Si Tubize prête à sourire, que doit-on dire de Roulers ? Les Brabançons suscitent beaucoup de railleries au point que certains, en Flandre, les condamnent déjà pour la Noël. Pourtant, jusqu'à samedi, il y avait pire en D1 : Roulers. D'épisodes tragi-comiques en rebondissements quotidiens, de démissions en départs volontaires, de prestations soporifiques et catastrophiques en résultats décevants, bienvenue dans le cirque roularien. A part qu'ici, ça ne fait plus rire personne.
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Si Tubize prête à sourire, que doit-on dire de Roulers ? Les Brabançons suscitent beaucoup de railleries au point que certains, en Flandre, les condamnent déjà pour la Noël. Pourtant, jusqu'à samedi, il y avait pire en D1 : Roulers. D'épisodes tragi-comiques en rebondissements quotidiens, de démissions en départs volontaires, de prestations soporifiques et catastrophiques en résultats décevants, bienvenue dans le cirque roularien. A part qu'ici, ça ne fait plus rire personne. C'est fait. La D1 tient son premier licenciement sec ( Philippe Saint-Jean s'étant retiré pour raisons de santé). Dirk Geeraerd, qui entamait sa troisième saison à la tête de l'effectif de l'équipe, a été démis de ses fonctions, victime du pauvre bilan de deux points sur 27. Geeraerd était un travailleur dur, très direct et parfois impulsif. Il voulait des gens qui se battent et donnent tout sur un terrain. Ces méthodes avaient porté leurs fruits mais en fin de saison, lui et son staff technique (notamment Lorenzo Staelens) étaient rentrés en conflit avec des cadres comme Koen De Vleeschauwer, Bjorn Smits, Yves Vanderhaeghe ou Chemcedine El Araichi. Dans ce conflit, la direction avait tranché. Elle avait laissé partir Staelens mais a conforté Geeraerd dans ses fonctions en lui proposant un nouveau contrat de deux ans. Résultat des courses : exode massif de joueurs. Cette saison, la paix était revenue dans le vestiaire qui a toujours soutenu Geeraerd. Il avait même pris des cours de psychologie aux Pays-Bas et paraissait plus calme : " Mon licenciement est une décision logique et attendue mais ce n'est pas la solution. Si vous parlez avec mes collaborateurs et joueurs, personne ne dira que j'ai réalisé du mauvais travail. Me mettre de côté n'est pas porteur d'avenir pour ce club. On a juste besoin de meilleurs ingrédients. Mon successeur n'aura pas la tâche aisée. Il aura besoin de temps pour apprendre à connaître le groupe. Et il finira par demander ces renforts... "Pour gagner du temps (et parce que les candidats ne se bousculaient pas au portillon), Roulers s'est tourné vers un vieux serviteur, Dennis van Wijk, qui avait maintenu le club lors de sa première saison en D1 et qui, en trois jours, l'a déjà remobilisé, comme en témoigne sa victoire à Malines. En mars dernier, Roulers nomme l'ancien gardien, Wim De Coninck au poste de manager général. Après avoir effectué quatorze transferts, il rend son tablier et choisit de retourner à BelgacomTV comme consultant. Certains l'ont très mal pris, l'accusant d'avoir chamboulé tout le club avant de l'abandonner. On lui a reproché d'avoir misé sur deux chevaux, choisissant dans un premier temps Roulers parce que le contrat TV n'avait pas encore été attribué et revenant à BelgacomTV une fois le contrat TV prolongé. Considéré par tout Roulers comme bouc émissaire, il s'explique : " Nulle part, je n'ai lu la vérité. Si j'écoute ce qui se dit, tout est de ma faute. J'aurais massacré le club, volé de l'argent, bien rempli mes poches, laissé partir 16 joueurs pour en prendre 14 nouveaux. Personne n'a compris mon départ. Mais j'ai accepté la mission en disant que si j'avais l'occasion de revenir à la TV, il s'agissait de mon premier choix. Je l'ai dit directement. La direction était tellement paniquée qu'elle a dit OK. Normalement, le contrat TV devait être prolongé fin mai et mon intention était de partir à ce moment-là. Comme cela a pris un peu plus de temps, je suis resté à Roulers plus longtemps. Maintenant, les dirigeants disent qu'ils n'étaient pas au courant. C'est faux et ils le savent. J'avais demandé au président Luc Espeel de bien communiquer cela à tout le monde. Il m'avait rétorqué - Ici, c'est moi qui décide. " Puis débute la campagne estivale : 16 départs, 16 arrivées (dont 14 réglées par De Coninck). " Certains voulaient absolument partir. Même ceux à qui il restait deux ans de contrat comme El Araichi. Ce n'est pas moi qui les ai chassés. J'ai même réussi à convaincre Jurgen Sierens, Stefaan Tanghe et Mama Dissa de rester. Pour remplacer tous ces départs, j'avais établi une liste. J'ai parlé avec plein de joueurs, leur ai fait des propositions, essayé de les faire venir. Ils ont refusé. Sur ma liste, il y avait Pedrag Ristovic, le gardien de l'Antwerp, Steve Colpaert, David Grondin, Yoni Buyens du Lierse, Gil Servaes qui a préféré rester sans contrat avec les Réserves d'Anderlecht, Brecht Verbrugghe de Courtrai, Maâzou de Lokeren et même Thomas Matton. Mais lui n'était pas libre. Zulte Waregem a déboursé 300.000 euros alors que moi, je ne devais faire que des transferts gratuits. Ceux qui sont finalement venus à Roulers n'avaient pas d'autres offres. " Et on comprend vite pourquoi : des 16 transferts, seuls quatre ou cinq sont parfois dans le onze de base. Et on retrouve dans le noyau des joueurs comme Bjorn De Wilde que l'on a été rechercher aux Francs Borains, Ode Thompson ou Nasser Dainèche, trop courts pour la D1. Le but était de prendre des éléments dans le trou, animés d'un sentiment de revanche. " Je me demande quand même qui a fait le scouting en sachant que De Coninck était occupé tout le week-end à la télévision et que Geeraerd s'occupait de son propre match ", explique laconiquement un membre de la direction. " Evidemment que j'ai une part de responsabilité ", avoue De Coninck. " Mais est-ce que j'ai effectué les transferts seuls ? Non. Est-ce qu'il y avait un accord au sein de la cellule sportive sur les arrivées ? Oui. Est-ce que j'ai travaillé dur ? Oui. La grosse erreur que j'ai commise fut de ne pas analyser toute la situation avant de me lancer dans cette aventure. "Tout le monde a donc rejeté la faute sur De Coninck mais depuis son départ, les démissions n'ont pas cessé pour autant. Espeel, miné par des relations de pouvoir et par des rumeurs concernant sa vie privée, est parti. En un an, Roulers a perdu un entraîneur, deux managers sportifs, un président et un manager commercial. Roulers est un club où tout le monde donne son avis et cela crée une certaine cacophonie. De plus, Roulers n'a pu compter sur toutes ses forces vives. Tanghe, Anthony Van Loo (grand talent), Gunter Van Handenhoven et Cédric Bétrémieux ont commencé la saison blessés. L'année passée, Sierens, Dissa étaient décisifs, ce qui n'est plus le cas cette fois. Tanghe, 36 ans, a ses meilleures années derrière lui. Et la chance qui a accompagné le club la saison dernière a disparu. Roulers s'est en effet incliné deux fois sur le fil (contre Lokeren et Bruges) et le nouveau noyau ne dispose pas assez de ressources mentales pour surmonter de tels coups du sort. par stéphane vande velde