A 24 ans, LuigiPieroni poursuit sa progression entamée sur le tard. Il y a deux ans, il jouait encore au FC Liège, en D2. La saison dernière, pour sa première expérience en D1, il fut le meilleur buteur du championnat avec 28 réalisations. Et, cette saison, il a tenté une première expérience à l'étranger, à l'AJ Auxerre actuellement troisième classée en Ligue 1 française.
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A 24 ans, LuigiPieroni poursuit sa progression entamée sur le tard. Il y a deux ans, il jouait encore au FC Liège, en D2. La saison dernière, pour sa première expérience en D1, il fut le meilleur buteur du championnat avec 28 réalisations. Et, cette saison, il a tenté une première expérience à l'étranger, à l'AJ Auxerre actuellement troisième classée en Ligue 1 française. S'il n'est pas toujours titulaire, il a néanmoins déjà inscrit sept buts (trois en championnat, trois en Coupe de l'UEFA face aux Polonais de l'Amica Wronki et un en Coupe de la Ligue contre Nantes, juste avant la trêve) et les appréciations de la presse hexagonale sont globalement positives. " Les débuts furent difficiles. Lors des premiers entraînements, j'ai souffert à la fois physiquement et techniquement. Je peux comparer cela à ce que j'avais enduré lors de mon passage du FC Liège à Mouscron, un an plus tôt. A Auxerre, on a fait énormément de courses dans les bois. Ce n'étaient pas de simples promenades : en une semaine et demie, on a parcouru près de 80 kilomètres. Et à un rythme affolant. Sur le plan technique, il m'a fallu deux ou trois mois pour me hisser au même niveau que les autres. Il n'y a pas de secrets : à Auxerre, on s'adonne à des séances de tennis-ballon deux fois par semaine. A Mouscron, on s'y était adonné deux fois... sur la saison. Durant les premiers mois, l'équipe de trois joueurs dans laquelle j'évoluais était presque inévitablement battue. Actuellement, il m'arrive de gagner. Je continue à progresser ". Ces progrès techniques furent visibles lors du but qu'il a inscrit face à Nantes : sur un long service en profondeur, il avait d'abord dépassé le gardien en vitesse et en puissance. Il ne restait plus beaucoup de place pour faire passer le ballon entre les poteaux, mais il y est parvenu : " Il y a un an, je n'aurais jamais expédié ce ballon au fond ". En juillet, GuyRoux avait pointé le doigt sur son aspect un peu enveloppé... ce qui a eu le don d'énerver l'intéressé : " Je rentre toujours de vacances avec trois kilos de trop. Mais je les perds rapidement. On m'avait déjà reproché cet excès pondéral en début d'exercice à Mouscron ". Aujourd'hui, d'un simple coup d'£il, on constate que sa silhouette est bien plus affûtée que l'an passé. Et, si l'on compare avec des photos de son époque liégeoise, la différence est flagrante : " L'an passé, à Mouscron, je pesais 85 kilos. Cette année, j'en pèse 84. Mais je n'ai pas assez de temps de jeu pour pouvoir comparer. J'ai même l'impression d'avoir un peu... perdu de ma vivacité. On ne travaille pas assez cet aspect-là à l'entraînement. L'une des grosses différences avec la Belgique, c'est qu'en France, on fournit un gros travail physique pendant la période de préparation. Mais après, cela devient beaucoup plus cool. Les matches s'enchaînent à un tel rythme qu'on n'a plus tellement le temps de travailler la condition physique ". Pieroni a découvert le côté paternaliste de Roux : " Il fait attention à ses joueurs et doit tout savoir. A la limite, il veut être informé de l'heure à laquelle on s'est couché la veille et de ce que l'on a mangé ". L'attaquant des Diables Rouges était à Marseille, avec Auxerre, lorsque le stade Vélodrome avait rendu un vibrant hommage à Raymond Goethals. " J'ai vécu cela depuis le banc. Je suis trop jeune pour avoir bien connu Raymond-la-Science, mais l'hommage qui lui a été rendu était très