Même si la banderole 'nouvelle direction' n'est plus accrochée aux vitrines du stade, cela sent toujours la peinture avec laquelle les proprios remettent les idées à neuf. Attention, ce n'est pas encore sec. Mehdi Bayat a 33 ans, Yannick Ferrera 31. Nouvelle vague, entre golden boys et petit côté rive gauche quand Paris a découvert le jazz. Charleroi a retrouvé les musiques et paroles de la D1 et compte bien ne plus les oublier. " Ferrera et moi, nous vivons le même rêve : être là où nous rêvions être au début de la trentaine. ", affirme Mehdi Bayat. " Notre parcours présente donc des similitudes et nous devons réussir. " Entre l'opération de communication menée sur Facebook et Twitter " Carolos are back " qui entoura la reprise du club, et la mi-décembre, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de la Sambre. " Nous mesurons que tout sera difficile jusqu'au bout cette saison : le maintien constitue le début d'un plan de cinq ans. "
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Même si la banderole 'nouvelle direction' n'est plus accrochée aux vitrines du stade, cela sent toujours la peinture avec laquelle les proprios remettent les idées à neuf. Attention, ce n'est pas encore sec. Mehdi Bayat a 33 ans, Yannick Ferrera 31. Nouvelle vague, entre golden boys et petit côté rive gauche quand Paris a découvert le jazz. Charleroi a retrouvé les musiques et paroles de la D1 et compte bien ne plus les oublier. " Ferrera et moi, nous vivons le même rêve : être là où nous rêvions être au début de la trentaine. ", affirme Mehdi Bayat. " Notre parcours présente donc des similitudes et nous devons réussir. " Entre l'opération de communication menée sur Facebook et Twitter " Carolos are back " qui entoura la reprise du club, et la mi-décembre, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de la Sambre. " Nous mesurons que tout sera difficile jusqu'au bout cette saison : le maintien constitue le début d'un plan de cinq ans. " Mehdi Bayat : J'ai plus appris en une saison à l'étage inférieur que lors des sept ou huit campagnes passées en D1 avec Charleroi. En D1, je n'ai vécu qu'une période tranquille avec Jacky Mathijssen. Après 26 ans parmi l'élite, ce club a cru que cela s'arrangerait à la dernière minute, comme ce fut souvent le cas. Moi aussi je me suis dit jusqu'au bout que cela s'arrangerait. En D2, la pression a été énorme car nous devions impérativement monter : ce fut une leçon d'humilité pour tout le monde Cette parenthèse d'une saison nous a fait comprendre qu'un avenir positif passerait forcément par un gros travail. Il y a un monde de différence entre les deux séries, notamment au niveau de la médiatisation et du sponsoring. Le présence de Charleroi en D2 a quand même eu un effet intéressant pour cette série : j'ai trouvé un accord avec Belgacom pour quelques clubs. Sur cette lancée, la D2 est devenue la Belgacom League. Marqué par ses différents soucis, le club entama cette saison de la vérité sur le rythme d'un moteur diesel, a eu trois coaches avant d'émerger sans discussion. J'ai aussi constaté qu'il y a des joueurs intéressants en D2. Si l'élite veut être solidaire avec cette série, elle doit y recruter des joueurs (ce qui fera du bien aux trésoreries de ces clubs) comme les Zèbres l'ont souvent fait dans le passé. Avec François Sterchele, entre autres. Tout à fait. Entre un président vendeur et un successeur qui n'est pas encore en place, le club a en effet dû se préparer dans l'incertitude. J'ai eu la chance de vivre tout cela et d'assurer la continuité entre les deux époques. Une chose était claire à mes yeux : la vente devait se faire avant le 31 août. Tout s'est donc dénoué à la dernière minute, ce qui nous a permis de recruter Rossini et les jeunes Anderlechtois. Oui, il