A Charleroi, on se demande encore dans quel coin de la ville on va lui ériger une statue ! En 270 minutes, Jacky Mathijssen û un professeur d'éducation physique û s'y est fait une cote d'enfer. Son triptyque wallon (Mouscron, Standard, Mons) restera dans l'histoire du club. Mais qui est vraiment ce fils de mineur qui a maintenu le Sporting en D1 ? De Winterslag (son premier club pro) à Charleroi, nous avons sondé des personnages qui ont côtoyé le nouveau patron sportif des Zèbres.

Jean Nicolay : " Un formidable bonhomme "

Entre Jean Nicolay et Jacky Mathijssen, l'estime réciproque est énorme. Le Limbourgeois se souvient que, s'il n'avait pas rencontré Nico au début des années 80, il ne serait peut-être jamais devenu professionnel.

Jean Nicolay : " Jacky Mathijssen dit, encore aujourd'hui, que j'ai tracé sa carrière. Cette reconnaissance me fait toujours autant plaisir. J'étais devenu préparateur des gardiens de Winterslag quand Henri Depireux en était l'entraîneur principal. Nous n'étions pas satisfaits de nos deux keepers et j'ai commencé à scouter dans les petits clubs de la région. J'ai alors repéré Mathijssen à Dilsen. Dès le premier entraînement chez nous, il a prouvé qu'il avait un cran incroyable. Or, tout gardien qui a du cran peut devenir quelqu'un. Il a pris des coups terribles tout au long de sa carrière, mais c'était logique, vu son style fonceur. Lui, au moins, n'avait pas peur des duels en un contre un. Aujourd'hui, je ne vois plus que des gardiens qui se cachent. Vous avez remarqué celui de Monaco en finale de la Ligue des Champions ? On aurait dit qu'il avait peur du ballon... Presque tous les gardiens belges actuels ont ce gros défaut. Un journaliste m'a fait remarquer récemment que Dimitri Habran était fou. Je lui ai répondu : -Avec Habran dans les buts contre la Turquie, les Diables auraient gagné.

Mathijssen, lui, osait. En plus, il était extrêmement souple sur sa ligne et avait une lecture du jeu presque parfaite. J'en garde aussi le souvenir d'un gars charmant. Un formidable bonhomme. Et un gros travailleur. Ce n'était pas un extraverti, mais il avait mine de rien une sacrée personnalité. Tout en restant discret, en évitant de tomber dans le piège des déclarations tapageuses, il a toujours su ce qu'il voulait et où il allait. Je sais aussi qu'il n'a jamais fait de plan de carrière. En tout cas, tout ce qu'il fait, il le fait très bien. Il mérite 100 fois plutôt qu'une de se retrouver en D1 et je suppose qu'il fera du tout bon travail à Charleroi ".

André Colasse : " Un mauvais caractère... dans le sens positif "

André Colasse et Jacky Mathijssen se sont croisés à quatre reprises durant la saison 1984-1985, en D2. Le premier entraînait Charleroi, le second défendait toujours les buts de Winterslag. Après les deux duels en championnat, il y eut deux terribles batailles lors du tour final que Charleroi allait finalement remporter. Quelques jours après l'officialisation de la montée, Mathijssen était transféré au Sporting.

André Colasse : " Winterslag-Charleroi, qui était notre tout premier match de playoffs, avait été terriblement engagé et chahuté. Il y avait eu beaucoup de contacts à la limite. Sur l'une de ces phases très chaudes, Jacky Mathijssen avait d'ailleurs percuté Jean-Pierre Dhondt, qui avait dû sortir sur une civière. Mais attention : c'était purement involontaire. Nous avions perdu : 2-0. Après la rencontre, j'ai dit que le match retour contre Winterslag serait une guerre. Une guerre que nous allions faire en chantant... Quand il a signé au Sporting, Mathijssen m'a confié que ses équipiers se seraient bien battus pour ne pas devoir jouer chez nous, tellement ils étaient apeurés par l'accueil que le tout-Charleroi leur avait promis. Certains titulaires n'avaient pas fermé l'£il de la nuit !

