Serge Gumienny rejoindra- t-il Miodrag Petrovic sur la liste des personnalités noires de l'histoire du Sporting de Charleroi ? En 1970-1971, ce joueur yougoslave du Standard avait û bien malgré lui û condamné les Zèbres à la D2. Le Standard l'avait fait monter au jeu lors de son match à l'Antwerp, alors que trois étrangers figuraient déjà dans l'équipe de départ. A l'époque, seuls trois joueurs non belges étaient autorisés. L'Antwerp déposa réclamation à l'Union Belge et arracha finalement les deux points de la victoire sur le tapis vert û alors que les Rouches s'étaient imposés sur le terrain. Au classement final, les Anversois totalisaient un point de plus que Charleroi, qui chuta ainsi en D2.
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Serge Gumienny rejoindra- t-il Miodrag Petrovic sur la liste des personnalités noires de l'histoire du Sporting de Charleroi ? En 1970-1971, ce joueur yougoslave du Standard avait û bien malgré lui û condamné les Zèbres à la D2. Le Standard l'avait fait monter au jeu lors de son match à l'Antwerp, alors que trois étrangers figuraient déjà dans l'équipe de départ. A l'époque, seuls trois joueurs non belges étaient autorisés. L'Antwerp déposa réclamation à l'Union Belge et arracha finalement les deux points de la victoire sur le tapis vert û alors que les Rouches s'étaient imposés sur le terrain. Au classement final, les Anversois totalisaient un point de plus que Charleroi, qui chuta ainsi en D2. Samedi dernier, un nouveau chapitre de la rivalité entre le Standard et le Sporting a peut-être été écrit. En validant le but égalisateur des Liégeois alors qu'Emile Mpenza était clairement hors-jeu, l'arbitre Gumienny û qui avait toutefois privé les Standardmen d'un penalty, quelques minutes plus tôt û a empêché les Zèbres d'assurer leur maintien dès l'avant-dernière journée. On en reparlera en fin de week-end prochain si Charleroi ne s'impose pas contre Mons et chute en D2 ! Il reste que, prendre un point à Sclessin est une bonne performance dans l'absolu. Les Carolos ont confirmé leur bonne prestation de la semaine précédente contre Mouscron. Le nouveau coach, Jacky Mathijssen, croit plus que jamais au sauvetage. Et il semble chaque jour un peu plus persuadé d'avoir pris la bonne décision en quittant St-Trond à la veille de son 100e match comme coach de D1. Déçu mais pas abattu. Conscient de la gravité de la situation, en tout cas. J'ai directement dit aux joueurs : -A partir de maintenant, ça ne sert plus à rien d'être pro-Waseige ou anti-Waseige. Je vous demande de ne plus penser qu'à deux choses pendant trois semaines : votre famille et le Sporting. Et sachez que vous devez considérer le Sporting comme votre deuxième famille. Ils doivent aussi être conscients qu'ils ne seraient pas les seuls à souffrir si le club chutait en D2 : les supporters descendraient avec eux. Je ne veux surtout pas que l'un ou l'autre se dise, après le championnat, que ça aurait pu marcher s'il avait été plus pro. Il faut que chacun ait la conscience tranquille dans quelques jours. Oui, par la qualité de son football. Et c'est ça, le plus important. La motivation et la discipline, ça se travaille, mais si on n'a pas des pieds de footballeur professionnel, on ne peut rien espérer. J'ai été vite rassuré : après un quart d'heure d'entraînement, je savais qu'il y avait beaucoup de talent ici. Je savais que c'était un bon joueur, avec de la vitesse, un bon dribble et une bonne frappe, mais il est encore plus vif que je le pensais. Je savais qu'il ressemblait à Danny Boffin, mais pas à ce point-là. Il a tout. Si j'ai bien lu, il vaut un million sur le marché des transferts. Pour moi, il vaut le double. Il est trop bon pour jouer le maintien. Dans sa forme actuelle, il peut jouer n'importe où en Belgique. Un bon joueur peut jouer partout, c'est un principe de base dans ce sport. Ça me fait toujours rigoler quand un footballeur se plaint qu'on ne l'aligne pas à sa meilleure place. Dans ce cas, il reconnaît implicitement qu'il n'a pas assez de talent. Pour chaque poste, il faut