avait été question de Rossini, Châtelle et Lepoint avant cela mais Abbas Bayat a préféré opter pour d'autres solutions : je n'étais pas tout le temps d'accord avec lui mais il était le patron. Si les choses ont traîné, c'est parce qu'Abbas Bayat sait ce qu'il veut et est très dur en affaires. Je n'ai jamais cru à cette solution. Pour être franc et honnête avec vous, il y a une clause de confidentialité et vous n'entendrez aucun chiffre de ma bouche. Je ne sais pas ce qui s'est passé, ou dit, entre Lucien et Abbas. Je me suis investi dans un autre dossier qui a abouti. Je sais que Lucien est un homme intelligent. S'il y a eu de l'intérêt de sa part, c'est que le club en valait la peine. Certains affirment qu'on l'aurait vu en compagnie d'hommes politiques carolos et chez Dexia pour parler des Zèbres, mais je n'en suis pas si sûr. Les gens de la banque m'ont d'ailleurs démenti la rumeur qui les concernait. Lucien a un passé liégeois et cela l'a aidé à redresser le Standard. Je le voyais mal s'engager chez le rival carolo. Ce sont des univers totalement différents. J'étais persuadé que la solution pour les Zèbres passerait par un ancrage régional. Oui, j'étais enchanté car nous avons pu travailler tranquillement même si, en vue du 31 août, la presse n'a pas cessé de me téléphoner pour savoir qui serait le repreneur. Des journalistes m'ont contacté en pleurant : - Mehdi c'est qui, c'est qui ? Il a été difficile de garder le secret avant de le dévoiler de façon moderne, via les réseaux sociaux. J'ai toujours essayé d'expliquer à mon oncle que le Sporting appartient à Charleroi. Ce club, c'est un phare de la région : il est plus que centenaire, médiatisé, on en parle en bien ou en mal mais on en parle. C'est un trait d'union entre les habitants d'une région et de la plus grande ville de Wallonie. Je le sais, je le comprends, je le sens car je suis devenu un Carolo. Les gens m'ont accepté comme un des leurs avec mes qualités et mes défauts. Je porte ma part de responsabilités et je n'ai peut-être pas été assez compétent, ou convaincant, dans mes échanges avec Abbas. J'ai vécu une année très difficile sur le plan personnel. Mais, comme je suis de nature positive, cela m'a renforcé. Dans le cadre de la reprise du club, la discrétion a été ma meilleure alliée. Nous sommes surtout liés par une relation d'amitié depuis sept ou huit ans. Me voyant galoper partout pour résoudre le problème, il m'a tendu la perche. Il ne doit son succès dans les affaires à personne mais avait décidé de faire quelque chose pour sa région. En trois mois, nous avons accompli un travail titanesque. Carolos are back, c'est plus qu'un slogan. Le Sporting appartient à nouveau à sa région. Fabien est un vrai président papa poule. Il n'a pas le temps de venir souvent au stade mais nous nous parlons tous les jours, et pas que de football. Il trace les grandes lignes, je m'occupe de la gestion quotidienne. Oui. Cela fait partie du domaine de la confidentialité. Mon engagement à tous points de vue, c'est le mien. Mogi est un agent de joueurs en vue, qui gagne très bien sa vie et j'en suis heureux pour lui. Moi, de mon côté, je ne sors pas d'une pochette Kinder Surprise. Il y a 10 ans que je bosse au Sporting où j'ai généré pas mal de chiffre d'affaires comme directeur commercial. J'ai d'autres activités dans l'import-export et l'immobilier. J'ai pris beaucoup de risques en engageant mes moyens propres dans la nouvelle aventure des Zèbres. Je crois à ce projet et il était logique que j'y investisse, comme mon ami Fabien. Exact. Les joueurs s'attendaient à revoir Dennis Van Wijk à la reprise des entraînements. Ils ont eu droit à un intérimaire, Mario Notaro, et j'ai été rechercher Michel Bertinchamps pour la préparation physique. Le 14 