Jacky Mathijssen m'a marqué par son charisme. Je ne dirais pas que c'était un vrai leader mais, sans jamais essayer de se mettre au-dessus de la mêlée, il était naturellement un des éléments porteurs du noyau. C'était aussi un gars hypercorrect et foncièrement gentil. Un mauvais caractère, mais dans le sens positif du terme. Dès son arrivée, il a su acquérir la mentalité carolo. Vous savez comme moi que, dans ce club, ça a toujours été assez spéééss... Je pense qu'il peut faire l'affaire au Sporting. En tout cas, j'ai cru déceler chez lui une faim énorme ".

Dimitri de Condé : " Il pensait surtout à lui "

Jacky Mathijssen et Dimitri de Condé ont été coéquipiers pendant deux saisons, à Lommel (1993-1994 et 1994-1995).

Dimitri de Condé : " J'avais 18 ans, je débarquais dans le professionnalisme, et à cet âge-là, on ne passe pas encore son temps à analyser en profondeur la personnalité de ses coéquipiers. Je me souviens seulement que Mathijssen était relativement distant. Il pensait avant tout à son propre cas, il avait une approche très individuelle du métier. Quelque part, ce n'est pas anormal pour un gardien de but. C'était aussi un professionnel exemplaire, qui s'imposait tous les sacrifices possibles et imaginables. Le show, ce n'était pas pour lui. Et il n'avait rien d'une grande gueule. Il parlait avec ses mains, dans son rectangle. A l'époque, je ne me demandais évidemment pas s'il pourrait se reconvertir dans le métier d'entraîneur. Mais il a bien prouvé, entre-temps, qu'il avait assez de qualités pour faire une belle carrière de coach. Il suffit d'analyser les résultats qu'il a réussis pendant trois ans avec un noyau limité comme celui de St-Trond. Aujourd'hui, il s'attaque à un nouveau défi, dans un club très spécial. Il a la chance de déjà connaître la mentalité de la région et du Sporting : je suppose que cet élément a joué dans son choix ".

Wouter Vrancken : " Il tue les conflits dans l'£uf "

Avec près de 180 matches en équipe Première de St-Trond depuis 1997, Wouter Vrancken est un des piliers de ce club. Il était au Staaien quand Jacky Mathijssen y a débarqué comme joueur, y a fait ses débuts d'entraîneur principal, puis est parti pour Charleroi.

Wouter Vrancken : " C'est incontestablement le meilleur entraîneur que j'aie connu et, pour moi, c'est carrément un des plus brillants de la D1. Chapeau pour ce qu'il a fait chez nous pendant trois ans. Une finale de Coupe de Belgique et des résultats plus qu'honorables en championnat, c'était vraiment inespéré pour un noyau qui n'avait rien d'exceptionnel. Dès qu'il a repris l'équipe, Jacky Mathijssen a mis tout le monde en confiance et a enlevé toute la pression qui pesait sur nos épaules. Pour motiver un groupe, c'est un crack. Il y va par petites touches successives, sans multiplier inutilement les discussions individuelles. Et il n'a pas de chouchous : tout le monde, du titulaire inamovible à l'éternel réserviste, a la même relation avec lui. Avec Mathijssen, il n'y avait jamais de conflits dans le noyau parce qu'il les tuait avant qu'ils ne naissent. Il a eu la malchance de perdre beaucoup de joueurs sur blessures durant la saison dernière : s'il avait pu compter sur tout le monde, St-Trond aurait à coup sûr continué sa progression ".

Khalid Karama : " Le foot à la sauce hollandaise "

Khalid Karama a vraiment fait la connaissance de Jacky Mathijssen à la fin du mois d'avril dernier, quand le Limbourgeois a remplacé Robert Waseige à la tête de Charleroi. En peu de temps, l'adjoint s'est fait une idée bien tranchée de l'entraîneur et de l'homme.

