1 Après la défaite contre Ostende, le match qu'il fallait absolument gagner, tu as dit que Mouscron allait se sauver. Tout ça après huit défaites d'affilée. Explique !

Ce soir-là, mon équipe n'a rien lâché et le match aurait dû être plié pour nous à la mi-temps, ça m'a rassuré. J'ai vu des joueurs de Mouscron qui avaient de l'envie, qui se sentaient concernés. Et puis je suis un éternel optimiste. Je pensais déjà aux quatre matches suivants. Avec des déplacements à Lokeren et à Bruges où, sur le papier, on ne pouvait rien espérer, mais le foot réserve des surprises, et pourquoi Mouscron ne pourrait pas en créer l'une ou l'autre avant la fin de la phase classique ? Les bonnes surprises, ce n'est pas que pour les autres !
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Ce soir-là, mon équipe n'a rien lâché et le match aurait dû être plié pour nous à la mi-temps, ça m'a rassuré. J'ai vu des joueurs de Mouscron qui avaient de l'envie, qui se sentaient concernés. Et puis je suis un éternel optimiste. Je pensais déjà aux quatre matches suivants. Avec des déplacements à Lokeren et à Bruges où, sur le papier, on ne pouvait rien espérer, mais le foot réserve des surprises, et pourquoi Mouscron ne pourrait pas en créer l'une ou l'autre avant la fin de la phase classique ? Les bonnes surprises, ce n'est pas que pour les autres ! Je ne pense pas qu'ils s'en foutent. Je pense plutôt qu'ils se posent pas mal de questions à cause de l'incertitude sur l'avenir du club. C'est peut-être en bonne partie à cause de ça qu'ils ne sont pas dedans ! Et il y a du découragement à cause de la série de mauvais résultats. Mon rôle est d'intervenir, de les convaincre que c'est encore jouable. Après Ostende, je leur ai dit : -On fait une mauvaise opération, mais si le championnat s'arrêtait ce soir, on serait sauvés grâce à la différence de buts ! Il faut trouver les motifs de satisfaction là où ils sont... Je ne suis pas au courant des accords passés entre le LOSC et le RMP en début de saison. Mais je suis obligé de constater que son départ a été une grosse perte pour nous. Diaby était un leader. Pas un leader par la parole mais un leader d'attaque, un joueur qui entraînait les autres dans son sillage en étant bon et en marquant des buts. Il donnait de la confiance à l'équipe. Mais que faire ? On n'allait quand même pas déclarer forfait sous prétexte qu'on perdait notre buteur... On m'a appelé pour un intérim de quelques jours, voire deux ou trois semaines. Ça s'est finalement prolongé. J'étais dans le bateau, je n'allais quand même pas le quitter ! J'assumerai jusqu'au bout, quoi qu'il arrive : PO2, PO3, tour final avec la D2, descente. Est-ce que ça me vaudra une étiquette pour longtemps si ça se termine mal ? Aucune idée. Des présidents de clubs retiendront peut-être que j'ai hérité d'un truc dont je n'étais pas responsable, que c'est toujours délicat de reprendre une équipe en pleine saison, sans avoir fait le noyau, sans avoir eu une préparation. Je savais que je prenais un risque. Mais je n'ai pas calculé. Je n'ai pas pensé à mon avenir, j'ai réfléchi autrement, je l'ai fait pour le RMP. Si j'avais été calculateur, j'aurais peut-être refusé, oui. Le directeur du Futuro a une mission urgente, prioritaire : assurer le maintien en D1 ! J'aligne les joueurs que j'estime les plus aptes, sans tenir compte de leur âge ou de leur nationalité. Si je lançais des jeunes maintenant, dans des circonstances aussi difficiles, je risquerais de les griller. Et je n'ai envie de griller personne ! La situation pourrait déjà changer si on joue les PO2. Là, on pourrait voir dans l'équipe l'un ou l'autre jeune formé au club, sans pression. Fernando Da Cruz (42 ans) est entraîneur principal de Mouscron Péruwelz depuis début janvier, un poste qu'il cumule avec la direction du centre de formation du club. Auparavant, il a travaillé sept ans à Lille comme entraîneur de jeunes et scout. PAR PIERRE DANVOYEFernando Da Cruz " Je ne pense pas que les joueurs s'en foutent. Je pense plutôt qu'ils se posent des questions à cause de l'incertitude sur l'avenir. C'est peut-être à cause de ça qu'ils ne sont pas dedans ! "