Voici quelques années, la FIFA décidait de réserver un certain nombre de dates pour les équipes nationales. Il s'agissait d'un premier pas vers l'harmonisation des calendriers. Cette mesure était surtout importante pour les clubs européens où militent de nombreux footballeurs africains puisqu'ils doivent laisser partir leurs internationaux étrangers même si une rencontre de championnat était prévue au même moment. Des tas de problèmes subsistent encore mais tous ne sont pas liés à la lourdeur du calendrier. Ainsi, les pays africains ne peuvent se permettre de profiter de ces dates, faute de moyens financiers. Le peu d'argent dont certaines fédérations disposent doit prioritairement être consacré aux matches de qualification de la Coupe d'Afrique des Nations ou de Coupe du Monde.
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Voici quelques années, la FIFA décidait de réserver un certain nombre de dates pour les équipes nationales. Il s'agissait d'un premier pas vers l'harmonisation des calendriers. Cette mesure était surtout importante pour les clubs européens où militent de nombreux footballeurs africains puisqu'ils doivent laisser partir leurs internationaux étrangers même si une rencontre de championnat était prévue au même moment. Des tas de problèmes subsistent encore mais tous ne sont pas liés à la lourdeur du calendrier. Ainsi, les pays africains ne peuvent se permettre de profiter de ces dates, faute de moyens financiers. Le peu d'argent dont certaines fédérations disposent doit prioritairement être consacré aux matches de qualification de la Coupe d'Afrique des Nations ou de Coupe du Monde. El Hadj Malick Sy, le président de la fédération sénégalaise, se veut très concret : " Notre prochain match qualificatif pour la CAN aura lieu au Lesotho. Cette expédition va nous coûter 250.000 dollars. Il ne faut pas oublier que les déplacements en Afrique ne sont pas très faciles, notamment à cause des distances. Mais aussi parce que les correspondances ne sont pas nombreuses et que, pour aller au Lesotho, par exemple, nous devons passer par Paris. Etant donné notre situation financière et nos chances de qualification, nous effectuerons bien entendu l'effort financier nécessaire mais imaginez la tristesse de mon alter ego du Lesotho, qui débourse la même somme pour venir chez nous alors que ses moyens sont plus modestes et que son équipe va, pratiquement à coup sûr, être battue ". Le 30 avril dernier, le Sénégal avait accepté l'invitation de la Tunisie pour un match de gala dans le magnifique stade de Rades à Tunis. " Même si cette rencontre tombe à un moment crucial puisque le sprint final est lancé dans nos championnats, nous sommes heureux de nous retrouver ", lance d'emblée Khalilou Fadiga (29 ans). " C'est vrai que la plupart d'entre nous évoluent en France mais il n'est quand même pas facile de se rencontrer. On se téléphone régulièrement et nous restons en contact avec ceux qui évoluent en Angleterre comme El Hadj Diouf. Et comme nous sommes fiers de défendre les couleurs de notre pays, nous ne faisons pas semblant d'être contents de nous retrouver ". A l'entraînement, la veille du match, ça rigole beaucoup mais ça travaille ferme aussi. Bouba Diop se blesse à la cheville droite et Fadiga s'énerve un peu lors d'un exercice tactique parce qu'un de ses équipiers ne respecte pas la consigne. " Avec Auxerre, je suis milieu gauche excentré pour l'équilibre du groupe même si j'ai joué certains matches dans l'axe. En équipe nationale, j'évolue plus dans l'axe, je suis plus libre et mon rôle consiste à essayer de dicter le jeu et d'effectuer la dernière passe. Je dois donner du rythme, improviser et lancer. C'est évidemment ce rôle que je préfère mais le sacrifice que j'effectue à Auxerre sert à quelque chose puisque j'ai terminé troisième meilleur passeur la saison dernière et que je suis toujours très bien classé cette année. Je suis donc content de mes prestations et c'est sans doute le meilleur moyen de remercier Guy Roux pour la grande confiance qu'il a en moi. Et puis, l'important est d'être sur le terrain et de jouer, même