Khalid Karama : " Dès qu'il a pris le groupe en mains, je me suis fait la réflexion qu'il était fort marqué par le football tel qu'on le pratique aux Pays-Bas. J'ai assisté à des entraînements de l'Ajax et d'autres équipes de ce championnat, et ce que je vois aux côtés de Jacky Mathijssen me fait directement penser à ce qui se fait là-bas. Je ne sais pas si cela est surtout dû au fait qu'il habite à deux pas de la frontière (il rit). Avec lui, le Sporting a systématiquement pratiqué en 4-3-3, comme la plupart des clubs néerlandais. Il a positionné un triangle défensif sur sa base, avec les deux arrières centraux et Mahamoudou Kéré au sommet, Sébastien Chabaud en relayeur, Laurent Macquet en soutien d'attaque, deux vrais ailiers ( Grégory Dufer et Majid Oulmers) et une pointe devant ( Victor Ikpeba). Ce système, il l'a maintenu lors des trois matches décisifs. Tous les angles étaient fermés sur notre moitié de terrain et chacun de ces trois adversaires a éprouvé énormément de mal à développer son jeu. Une autre chose m'a frappé dans le travail de Jacky Mathijssen : il ne s'est pas du tout préoccupé des qualités spécifiques de l'équipe d'en face. Il n'en disait pas un mot à la théorie, pas même avant d'affronter le Standard. Il ne s'occupait que du jeu de Charleroi. Comme le font la plupart des coaches hollandais. Son mot d'ordre, c'était de tirer le maximum de son noyau sans penser aux points forts de l'équipe d'en face. Il a directement travaillé les automatismes en sachant qu'il conserverait le même cap jusqu'au bout parce que ce cap devait être le bon pour sortir le Sporting de l'ornière.

Jacky Mathijssen a aussi ignoré tous les problèmes internes. Il a pensé aux trois matches de vérité, pas aux conflits qui avaient pourri la vie du groupe hier ou à ceux qui pourraient surgir demain. Je pense que c'était préférable pour lui... Au lieu de se poser 1.000 questions, il a compris que le seul objectif était le maintien, il s'est mis en tête qu'il devait encore diriger un groupe en D1 la saison prochaine, et que la seule façon d'atteindre ce but, c'était de bosser, bosser, encore bosser. Robert Waseige, lui, avait soulevé les problèmes. Ce n'était pas à lui de les résoudre, mais bon... Je retiens en tout cas qu'il m'a apporté énormément de bonnes choses. J'ai eu une chance énorme de pouvoir le côtoyer pendant quelques mois.

Mathijssen peut faire du très bon boulot dans ce club... si on le laisse faire. Le Sporting est un club formidable, avec un potentiel énorme, mais il faut que certains arrêtent de ne penser qu'à eux et se mettent en tête une fois pour toutes que la progression du club doit être une absolue priorité. J'ai vu pas mal de bêtise humaine depuis que je suis ici. On se fait tous du mal. Inutilement. Il est urgent de solutionner une bonne fois les conflits qui germent à gauche et à droite. Il n'est pas normal qu'un club pareil ait dû se battre jusqu'à la dernière journée pour arracher son maintien. Je pense que Mathijssen peut être le rassembleur indispensable. Et il a une vraie mentalité carolo. Qu'il s'adresse au président ou aux supporters, il parle sur le même ton, utilise les mêmes mots et ne se prend jamais la tête. C'est aussi un homme qui sait parler d'autres choses que de football. Nous avons discuté plusieurs fois de sa famille, de sa petite fille, etc. Il est à l'image du public de Charleroi. Ce sont des gens du peuple, de la rue. C'est prometteur. Mais, encore une fois, le seul mal que je lui souhaite, c'est qu'on le laisse travailler ".