maîtriser deux ou trois qualités indispensables. Des qualités primaires qui s'apprennent en une demi-heure. Dufer sait évidemment le faire. Contre Mouscron, je l'avais fait débuter dans l'axe, puis il est passé à gauche suite à la sortie de Majid Oulmers. Dès qu'il a reçu son premier ballon à gauche, j'ai cogné Dante Brogno et je lui ai dit : -Regarde, c'est toi il y a 15 ans. Quand j'étais joueur à Charleroi, Brogno évoluait à cette place. Je n'en suis pas sûr. Moi, je le trouve plus fort à gauche que partout ailleurs. Ou en tout cas plus déterminant. Dans l'axe, il est un peu bloqué, surtout lors des matches contre des équipes bien organisées défensivement. Dans ces cas-là, il se retrouve souvent coincé entre deux médians défensifs et deux stoppeurs. C'est difficile de faire la différence comme ça. Alors qu'à gauche ou à droite, il hérite de nombreuses situations en un contre un, et là, il est redoutable. Parce qu'il a deux excellents pieds et que son adversaire direct ne sait jamais lequel il va utiliser pour crocheter. Son but contre Mouscron en était une illustration parfaite. Il a crocheté du droit puis tiré du gauche, alors que le défenseur s'attendait sans doute à ce qu'il fasse le contraire. Tout à fait. Mais il doit apprendre à gérer son envie de bien faire. Parfois, il fait plus de tort que de bien à l'équipe en cherchant à être trop efficace. Il doit savoir qu'un médian défensif est avant tout censé protéger les deux stoppeurs qui sont derrière lui. Ce triangle doit être parfaitement solidaire. J'ai dit à Kéré : -Si les deux gars qui sont derrière toi sont tes copains, arrête de faire des choses que je ne te demande pas. S'il peut faire plus que ce que j'exige de lui dans son rôle, tant mieux. Mais je veux d'abord qu'il remplisse la mission qui lui a été dévolue. Dès le premier entraînement, j'ai dû le rappeler deux ou trois fois à l'ordre, arrêter le jeu et lui faire remarquer qu'il était à 20 mètres du but adverse et que ce n'était pas normal pour un médian défensif. Si, à ce moment-là, son adversaire direct hérite du ballon, Kéré devra se retourner et il est probable qu'il commettra une faute peut-être synonyme de carte jaune. Alors que si l'adversaire qui récupère la balle est devant lui, il pourra intervenir proprement. Je n'ai pas tout révolutionné. J'ai juste repositionné deux ou trois joueurs, je leur ai demandé de jouer 10 ou 15 mètres plus devant, ou plus derrière, ou plus à gauche, ou plus à droite. Rien d'autre. J'estimais en tout cas que le 4-5-1 était le système qui convenait le mieux à l'équipe dont j'avais hérité. Parce qu'il permet de bien défendre sans trop se fatiguer et d'être encore frais dans les 20 dernières minutes. Si tout le bloc reste bien en place, il faut rarement courir plus d'une bonne dizaine de mètres dans un 4-5-1. On peut même tenir les 90 minutes sans être au top physiquement. En 4-4-2, les distances à parcourir sont beaucoup plus longues. Oui, et je pense que c'est l'histoire du club qui veut cela. Mais c'est fantastique d'avoir un engouement pareil dans un club de foot. J'ai seulement demandé aux joueurs d'attendre la fin du dernier match avant de commencer à faire la fête. La chaleur de l'accueil. Quand j'étais arrivé ici en 1985, personne ne me connaissait mais j'avais été reçu et intégré comme un enfant de la maison. Cette fois encore, on m'a directement aidé à me sentir à l'aise. Et j'ai constaté, lors du match contre Mouscron, que le public était toujours aussi passionné. J'avais déjà un lien spécial avec lui quand je jouais et je crois que c'est bien parti pour qu'on développe à nouveau la même complicité. La seule chose qui me chagrine, c'est la diminution du nombre de spectateurs. Il y a 15 ans, Charleroi jouait devant une moyenne de 10.000 à 12.000 personnes. Il faut aller rechercher ceux qui ne viennent plus au stade : je suis sûr qu'ils ne sont pas loin. Oui. Mes gars sont prêts pour le combat. Ça fait partie du jeu. A moi de choisir les plus forts dans la tête. J'adore les jeunes, mais je ne peux pas me permettre de les aligner