Chaque match est une page blanche dont les joueurs vont initier l'intrigue et nous pousser à la mettre en mots. Du bout des lèvres ou des doigts. Y a 8 jours, j'étais en route pour Londres. Capitale de l'Angleterre, capitale mondiale des derbys du foot professionnel. Celui de ce mercredi-là est le 30e et dernier de la saison. Il est décisif pour les 3e et 4e places de Premier League. Pour le top du top, c'est à Manchester que ça se passe. Le titre, c'est là qu'il se joue. Le titre et donc aussi les gros titres. Ce mercredi 8 mai 2013, il y a Chelsea-Tottenham mais en Une des journaux du soir, un seul homme.
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Chaque match est une page blanche dont les joueurs vont initier l'intrigue et nous pousser à la mettre en mots. Du bout des lèvres ou des doigts. Y a 8 jours, j'étais en route pour Londres. Capitale de l'Angleterre, capitale mondiale des derbys du foot professionnel. Celui de ce mercredi-là est le 30e et dernier de la saison. Il est décisif pour les 3e et 4e places de Premier League. Pour le top du top, c'est à Manchester que ça se passe. Le titre, c'est là qu'il se joue. Le titre et donc aussi les gros titres. Ce mercredi 8 mai 2013, il y a Chelsea-Tottenham mais en Une des journaux du soir, un seul homme. J'avais imaginé évoquer le retour de l'ex de Chelsea, André Villas Boas, venu affronter son ex-club à la tête duquel il y a l' " Intérim One ". Celui qui en est l'ex depuis qu'il y a signé. Oui mais voilà en arrivant, l'Angleterre ne parle que d'un autre ex. Sir Alex. Ex de ManU depuis 1 heure mais aussi ex de tous les amoureux du foot. Il s'est barré le bel Alex. Sans prévenir. On devient tous célibataire ou orphelin. C'est EmmanuelAdebayor qui nous le dit : "Sir Alex, c'était un Papa. " Un papa qui, jusqu'à la fin, vole la vedette. Il le peut. La star, c'est lui. Il quitte le banc debout plutôt que couché entre quatre planches. Il veut maîtriser tout. Une fois de plus c'est finement joué tactiquement. Tout le monde est surpris. Avec une belle maîtrise des mots. Comme pendant ses 26 saisons à Manchester. C'était sa force. Une éternelle fraîcheur dans le discours, dans l'éternel gamin qu'il n'a jamais cessé d'être. Il avait ce renouvellement perpétuel du verbe, de l'emphase. Parfois de l'insulte et du bluff qui faisait le tuff. Il est entré vivant dans la légende. On espère que cette retraite ne sera pas sa petite mort. Peu de chance, avec lui, tout est grand. Bonne nouvelle, c'est un autre âpre qui arrive sur le trône toujours tout chaud. Bouillant même. Un autre Scottish 100 % pure malt. DavidMoyes tente l'impossible ; succéder au statufié. Merci David. Déjà grâce à toi on n'aura pas de mariage forcé avec l'ami José. Le seul qui le laissait supposer du bout de l'ironie, c'était Fergie en personne. Encore du bluff. Ils nous ont fait croire qu'ils étaient potes. Ça les arrangeait mais dans les faits, ils se respectaient. Rien de plus. Mourinhio est incompatible avec la philosophie Mancunienne version Red Devils Damned ! J'en oublie qu'il y avait ce match. Avec des diables encore et toujours. Un match très British, enlevé, passionné et donc spectaculaire mais dans lequel aucune des deux équipes ne maîtrise. Hazard superbe, Vertonghen moins. Un peu mou le Spurs à l'image de son équipe. Un chiffre fou pour confirmer. En première mi-temps, aucune faute de sifflée contre Chelsea. La douceur n'a pas empêché de ramener un point et pour nous, de faire une belle rencontre. L'ex de Chelsea, le gamin André Villas Boas. En après-match, je tente le coup. " Coach, vous parlez français, isn't it ? " . " Oui mais pas assez bien pour répondre à une interview. " Tu parles ! Je le convaincs en lui disant que c'est pas en direct et que si ça marche pas, je diffuse pas. Ça a marché. La classe ! Clair, net et nuancé. C'est aussi cela le haut niveau. Je ne peux m'empêcher de penser au cinéma que l'on doit parfois gérer au bord de nos belles pelouses. Fermons la parenthèse et rouvrons celle enchantée du petit André. Il demande même si on a compris. 5 sur 5, gamin. Et 10 sur 10 pour le bon moment. 10 sur 10, c'est presque la note que l'on mettrait à notre Eden. Sur la pelouse et en dehors. Il arrive à l'interview avec DembaBa. Le grand frère, c'est Eden. Demba le colle aux baskets. Trop sympa et trop timide pour accepte l'interview. Il a peur des micros. Quelle belle soirée. Fergie quitte la cour dans laquelle Eden s'installe de plus en plus. Celle des grands. Mon confrère de Canal+ France me glisse à l'oreille :" Ton Hazard finira Ballon d'Or". Peut-être. Pour nous, il l'est déjà. Un ballon d'oxygène dans la stratosphère. Toujours plus proche du paradis. Sacré Eden." Ton Hazard finira Ballon d'Or. "