touchant ". Cette saison, Pieroni est considéré comme la doublure du Zimbabwéen MwaruwariBenjani. C'est la manière de procéder de Guy Roux, qui laisse généralement une année d'adaptation à ses nouveaux protégés. " Jadis, DjibrilCissé a été le remplaçant de Guivarc'h et Guivarc'h a été le remplaçant de LilianLaslandes ", rappelle Lou. " Benjani était le remplaçant de Djibril Cissé. Et aujourd'hui, je suis le... remplaçant de Benjani. Il a plus d'expérience que moi. Guy Roux essaie de me préparer tout doucement à des tâches plus importantes et évite que je me brûle. Mon tour viendra ". Pour lui permettre de progresser, Pieroni bénéficie des conseils de GéraldBaticle, un ancien centre-avant : " Lorsqu'on aborde une semaine d'entraînements normale, sans match en milieu de semaine, on consacre une heure à des exercices spécifiques devant le but, qui concernent DavidVandenbossche et moi. On fait des frappes dans toutes les positions : des reprises de volée, des un-contre-un, des tirs en pivot. Le premier but que j'ai inscrit face à l'Amica Wronki, d'une belle frappe lointaine, était déjà l'application de ce que l'on travaille à l'entraînement avec Baticle ". Lorsqu'on lui demande son meilleur souvenir de ces six premiers mois à Auxerre, Pieroni n'hésite pas : " Les trois buts inscrits face aux Polonais en Coupe de l'UEFA. Trois buts en 20 minutes, tous différents : une frappe enroulée, un tackle sur un centre au ras du sol et une reprise de la tête. L'espace de ces 20 minutes, je m'étais cru revenu un an plus tôt, à Mouscron, lorsque je trouvais le chemin des filets comme à la parade : j'avais planté quatre roses contre Beveren, trois contre Genk et contre Mons ". Ce sens du but ne laisse pas les autres clubs indifférents : le Werder Brême s'est intéressé à lui. " C'est flatteur, mais je me demande si un départ ne serait pas prématuré. J'ai encore beaucoup de choses à apprendre à Auxerre avant de franchir un palier supplémentaire. A Brême, je devrais recommencer un nouvel apprentissage, dans un autre club aux méthodes encore différentes. Et puis, si c'est pour s'asseoir sur le banc, autant s'asseoir sur celui d'Auxerre : il est chauffé ! " ( ilrit). A 25 ans, Jean- FrançoisGillet dispute déjà sa sixième saison en Italie. Transféré en 1999 du Standard à Monza, parce que la concurrence était trop rude à Sclessin (" Il y avait dans les buts des monuments comme GilbertBodart et VedranRunje "), il joua cette première saison en Série B avant d'attirer, en octobre 2000, l'attention des recruteurs de Bari qui évoluait en Série A. Il ne joua qu'une seule saison dans la plus haute division : Bari fut relégué à l'étage inférieur. " L'entraîneur MarcoTardelli avait un homme à lui pour défendre les buts et j'étais confiné au rôle de doublure. Je suis parti à Trévise où j'ai vécu une belle saison, malheureusement entrecoupée d'une mauvaise période de dix matches qui nous a peut-être coûté la promotion en Série A ". Il aurait pu rester dans le nord, à Trévise, mais le nouvel entraîneur de Bari, GuidoCarboni (le frère de l'arrière gauche de Valence) le voulait absolument et il est donc retourné dans les Pouilles où il livre des prestations très satisfaisantes : " J'ai bonne presse, effectivement. Et, à 25 ans, je me sens dans la fine fleur de l'âge. Il y a des préparateurs de gardiens extraordinaires en Italie et j'en recueille les fruits. La Série B est difficile : le championnat compte 22 équipes, ce qui représente 42 matches. On joue souvent en milieu de semaine pour pouvoir boucler le calendrier dans les temps. Les équipes se tiennent de près. Et le niveau est très élevé. Les formations qui sont montées la saison dernière, comme Messine, Palerme, Cagliari et Livourne, tiennent parfaitement la route en Série A. A Bari, on a formé un tout nouveau groupe et les rouages ont mis un peu de temps à