juillet, à 15 jours du début du championnat, arrive le duo Yannick Ferrera-Luka Peruzovic. La com n'est alors pas claire, je l'ai dit.. Ferrera est T1 mais, pour Peruzovic, c'est flou. La description de son job n'est pas complète. Son activité ne correspond pas à celle d'un directeur technique car il n'est pas impliqué dans la politique des transferts. Le 31 août, changement de président, renforts : oui, l'effectif a été secoué... J'aime la clarté et je ne croyais pas au système de fonctionnement mis en place. Qui fait quoi ? On a créé une fonction originale : pour moi, Peruzovic et Ferrera ne font qu'un. C'était l'idée de départ d'Abbas, qu'il a mal gérée. Je suis revenu au plan initial, un binôme soudé, mariant la jeunesse et l'expérience. J'ai eu des réunions avec eux. Je leur ai expliqué que leur sort était lié. J'ai demandé à Luka qu'il quitte la tribune, soit présent sur le banc, près de Ferrera. Si cela va mal pour l'un, cela ira mal pour l'autre. Ils gagnent et perdent ensemble. S'ils restent ou partent un jour, ce sera ensemble, je le leur ai toujours dit. Il y a désormais plus de solidarité entre eux et cela va mieux. Normal, vous imaginez : à 31 ans, T1 en D1, il vit son rêve. La jeunesse est ambitieuse, c'est normal. J'ai un peu plus d'expérience que lui. J'essaye de le protéger de ses excès : cela viendra avec le temps. La sauce a pris avec Luka. Les bookmakers ont annoncé que Charleroi serait le premier club belge à virer son coach. Il y a sept entraîneurs démis... mais le Sporting a gardé le sien même si la pression fut très forte. Il faut que cela continue car le chemin du maintien est semé d'embûches pour une équipe enthousiaste mais irrégulière. Pourquoi pas ? S'ils réussissent, oui, car je suis juste. Je n'aime pas le changement, je veux un club stable. Kage n'a pas encore signé de prolongation de contrat. Il n'a pas été écarté pour cela. Je ne suis pas du style à dicter quoi que ce soit à un coach. L'équipe, c'est son job et un dirigeant qui impose ses choix perd toute crédibilité si son idée foire. Aoulad ne s'adressait pas à son coach. Je le crois, c'est de la frustration, on en a parlé, il a réfléchi, s'est excusé et a compris : le club l'a écarté pour un match. A lui de prouver qu'il peut se relever : il y arrivera car il est intelligent. Malgré ces affaires, tout est calme. On avance pas à pas : le retour de Philippe Simonin (qui était parti suite à un problème avec Abbas Bayat) s'inscrit dans cette progression. C'est un full time. Michel Bertinchamps, dont je suis content, fonctionne autrement et j'ai tenu à le garder pour les jeunes. Simonin est un préparateur physique, un nutritionniste, un coach mental : c'est du top niveau. Il y aura encore d'autres restructurations. Oui. C'est dur pour les coaches de bosser avec 25 joueurs. Il faudra dégraisser, engager un ou deux Belges car il y a trop de joueurs étrangers. Mais si on peut trouver à l'étranger, ailleurs en Wallonie ou en Flandre des joueurs taillés pour cette région, comme ce fut souvent le cas (Laquait, Chabaud, Defays, Smolders), on les fera venir. Mais ce sera dans nos limites financières : Charleroi flirtera avec le rouge jusqu'en fin de saison. On ne fera pas appel à l'actionnariat. On va travailler, comme on le fait depuis toujours. Avec Fabien, nous nous donnons cinq ans pour progresser, assainir le club avant d'ouvrir le capital à d'autres investisseurs. J'ai déjà des rendez-vous allant en ce sens. J'ai besoin d'être soutenu par les Carolos et le retour de Pierre-Yves Hendrix s'inscrit aussi dans ce contexte. J'aime quand on parle de Charleroi de façon positive et pas d'affaires, de tensions, de problèmes en tous genres.?PAR PIERRE BILIC-PHOTOS : IMAGEGLOBE/KETELS" Je ne sors pas d'une pochette Kinder Surprise. "