si ce n'est pas au milieu axial. La difficulté d'adaptation résidait en fait plus dans la relation que j'avais avec mes partenaires directs sur le terrain. En équipe nationale, j'évoluais avec des frères ce qui n'était pas le cas en club. Heureusement, depuis, je m'entends très bien avec DjibrilCissé et Olivier Kapo et cette amitié nous pousse à nous dépenser beaucoup plus ". Des 20 joueurs présents en Tunisie, 13 ont participé à la dernière Coupe du Monde et seul le gardien réserve, Pape Mamadou Diouf, évolue au pays. Les brillants résultats du Sénégal sont-ils le fruit d'une génération exceptionnelle et la relève tarde-t-elle à venir ? " Etant donné que toute ma famille est au Sénégal, je suis de très près tout ce qui se passe au pays. Nos bons résultats ont servi la cause de notre nation sur le plan de la notoriété : il y a de bons joueurs au Sénégal. Ainsi, de nombreux clubs européens sont allés jeter un £il là-bas et pas uniquement dans les principaux cercles et de nombreux jeunes ont été recrutés. Ils ont donc reçu l'opportunité de devenir professionnels. A eux de saisir leur chance. Quant à la fédération, elle a pris conscience de la situation. Alors que, jusqu'à présent, les dirigeants attendaient qu'un joueur soit en D1 pour l'appeler en équipe nationale maintenant, elle effectue un travail plus en profondeur. Ils convoquent des jeunes en équipe olympique et accordent une plus grande importance aux équipes d'âge. Ils suivent aussi les jeunes qui fréquentent les centres de formation, notamment en France. Il y en a deux à Auxerre dont la réputation du centre n'est plus à faire et il ne m'étonnera pas qu'un de ces jours, ils soient appelés en équipe olympique. Ce travail en profondeur est nécessaire et c'est pour cela que je crois que le Sénégal peut conserver son niveau actuel ". Entre-temps, Auxerre est finaliste de la Coupe de France. Légèrement touché au tendon d'Achille, Fadiga est quand même allé en stage à Font Romeu à la mi-mai. Il a suivi un programme individuel et il était d'attaque pour les derniers rendez-vous du championnat. " Attention, il me reste encore un an de contrat à Auxerre et, si j'ai toujours l'intention de quitter le club, je ne le ferai pas à n'importe quel prix. Pour le moment, je n'y pense même pas. Je sais que mon manager a reçu plusieurs offres mais je ne veux rien savoir. Je suis heureux d'ailleurs qu'il filtre tout, comme cela je peux me consacrer à mon job. Nous analyserons ces propositions après la finale de la Coupe. Et si j'estime qu'il n'y en a pas d'intéressante, je resterai à Auxerre. C'est plutôt ma femme Jill et mon garçon de trois ans, Noah û rien à voir avec le joueur de tennis û qui en ont assez de rester cloîtrés à la maison. Pour moi, cela ne pose pas de problème entre les entraînements et les matches sans oublier les sélections en équipe nationale, je n'ai pas le temps de m'ennuyer. D'ailleurs en décembre, avec Auxerre, nous avions joué plus de rencontres que pendant toute la saison précédente. Et encore, c'est parce qu'en Coupe de la Ligue, contre Monaco, Guy Roux a préféré laisser plusieurs titulaires au repos en vue du match de Ligue des Champions contre Arsenal. Un choix logique quand on sait que notre équipe est encore très jeune. Non, si je dois partir, c'est pour progresser. Lorsque j'ai quitté Liège en 95 pour Lommel, j'ai opté pour un club qui a joué pour l'Europe. Puis, en 97, j'ai joué le titre avec Bruges. A Auxerre, j'ai terminé 13e en 2001 et troisième la saison dernière, ce qui nous a permis de participer à la Ligue des Champions. Pendant ce temps, j'ai amélioré mon placement, ma vista et j'ai appris à courir à bon escient. Je touche plus le ballon et je le négocie mieux. Avec l'âge, je suis un peu moins feu follet mais l'expérience m'oblige à m'investir plus dans le groupe. " Fadiga est conscient de ses possibilités mais ses exigences financières ne sont-elles pas trop élevées ? " Je ne pense pas que je sois exigeant. Je ne suis jamais allé taper sur la table de personne. Je sais ce que je vaux et je ne pense pas être plus ou moins cher que d'autres joueurs ".