s'imbriquer, ce qui explique notre position peu avantageuse. Les supporters sont un peu déçus : on évolue dans un stade de 65.000 places, qui a servi pour la Coupe du Monde 1990, mais elles sont loin d'être toutes occupées. Les plus fidèles se déplacent encore... et ils font du bruit. L'équipe ne joue pas mal, mais la concrétisation fait défaut. Il manque un finisseur. Il est possible que le club profite du mercato pour engager un attaquant, mais comme partout, ce sera une question de moyens et d'opportunités ". Ce long séjour en Série B a un peu relégué Gillet dans les oubliettes aux yeux des Belges, lui qui était considéré comme le grand gardien belge de l'avenir. AiméAnthuenis affirme lui-même qu'il dispose de cinq gardiens potentiellement sélectionnables en équipe nationale : GeertDeVlieger, TristanPeersman, FrédéricHerpoel, SilvioProto et JanMoons... De Gillet, il n'a jamais touché le moindre mot en conférence de presse. " En 2002, après le Championnat d'Europe Espoirs, il avait été question que j'accompagne les Diables Rouges à la Coupe du Monde en qualité de troisième gardien ", se souvient l'intéressé. " C'était à l'époque de RobertWaseige. Sous l'ère Anthuenis, j'ai reçu une pré-convocation avant le match en Croatie disant que je devais veiller à ce que mon passeport soit en règle dans l'éventualité d'une sélection. Mais, le moment venu, je n'ai plus rien entendu et aucun émissaire de l'Union Belge ne s'est jamais déplacé en Italie pour visionner l'un de mes matches. Dans l'entourage du club, personne ne comprend que je ne fasse pas, au moins, l'objet d'une attention plus accrue. Certes, je ne joue qu'en Série B et le club est mal classé, mais les exigences sont élevées ici. On ne demande pas simplement à un gardien de livrer une saison régulière : il doit sauver des points pour son équipe. Et c'est mon cas. Les étrangers, ici, doivent être meilleurs que les Italiens pour jouer. Il y a peu de joueurs étrangers en Série B, mais la plupart d'entre eux sont internationaux dans leur pays. Je dois être l'une des rares exceptions mais j'ai au moins la satisfaction d'avoir su forcer le respect dans un pays de football comme l'Italie ". Gillet a souvent été poursuivi par un a priori défavorable lié à sa petite taille (1m79). " A mon arrivée en Italie, on s'était un peu étonné aussi, mais je compense ce relatif manque de taille par d'autres qualités. Je suis un gardien souple et spectaculaire : des qualités que je dois en grande partie à mon passé de gymnaste et qui m'ont aidé à tous points de vue, notamment pour éviter les blessures. Le rôle du gardien a évolué. Les défenses jouent de plus en plus haut, le gardien s'est mué en une sorte de libero et le jeu au pied est devenu fondamental. On n'est pas aidé par les règles : au moindre accrochage, c'est penalty et exclusion. Les attaquants sont malins et se jettent sur les gardiens : impossible d'éviter le contact.... " L'avenir international de Jean-François Gillet passerait-il par une naturalisation italienne, parfaitement envisageable d'un point de vue légal et même sentimental, puisqu'il partage depuis trois ans et demi la vie d'une jeune Transalpine ? " Non, n'exagérons rien ", rétorque-t-il. " D'abord, l'Italie compte déjà des gardiens de premier rang, comme GianluigiBuffon et FrancescoToldo. Ensuite, je me sens Belge avant tout : je n'oublie pas toutes ces belles années passées dans le giron de l'équipe nationale, en catégories d'âge, où l'on formait toujours un véritable groupe. Un esprit qui a, parfois, permis de renverser des montagnes. L'équipe Espoirs qui a disputé l'Euro 2002 en Suisse était, au départ, considérée comme la plus faible au niveau du talent. Mais, pour aller au tour final, on a éliminé en barrage une équipe suédoise au sein de laquelle militaient des joueurs comme ZlatanIbrahimovic et ChristianWilhelmsson. Des