Pierre Danvoye

" Jacky MATHIJSSEN VA RÉUSSIR à Charleroi... SI ON LE LAISSE TRAVAILLER " (Khalid Karama)

A Charleroi, on se demande encore dans quel coin de la ville on va lui ériger une statue ! En 270 minutes, Jacky Mathijssen û un professeur d'éducation physique û s'y est fait une cote d'enfer. Son triptyque wallon (Mouscron, Standard, Mons) restera dans l'histoire du club. Mais qui est vraiment ce fils de mineur qui a maintenu le Sporting en D1 ? De Winterslag (son premier club pro) à Charleroi, nous avons sondé des personnages qui ont côtoyé le nouveau patron sportif des Zèbres. Entre Jean Nicolay et Jacky Mathijssen, l'estime réciproque est énorme. Le Limbourgeois se souvient que, s'il n'avait pas rencontré Nico au début des années 80, il ne serait peut-être jamais devenu professionnel. Jean Nicolay : " Jacky Mathijssen dit, encore aujourd'hui, que j'ai tracé sa carrière. Cette reconnaissance me fait toujours autant plaisir. J'étais devenu préparateur des gardiens de Winterslag quand Henri Depireux en était l'entraîneur principal. Nous n'étions pas satisfaits de nos deux keepers et j'ai commencé à scouter dans les petits clubs de la région. J'ai alors repéré Mathijssen à Dilsen. Dès le premier entraînement chez nous, il a prouvé qu'il avait un cran incroyable. Or, tout gardien qui a du cran peut devenir quelqu'un. Il a pris des coups terribles tout au long de sa carrière, mais c'était logique, vu son style fonceur. Lui, au moins, n'avait pas peur des duels en un contre un. Aujourd'hui, je ne vois plus que des gardiens qui se cachent. Vous avez remarqué celui de Monaco en finale de la Ligue des Champions ? On aurait dit qu'il avait peur du ballon... Presque tous les gardiens belges actuels ont ce gros défaut. Un journaliste m'a fait remarquer récemment que Dimitri Habran était fou. Je lui ai répondu : -Avec Habran dans les buts contre la Turquie, les Diables auraient gagné. Mathijssen, lui, osait. En plus, il était extrêmement souple sur sa ligne et avait une lecture du jeu presque parfaite. J'en garde aussi le souvenir d'un gars charmant. Un formidable bonhomme. Et un gros travailleur. Ce n'était pas un extraverti, mais il avait mine de rien une sacrée personnalité. Tout en restant discret, en évitant de tomber dans le piège des déclarations tapageuses, il a toujours su ce qu'il voulait et où il allait. Je sais aussi qu'il n'a jamais fait de plan de carrière. En tout cas, tout ce qu'il fait, il le fait très bien. Il mérite 100 fois plutôt qu'une de se retrouver en D1 et je suppose qu'il fera du tout bon travail à Charleroi ". André Colasse et Jacky Mathijssen se sont croisés à quatre reprises durant la saison 1984-1985, en D2. Le premier entraînait Charleroi, le second défendait toujours les buts de Winterslag. Après les deux duels en championnat, il y eut deux terribles batailles lors du tour final que Charleroi allait finalement remporter. Quelques jours après l'officialisation de la montée, Mathijssen était transféré au Sporting. André Colasse : " Winterslag-Charleroi, qui était notre tout premier match de playoffs, avait été terriblement engagé et chahuté. Il y avait eu beaucoup de contacts à la limite. Sur l'une de ces phases très chaudes, Jacky Mathijssen avait d'ailleurs percuté Jean-Pierre Dhondt, qui avait dû sortir sur une civière. Mais attention : c'était purement involontaire. Nous avions perdu : 2-0. Après la rencontre, j'ai dit que le match retour contre Winterslag serait une guerre. Une guerre que nous allions faire en chantant... Quand il a signé au Sporting, Mathijssen m'a confié que ses équipiers se seraient bien battus