pour le moment. Il me faut des gars expérimentés qui ne craqueront pas s'ils sont coupables sur un but adverse. L'objectif sera alors de remonter directement et de faire du Sporting, en deux ans, un club stable de D1 comme l'est St-Trond aujourd'hui. Quand je parle de club stable, je veux dire un club qui compte 20 points à Noël et peut alors, déjà, commencer à préparer la saison suivante. Ce fut le cas lors de mes trois saisons à St-Trond : 22 points, puis 34, puis 27. Je sais. Pour la première fois depuis trois ans, nous connaissions une fin de championnat sans aucune pression. La première année, nous cherchions à battre le record de points du club en D1 û et nous y étions finalement parvenus. L'an dernier, il y a eu la finale de la Coupe. Cette fois, nous nous sommes sauvés très vite en sachant qu'il n'y avait plus rien de particulier à espérer. Mais cette situation s'est retournée contre l'équipe. Le vestiaire n'avait plus envie de tout donner. Le feu s'était complètement éteint. C'est dur à admettre pour un entraîneur, mais je n'avais pas le choix. J'avais instauré un système de jeu fixe à St-Trond. L'avantage, c'est que mes joueurs le connaissaient par c£ur. L'inconvénient, c'est que nous vivions chaque semaine la même histoire. Nous cherchions à jouer de la même façon contre Beveren ou Anderlecht, à domicile ou en déplacement. Je sais que le foot, par essence, c'est de répéter. Mais, là, une certaine forme de lassitude s'est installée. Non, parce que c'était le style qui convenait le mieux aux joueurs que j'avais à ma disposition : pas des costauds, mais des joueurs de foot et deux bons ailiers. J'aurais été idiot de ne pas en profiter, parce qu'il n'y en a pas énormément dans le championnat de Belgique. J'avais aussi un Danny Boffin qui est un des rares footballeurs de ce pays capables de courir en diagonale : pour une ligne arrière qui joue en zone, c'est souvent mortel parce que les défenseurs se regardaient en chiens de faïence, en se demandant qui allait prendre Boffin. Mes joueurs se sentaient bien dans ce concept. Mais, dans un cas pareil, la réussite est forcément limitée dans le temps. Je vous répète que depuis quelques semaines, il n'y avait plus le feu sacré. Je n'y croyais pas tellement, non. Il y a de grandes ambitions sportives à St-Trond, mais le budget ne permet pas de viser très haut. Je pouvais rester, Marc Wilmots souhaitait que je prolonge, mais la direction me demandait de jouer le Top 5 et je savais que c'était impossible avec aussi peu d'argent. Aujourd'hui, Wilmots dit qu'il faudra du temps pour faire de St-Trond une équipe du haut du classement... et le discours passe facilement. Parce qu'il vient de Wilmots (il rit). Moi, je ne pouvais pas me permettre de parler comme ça. Trois saisons magnifiques, même si les derniers mois ont été difficiles. Il n'y avait plus d'argent, le seul problème était là. Evidemment, Duchâtelet ne serait pas venu s'il y avait encore eu des sous dans la caisse... St-Trond a commis l'énorme erreur d'utiliser l'argent gagné pendant mes deux premières saisons d'entraîneur pour payer cash sa nouvelle tribune. Oui, parce que le club a fait des bénéfices pendant deux ans grâce aux droits TV découlant de nos bons classements (avant cela, Canal+ ne se déplaçait pour ainsi dire jamais à St-Trond), grâce aux ventes de joueurs, grâce à notre parcours en Coupe de Belgique qui nous a rapporté plus que les 10 millions gagnés par La Louvière via la Coupe d'Europe, etc. Mais, en payant directement sa tribune, la direction a tué la poule aux £ufs d'or. Aujourd'hui, on rogne dans le salaire des adjoints, et les joueurs qui veulent rester doivent accepter une diminution de 30 à 50 % ! C'est la première chose qu'on leur dit quand ils vont négocier. C'est malheureux parce que, si le club avait eu l'audace d'aller chercher deux bons joueurs l'été dernier, nous aurions à nouveau joué le Top 5 cette année. Qui n'avait pas envie de signer à St-Trond, à l'époque ? Seulement les stars du championnat. Pierre Danvoye" Je savais que DUFER RESSEMBLAIT à BOFFIN "