joueurs de cette génération d'Espoirs ont déjà goûté aux Diables Rouges. D'autres, qui n'ont disputé que quelques matches en D1 belge, aussi. Moi, jamais. Je ne demande rien, mais si l'on m'appelle, je répondrai avec grand plaisir ". Pour se faire davantage remarquer, Jean-François Gillet devrait sans doute franchir le pas qui le sépare encore de la Série A. Voire, même, évoluer dans un club très moyen des... Pays-Bas, un championnat vers lequel les instances fédérales jettent plus volontiers leur regard ! " Il y a quelques années, on avait parlé de moi au Milan AC. J'étais l'un des candidats pressentis pour remplacer Dida, annoncé sur le départ pour les Corinthians. Mais le gardien brésilien est resté, et la place ne s'est pas libérée. Aujourd'hui, j'ai de nouveau eu vent de l'intérêt de l'un ou l'autre club de Série A, mais j'attends toujours une offre concrète ". Après qu'un passage à Torino eut échoué d'un fifrelin au cours des dernières heures du mercato d'hiver 2004, Axel Smeets (30 ans) s'était déjà résolu, la mort dans l'âme, à prendre quelques mois sabbatiques avant de se relancer pleinement lors de la campagne des transferts suivante. Mais une perche tendue par son ex-coéquipier lierrois Geir Frigaard changea brusquement le cours des événements. " Au lieu de poursuivre son expérience chez nous, l'attaquant norvégien avait préféré remettre le cap sur son pays natal, à Ham Kam en particulier " dit-il. " Il m'avisa que ses dirigeants étaient à la recherche d'un back droit et qu'à ses yeux, je pouvais fort bien faire l'affaire. Au départ, je l'avoue, le nom de ce club ne me disait rien. Et pour cause, puisqu'il venait d'accéder pour la toute première fois à l'élite du football là-bas. Il était donc logique qu'il n'offrît pas les mêmes consonances familières que Rosenborg, Brann Bergen, voire Lyn Oslo. Ma première impression, sur place, fut mitigée aussi. Certes, la ville, située près de Lillehammer, à une heure de route de la capitale, était absolument superbe mais le football déployé ne valait pas vraiment tripette. C'était du kick and rush à la mode scandinave. A l'heure des négociations, je ne voulus m'engager que pour une période de quatre mois, correspondant aux matches aller du championnat, de la mi-avril à la mi-juillet ". Considéré, dès le début, comme un candidat à la descente, au même titre que l'équipe de Fredrikstad, Ham Kam eut toutefois tôt fait de déjouer tous les pronostics en emboîtant le pas aux valeurs sûres traditionnelles : non seulement les teams précités mais également Valerenga û où évoluait par ailleurs un autre Belge, David Brocken û et Tromsö, cher à Ole-Martin Aarst. " Les plus optimistes nous prédisaient un total de 19 points à la fin de l'année et voilà qu'au bout du volet initial de la compétition, nous en comptions déjà 16 tout en occupant la quatrième place du classement " observe le Bruxellois. " Bien sûr, par rapport aux ténors traditionnels, nous ne pouvions pas soutenir la comparaison au plan des talents individuels. Avec trois millions d'euros à peine, Ham Kam dispose du plus petit budget de la D1 norvégienne . A défaut de regorger de monstres sacrés, j'ai remarqué très vite que le club portait plutôt bien son nom. Il faut savoir qu'il est l'abréviation d' Hamar Kamaratene, allusion à la fois à la cité où il est situé ainsi qu'à celle de camarades. Et c'est vrai que, sur le terrain, il n'y a probablement pas de onze plus soudé. Plusieurs de nos résultats ont fait fureur comme le 0-2 que nous avons forgé à Bodo Glimt ou encore le 5-1 contre Molde. Moi-même, je n'avais pas à me plaindre : avec un but inscrit contre Odd Grenland et trois assists, j'avais réussi au-delà des espérances ". La direction s'empressa de reconduire le contrat de notre compatriote jusqu'en 2006 désormais. Afin de lui offrir des conditions financières