pour ne pas devoir jouer chez nous, tellement ils étaient apeurés par l'accueil que le tout-Charleroi leur avait promis. Certains titulaires n'avaient pas fermé l'£il de la nuit ! Jacky Mathijssen m'a marqué par son charisme. Je ne dirais pas que c'était un vrai leader mais, sans jamais essayer de se mettre au-dessus de la mêlée, il était naturellement un des éléments porteurs du noyau. C'était aussi un gars hypercorrect et foncièrement gentil. Un mauvais caractère, mais dans le sens positif du terme. Dès son arrivée, il a su acquérir la mentalité carolo. Vous savez comme moi que, dans ce club, ça a toujours été assez spéééss... Je pense qu'il peut faire l'affaire au Sporting. En tout cas, j'ai cru déceler chez lui une faim énorme ". Jacky Mathijssen et Dimitri de Condé ont été coéquipiers pendant deux saisons, à Lommel (1993-1994 et 1994-1995). Dimitri de Condé : " J'avais 18 ans, je débarquais dans le professionnalisme, et à cet âge-là, on ne passe pas encore son temps à analyser en profondeur la personnalité de ses coéquipiers. Je me souviens seulement que Mathijssen était relativement distant. Il pensait avant tout à son propre cas, il avait une approche très individuelle du métier. Quelque part, ce n'est pas anormal pour un gardien de but. C'était aussi un professionnel exemplaire, qui s'imposait tous les sacrifices possibles et imaginables. Le show, ce n'était pas pour lui. Et il n'avait rien d'une grande gueule. Il parlait avec ses mains, dans son rectangle. A l'époque, je ne me demandais évidemment pas s'il pourrait se reconvertir dans le métier d'entraîneur. Mais il a bien prouvé, entre-temps, qu'il avait assez de qualités pour faire une belle carrière de coach. Il suffit d'analyser les résultats qu'il a réussis pendant trois ans avec un noyau limité comme celui de St-Trond. Aujourd'hui, il s'attaque à un nouveau défi, dans un club très spécial. Il a la chance de déjà connaître la mentalité de la région et du Sporting : je suppose que cet élément a joué dans son choix ". Avec près de 180 matches en équipe Première de St-Trond depuis 1997, Wouter Vrancken est un des piliers de ce club. Il était au Staaien quand Jacky Mathijssen y a débarqué comme joueur, y a fait ses débuts d'entraîneur principal, puis est parti pour Charleroi. Wouter Vrancken : " C'est incontestablement le meilleur entraîneur que j'aie connu et, pour moi, c'est carrément un des plus brillants de la D1. Chapeau pour ce qu'il a fait chez nous pendant trois ans. Une finale de Coupe de Belgique et des résultats plus qu'honorables en championnat, c'était vraiment inespéré pour un noyau qui n'avait rien d'exceptionnel. Dès qu'il a repris l'équipe, Jacky Mathijssen a mis tout le monde en confiance et a enlevé toute la pression qui pesait sur nos épaules. Pour motiver un groupe, c'est un crack. Il y va par petites touches successives, sans multiplier inutilement les discussions individuelles. Et il n'a pas de chouchous : tout le monde, du titulaire inamovible à l'éternel réserviste, a la même relation avec lui. Avec Mathijssen, il n'y avait jamais de conflits dans le noyau parce qu'il les tuait avant qu'ils ne naissent. Il a eu la malchance de perdre beaucoup de joueurs sur blessures durant la saison dernière : s'il avait pu compter sur tout le monde, St-Trond aurait à coup sûr continué sa progression ". Khalid Karama a vraiment fait la connaissance de Jacky Mathijssen à la fin du mois d'avril dernier, quand le Limbourgeois a remplacé Robert Waseige à la tête de Charleroi. En peu de temps, l'adjoint s'est fait une idée bien tranchée de l'entraîneur et de l'homme. Khalid Karama : " Dès qu'il a pris le groupe en mains, je me suis fait la réflexion qu'il était fort marqué par le football tel qu'on le pratique aux Pays-Bas. J'ai assisté à des entraînements de l'Ajax et d'autres équipes de ce championnat, et ce que je vois aux côtés de Jacky Mathijssen me fait directement penser à ce qui se fait là-bas. Je ne sais pas si cela est surtout dû au fait qu'il habite à deux pas de la frontière (il rit). Avec lui, le Sporting a systématiquement pratiqué en 4-3-3, comme la plupart des clubs néerlandais. Il a positionné un triangle défensif sur sa base, avec les deux arrières centraux et Mahamoudou Kéré au sommet, Sébastien Chabaud en relayeur, Laurent Macquet en soutien d'attaque, deux vrais ailiers ( Grégory Dufer et Majid Oulmers) et une pointe devant ( Victor Ikpeba). Ce système, il l'a maintenu lors des trois matches décisifs. Tous les angles étaient fermés sur notre moitié de terrain et chacun de ces trois adversaires a éprouvé énormément de mal à développer son jeu. Une autre chose m'a frappé dans le travail de Jacky Mathijssen : il ne s'est pas du tout préoccupé des qualités spécifiques de l'équipe d'en face. Il n'en disait pas un mot à la théorie, pas même avant d'affronter le Standard. Il ne s'occupait que du jeu de Charleroi. Comme le font la plupart des coaches hollandais. Son mot d'ordre, c'était de tirer le maximum de son noyau sans penser aux points forts de l'équipe d'en face. Il a directement travaillé les automatismes en sachant qu'il conserverait le même cap jusqu'au bout parce que ce cap devait être le bon pour sortir le Sporting de l'ornière. Jacky Mathijssen a aussi ignoré tous les problèmes internes. Il a pensé aux trois matches de vérité, pas aux conflits qui avaient pourri la vie du groupe hier ou à ceux qui pourraient surgir demain. Je pense que c'était préférable pour lui... Au lieu de se poser 1.000 questions, il a compris que le seul objectif était le maintien, il s'est mis en tête qu'il devait encore diriger un groupe en D1 la saison prochaine, et que la seule façon d'atteindre ce but, c'était de bosser, bosser, encore bosser. Robert Waseige, lui, avait soulevé les problèmes. Ce n'était pas à lui de les résoudre, mais bon... Je retiens en tout cas qu'il m'a apporté énormément de bonnes choses. J'ai eu une chance énorme de pouvoir le côtoyer pendant quelques mois. Mathijssen peut faire du très bon boulot dans ce club... si on le laisse faire. Le Sporting est un club formidable, avec un potentiel énorme, mais il faut que certains arrêtent de ne penser qu'à eux et se mettent en tête une fois pour toutes que la progression du club doit être une absolue priorité. J'ai vu pas mal de bêtise humaine depuis que je suis ici. On se fait tous du mal. Inutilement. Il est urgent de solutionner une bonne fois les conflits qui germent à gauche et à droite. Il n'est pas normal qu'un club pareil ait dû se battre jusqu'à la dernière journée pour arracher son maintien. Je pense que Mathijssen peut être le rassembleur indispensable. Et il a une vraie mentalité carolo. Qu'il s'adresse au président ou aux supporters, il parle sur le même ton, utilise les mêmes mots et ne se prend jamais la tête. C'est aussi un homme qui sait parler d'autres choses que de football. Nous avons discuté plusieurs fois de sa famille, de sa petite fille, etc. Il est à l'image du public de Charleroi. Ce sont des gens du peuple, de la rue. C'est prometteur. Mais, encore une fois, le seul mal que je lui souhaite, c'est qu'on le laisse travailler ". Pierre Danvoye" Jacky MATHIJSSEN VA RÉUSSIR à Charleroi... SI ON LE LAISSE TRAVAILLER " (Khalid Karama)