la 40e, Porto égalise en seconde période et viendra s'imposer 3-0 au retour à l'Olimpico. Voici comment son entraîneur analysait la première prestation de Vermaelen sous ses nouvelles couleurs : " Son expérience me fait dire qu'il ne doit pas prendre le premier jaune, le second oui, mais le premier est pire que le second. Au vu de ce que nous avions exprimé en première mi-temps, on ne peut pas écoper d'avertissements aussi facilement. " Des débuts catastrophiques mais l'occasion de se refaire se présente rapidement avec deux autres titularisations lors des deux premières journées de Serie A. Pas de grossières erreurs lors de la large victoire 4-0 contre l'Udinese et le nul 2-2 à Cagliari, mais difficile de se faire un avis définitif puisque le numéro 15 giallorosso loupe les trois mois suivants. Cette fois, ce n'est ni la cuisse ou le mollet comme lors de ses saisons presque blanches au Barça, mais une pubalgie tenace. Pendant qu'il suit une thérapie intensive, la Roma trouve son rythme de croisière et une équipe-type se dégage, notamment derrière. Manolas est le mur porteur et est entouré d'Antonio Rüdiger - parfaitement remis de sa rupture aux ligaments croisés du genou gauche - et Fazio. Ce dernier recueillant les éloges du pari réussi. En défense, Spalletti varie entre la version avec trois arrières centraux purs et celle qu'il a renommée " 3 et demi ". En phase de non-possession, une classique disposition à 4, en phase de possession, le latéral à vocation offensive monte d'un cran, celui à vocation défensive (un défenseur central de formation) resserre dans l'axe. Dans les deux cas de figure, Vermaelen est la dernière option. Il doit ainsi se contenter des miettes depuis son retour à la compétition fin novembre, soit une titularisation lors d'un match sans enjeu d'Europa League contre l'Astra Giurgiu et une autre contre le Chievo mi-décembre. Une rencontre qui se déroule sans encombre si ce n'est la contraction d'une blessure au mollet qui a de nouveau mis en exergue son extrême fragilité physique. De fait, la rumeur d'une fin de prêt anticipée a gonflé dans les couloirs de Trigoria, d'autant que l'option d'achat fixée à 10 millions d'euros n'est soumise à aucune obligation et que le club aurait l'opportunité d'économiser sur les 3 millions d'euros de salaire brut restants. La Roma ne cède finalement pas à la tentation et décide de le conserver au sein de l'effectif. Motif principal ? Vermaelen est gaucher et son concurrent direct, Juan Jesus, est bien moins à l'aise lorsqu'il s'agit d'être le premier constructeur de jeu. C'est dans cette optique que l'ancien capitaine d'Arsenal est donc aligné face à la Sampdoria le 29 janvier dernier. Pas le match de la dernière chance mais presque. Et le verdict est sans appel. D'abord enrhumé par Luis Muriel auteur de la passe décisive sur le premier but adverse, il est ensuite coupable d'un marquage bien trop laxiste sur le second signé Patrik Schick. La Roma s'incline 3-2 et laisse filer la Juventus qu'elle pensait pouvoir rattraper. Sur le plateau de Sky Italia, la prestation de " Verminator " est attentivement disséquée, notamment par Giuseppe Bergomi, ancien grand défenseur et consultant respecté : " Il est incapable de prévenir le danger, il ne le comprend pas. Il ne sait pas disposer son corps et est trop mou ". Le lendemain, la presse sportive en fait le principal responsable de cette défaite. Et dans l'esprit des bouillants tifosi, Vermaelen est déjà celui qui a compromis la qualification en Champions League et la lutte pour le scudetto en moins de 10 apparitions. Ils lui auraient même déjà réservé un vol Rome-Barcelone, et cette fois sans retour. PAR VALENTIN PAULUZZI - PHOTO GETTY" Vermaelen ne sait pas disposer son corps et est trop mou." - GIUSEPPE BERGOMI, CONSULTANT ET ANCIEN DÉFENSEUR DE L'INTER