comparables à celles octroyées aux meilleurs éléments du football norvégien, appel fut fait à un sponsor privé ainsi qu'à la générosité du public, qui y alla d'une vaste collecte pour conserver son Belge ! " Ce geste-là, ainsi que celui de mes partenaires, qui me supplièrent de rester, m'est allé droit au c£ur " observe notre interlocuteur. " Sur place, ils m'adorent tous et m'ont d'ailleurs affublé d'un surnom : Fox. J'ai aussitôt prévenu mon manager, Didier Frenay, qu'il ne devait plus se mettre en quête d'un nouveau point de chute. Et je ne le regrette absolument pas, car la suite de cette campagne aura été du même acabit que son commencement. Mon seul réel regret, c'est que nous avons en définitive rétrogradé d'une place au tableau final, terminant cinquièmes derrière Rosenborg, Valerenga, Brann Bergen et Tromsö. C'est dommage, car ces clubs jouent pour le moment la Royal League, qui oppose les quatre meilleurs de la Norvège, du Danemark et de la Suède. Il n'est cependant pas interdit de penser qu'Ham Kam disputera, malgré tout, la Coupe de l'UEFA dans quelques mois. Chaque année, en effet, la plus haute instance du football européen décerne un nombre de sésames aux équipes qui se sont montrées les plus fair-play. Par le passé, les clubs norvégiens ont été régulièrement récompensés. Aussi, chacun croise-t-il les doigts. Ce serait formidable d'être européen au bout de sa première aventure à peine au sommet du football norvégien ". Smeets, qui a élu domicile en bordure immédiate du lac d'Hamar avec son épouse et son jeune fils Lenny (quatre mois), en est à sa quatrième expérience à l'étranger après des séjours à Sheffield United, Salamanque et Ankaragücü. Jusqu'à présent, celle-ci s'avère de loin la plus belle : " J'étais sans doute trop jeune et inexpérimenté pour m'exprimer avec bonheur en Liga espagnole. Si la même chance devait se présenter aujourd'hui, je m'en sortirais à coup sûr nettement mieux. Mais l'essentiel, c'est le présent. Et il me comble. En fin de saison, j'ai été désigné meilleur back droit du pays par mes pairs. C'est un honneur qui peut compter quand on sait que tous les footballeurs actifs au pays ainsi que tous les Norvégiens en lice dans les clubs européens entrent en considération pour ces nominations. En ce qui me concerne, j'avais comme concurrents principaux Hassan El Fakiri, de l'AS Monaco et David Brocken qui a défrayé la chronique, lui aussi, avec Valerenga. Il me sera difficile de faire mieux la saison prochaine mais le challenge me tente. D'autant que les dirigeants ont redoublé d'efforts pour aligner une phalange encore plus compétitive lors de la nouvelle saison, en avril prochain avec les internationaux danois Jan Michaelsen, ex-Panathinaïkos, et Peter Sörensen. Même si la prudence reste de rigueur. Car il n'y a franchement rien de plus imprévisible que le championnat de Norvège. Cette année, Stabaek, adversaire européen d'Anderlecht dans un passé guère lointain, a fait la culbute et Bodo Glimt s'est retrouvé barragiste ! " Venu se ressourcer dans son Pays Noir, Grégory Dufer fut tout surpris de constater que sa région avait repris des couleurs. Son club, le Sporting a réappris à gagner. Sans lui. Celui qui représentait le mieux le battant carolo, ayant réussi chaque année à maintenir le vaisseau hors des eaux troubles de la D2 avait choisi de quitter la Belgique pour la Normandie et Caen. Il avait estimé qu'après quatre saisons de galère, il lui fallait partir découvrir un autre horizon. Et c'est sans son meilleur joueur que le Sporting de Charleroi réalise sa meilleure saison depuis bien longtemps. " Je l'avais dit à plusieurs amis. Avec Jacky Mathijssen, les Zèbres vont retrouver des couleurs ", explique-t-il. " J'ai mal au c£ur quand je vois que je ne participe pas à cette aventure mais je leur souhaite de tout c£ur de continuer sur leur lancée. Ils le méritent. C'est un groupe presque inchangé par rapport à la saison passée. Ils ne font que récolter le brin de chance que l'on n'a pas eu les autres années ". Etranger au succès, il a préféré franchir un palier. " Je sentais que je devais passer un cap. Cela faisait quatre saisons que je faisais partie des meubles de l'équipe première carolo. Je ne pensais pas nécessairement quitter la Belgique. Un club comme Anderlecht m'aurait parfaitement convenu. J'ai été attristé de voir que ce club ne pensait pas à moi. Les dirigeants bruxellois croyaient qu'ils étaient bien pourvus sur le côté droit mais les événements ne leur ont pas donné raison. Si le club s'était manifesté, j'aurais bien voulu rejoindre le Parc Astrid mais les événements en ont décidé autrement ". C'est donc dans une cité remise à neuf après les bombardements de 40-45, non loin des plages du débarquement qu'il pose ses valises. " Je savais que cela n'allait pas être évident. J'arrivais avec une étiquette d'international et comme étranger, j'ai dû prouver deux fois plus que je méritais ma place. Mais cela ne me gêne pas car je sais ce que je peux réaliser. J'ai appris à connaître la vie d'un étranger. Les journaux locaux sont plus féroces avec moi qu'avec les joueurs du cru. Mais on peut les comprendre. A Charleroi, les quotidiens de la région agissaient de la même façon avec moi. Ils avaient parfois tendance à me sur coter par rapport aux autres joueurs car j'étais l'enfant du pays. Mais mis à part les journaux locaux, j'ai bonne presse en France. Ainsi, sur mes 11 rencontres, j'ai fait trois fois partie de l'équipe de la semaine dans France Football ". A mi-saison, Dufer ne veut pas encore tirer de bilan de son aventure française. " La Ligue 1 est un championnat plus relevé dans lequel la plupart des équipes se valent. Seul Lyon surclasse les autres. Marseille, par contre, n'est pas à sa place si haut dans le classement. Même s'ils nous ont battus, nous les avons bougés pendant 70 minutes. Sinon, les équipes pensent avant tout à d'abord déjouer avant de jouer. Cela donne lieu à des matches très tactiques ". Mais lui dans tout cela ? " Je n'ai pas beaucoup joué même si j'ai disputé 11 matches sur 17. Je n'ai pas encore prouvé tout ce que j'aurais voulu car j'ai été tracassé deux fois par les blessures. Ainsi, je souffre toujours d'une entorse du genou depuis le match de Saint-Etienne mais je devrais revenir rapidement. Et une fois ces petits pépins physiques oubliés, je pourrai me donner sans retenue et m'inscrire dans la longueur. Jusqu'à présent, à chaque fois que j'ai été aligné, j'ai répondu aux attentes. Et l'entraîneur m'a toujours montré sa confiance. Il n'y a qu'une fois qu'il m'a laissé tom- ber. Je venais de faire une grosse rencontre à Metz mais la semaine suivante, contre Nice, Patrick Remy m'a maintenu sur le banc en raison de choix tactiques ". Et même s'il n'a pas encore su se montrer décisif, Dufer a quand même déjà inscrit un but. " Il s'agissait de mon premier but de la tête. Et en plus, cela s'est passé contre Marseille. Cela reste mon meilleur souvenir même si on a fini par devoir s'incliner ". Retrouver son niveau physique et s'insérer dans le onze de base restent donc ses objectifs pour 2005. Car un retour dans le noyau des Diables Rouges passe par là. " Mon but contre la Turquie fait partie de mes bons souvenirs. Contre la Lituanie, je n'ai pas pu faire de miracles. Je relevais de blessure et j'ai dû suppléer au pied levé Mbo Mpenza, blessé au genou. Je n'avais que deux matches de CFA dans les jambes. Que vouliez-vous que je fasse ?". De ses premiers mois passés à Caen, Dufer retient ses meilleurs moments sportifs mais également la découverte d'une nouvelle région. " J'ai emménagé en face du stade. Ma sphère familiale comptait beaucoup à Charleroi. Ici, j'ai dû dans un premier temps composer sans. Mais maintenant, il ne se passe pas une semaine sans qu'une connaissance ne vienne me dire bonjour. Et ma femme est également venue me rejoindre. La ville est agréable. Elle a su se reconstruire après la guerre. Les gens y sont très accueillants. Dès que je suis arrivé au club, on s'est bien occupé de moi. Par contre, on s'amuse moins entre joueurs qu'à Charleroi ". Sur le plan sportif, Caen réussit pour le moment à se maintenir juste en dehors de la zone de relégation. " On parle peu de nous mais le stade est souvent bien rempli avec une moyenne de 22.000 personnes par rencontre. Il faut dire qu'en France, on ne parle que de Marseille et du PSG. Il n'y a pas vraiment de stars dans l'équipe même si Frédéric Danjou joue le rôle de leader. On forme un bloc soudé et ce n'est pas fait pour me déplaire. On mise beaucoup sur la contre-attaque et la vitesse de nos attaquants. L'entraîneur m'utilise sur le flanc droit, dans un 4-4-2, même si j'ai réalisé ma meilleure saison sous Robert Waseige qui m'avait placé en retrait des attaquants. Mais si Patrick Remy m'utilise uniquement comme flanc droit, c'est qu'il a ses raisons... " A 30 ans, SteveDugardein a vu son existence bouleversée : lui qui n'avait jamais vécu ailleurs qu'à Mouscron, et n'avait jamais connu d'autre club que son Excel où il a joué 25 saisons (!), a tenté l'aventure de la Ligue 1 française avec le Stade Malherbe de Caen. " Au départ, ce fut dur ", reconnaît-il. " Quitter son club, sa famille, ses amis : ce n'était pas évident pour moi. J'avais perdu mes repères. Durant les deux premiers mois, je logeais à l'hôtel. Au début, j'avais l'impression d'être en vacances. Mais je me suis rapidement lassé. Aujourd'hui, j'occupe une très belle maison près de la mer. Depuis que j'ai emménagé avec ma compagne, mon adaptation s'est accélérée. Au niveau footballistique, j'avais bien commencé à Paris et contre Monaco, mais quelques blessures ont freiné mon élan. D'abord, ce fut une lombalgie qui m'a tenu éloigné des terrains pendant trois semaines. Ensuite, j'ai souffert d'une occlusion intestinale. Elle s'est déclarée durant une mise au vert, en déplacement à Metz. En pleine nuit, je me suis réveillé avec un mal de ventre terrible. Dans un premier temps, j'avais songé à une mauvaise digestion. Puis, j'ai pensé que c'était la conséquence du stress. On n'a toujours pas établi la cause, mais j'ai passé trois jours à l'hôpital de Metz avec une sonde nasale, qui a permis de remettre l'intestin en place. A mon retour sur Caen, j'ai consulté un spécialiste qui m'a opéré. Il m'a affirmé que j'avais une bombe dans le ventre : si elle avait explosé, j'aurais pu y rester ! Entre ces deux contretemps, j'avais juste eu le temps d'effectuer mon retour dans le groupe. Lors d'un déplacement en Coupe de la Ligue à Ajaccio, où nous avons gagné 0-2, j'avais même été promu capitaine ". Le brassard, dès sa première saison à l'étranger : une belle marque d'estime, non ? " Peut-être, mais j'ai malgré tout loupé de nombreux matches et cela me procure une impression bizarre. Je suis ennuyé pour tous les gens qui m'ont fait confiance. Je ne veux pas qu'on me considère comme un transfert raté, comme un joueur qui fréquente davantage l'infirmerie que le terrain ". Pour lui qui avait l'habitude de disputer ses 33 ou 34 matches par saison avec Mouscron, ce serait un comble. En France, Dugardein a découvert un autre monde... " Très peu de joueurs français accusent des lacunes sur le plan technique. En revanche, on est peut-être plus combatifs en Belgique. Le jeu, par contre, est beaucoup plus fermé dans l'Hexagone. Les scores Arsenal sont nombreux. A part cela, le football reste le football : quand on gagne, on est bon ; quand on perd, on est mauvais ". Dugardein nourrissait quelques appréhensions au départ. " Je me suis posé des questions. Mais ce complexe d'infériorité est sans doute propre à tous les Belges : partout où l'on va, on a tendance à se sous-estimer ". Avec ses qualités propres, il n'a pas tardé à se faire apprécier. " Après des premiers pas hésitants, je me suis lâché. Je n'étais pas le premier choix de PatrickRemy, et j'en étais conscient. Mais s'il m'a fait confiance, cela signifie qu'il avait décelé des qualités en moi. C'est un entraîneur très tactique, qui ne laisse rien au hasard. Il est adepte du principe de rotation au sein de l'effectif. Malgré cela, chaque fois que j'étais disponible, j'ai été repris. Il préfère jouer avec un seul médian défensif, alors que j'étais plus habitué à un système à deux médians défensifs. Mais je me suis adapté à chaque entraîneur que j'ai connu, alors pourquoi pas à lui ?" La présence de Grégory Dufer a facilité l'intégration. " Lorsqu'on retrouve un compatriote à l'étranger, on a forcément des choses à se raconter. On discute de Charleroi, de Mouscron... et on essaie d'encaisser les blagues belges auxquelles on n'échappe jamais ". Le club normand, néo-promu en Ligue 1, avait bien commencé le championnat et s'était stabilisé en milieu de classement, mais est un peu rentré dans le rang depuis lors. " Au début, on parvenait à compenser les points perdus à l'extérieur par des victoires à domicile. Mais avant la trêve, on a subi trois défaites à domicile qui nous ont fait mal ". Ne comptez pas sur Dugardein pour affirmer qu'il y a un lien de cause à effet avec son absence. " D'abord, ce n'est pas dans ma nature. Ensuite, je suis réaliste : j'ai encore tout à prouver dans le championnat de France ". " J'avais envie de connaître autre chose et je ne suis pas déçu. Je prends mon passage à Caen comme une formidable expérience. Je découvre des stades que je n'avais encore vus qu'à la télévision. Jouer dans le mythique Parc des Princes était, déjà, extraordinaire. Pour mon premier match officiel, je ne pouvais rêver mieux. Fêter une première titularisation contre Monaco, le finaliste de la Ligue des Champions, c'était un autre événement. L'équipe qui m'a le plus impressionné, c'est Lyon. On a pris la raclée : 4-0. Et j'ai été trimballé aux quatre coins du terrain, comme jamais encore je l'avais été durant ma carrière. Pourtant, j'ai du coffre. Je ne m'épuise pas rapidement. Mais, à Gerland, j'ai compris ce que cela signifiait de s'époumoner à courir derrière un ballon insaisissable. Si un club français est capable de remporter la Ligue des Champions, c'est l'OL. Financièrement, j'ai aussi découvert un autre monde en France : quand je pense que Canal+ offre 600 millions d'euros pour un contrat de trois ans... A Caen, on est encore tranquille au niveau médiatique : il y a les médias régionaux, mais rarement les grands journaux nationaux. Mais, partout où l'on va, on sent que l'organisation est parfaite. L'ambiance est exceptionnelle dans tous les stades. Et il y a une autre facette du métier : les déplacements en avion spécial, dans un petit coucou où il ne faut pas avoir peur des trous d'air. On part à 9 h 30 du matin, on déjeune à l'hôtel sur place, on fait la sieste, on joue et on rentre directement après le match, pour retrouver son chez soi à 3 heures du matin. C'est autre chose qu'un déplacement à Genk ou à Lommel... ". Daniel Devos" QUITTER AUXERRE serait prématuré " " En Italie, les étrangers doivent être meilleurs que les Italiens pour jouer " " Il y a quelques années, on avait parlé de moi pour remplacer Dida au Milan AC " " Il n'y a rien de plus imprévisible que le championnat de Norvège " " Les gens sont accueillants mais il y a MOINS D'AMBIANCE ENTRE JOUEURS qu'à Charleroi " " Je ne veux pas qu'on me considère comme un joueur qui fréquente DAVANTAGE L'INFIRMERIE QUE LE TERRAIN " " S'il y a un club français qui peut gagner LA LIGUE DES CHAMPIONS C'EST LYON "