C'est l'histoire d'un ancien espoir belge qui revient au pays. Euh, non. Il est Français. Pas tout à fait. Il est Belge et Français. Mais il ne revient pas au pays puisqu'il n'y a jamais joué. C'est l'histoire d'un cas à part donc. D'un Français du Nord, dont l'horizon ne s'est jamais vraiment démarqué du stade Bollaert de Lens. Sauf pour aller voir de temps en temps ses grands-parents maternels établis à Ostende. David Pollet est né et a grandi dans le paysage minier de l'Artois. Son accent ne trompe pas. Ce gars-là est Français. Sauf qu'il n'est pas inconnu pour le foot belge, lui qui a profité de ses origines maternelles belges pour acquérir la double nationalité et être de ce fait un jour appelé à porter le maillot des Espoirs Belges. Ses compagnons de jeu chez les Diablotins s'appelaient alors Anthony Vanden Borre ou Sébastien Pocognoli.
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C'est l'histoire d'un ancien espoir belge qui revient au pays. Euh, non. Il est Français. Pas tout à fait. Il est Belge et Français. Mais il ne revient pas au pays puisqu'il n'y a jamais joué. C'est l'histoire d'un cas à part donc. D'un Français du Nord, dont l'horizon ne s'est jamais vraiment démarqué du stade Bollaert de Lens. Sauf pour aller voir de temps en temps ses grands-parents maternels établis à Ostende. David Pollet est né et a grandi dans le paysage minier de l'Artois. Son accent ne trompe pas. Ce gars-là est Français. Sauf qu'il n'est pas inconnu pour le foot belge, lui qui a profité de ses origines maternelles belges pour acquérir la double nationalité et être de ce fait un jour appelé à porter le maillot des Espoirs Belges. Ses compagnons de jeu chez les Diablotins s'appelaient alors Anthony Vanden Borre ou Sébastien Pocognoli. C'est l'histoire donc d'un joueur qui a opté pour la Belgique, barré dans les sélections françaises et qui découvre enfin un club belge, Charleroi, à 24 ans. " Je suis né à dix minutes de Lens où ma famille a habité toute ma vie. J'ai fait toutes mes classes en France ; j'avais fait les concours pour rentrer en ligne de compte avec les jeunes Français mais je voyais que je n'étais jamais appelé. J'ai ensuite fait les démarches pour obtenir la double nationalité et à l'âge de 17 ans, j'ai eu la chance d'être convoqué en équipe nationale belge. A vrai dire, à part le sang de ma mère, je n'ai pas grand-chose de belge en moi. " Son horizon à lui, c'est donc Lens. Son centre de formation, son équipe pro (alors encore en L1). " Quand j'ai débuté sous Jean-Pierre Papin, je rentrais en concurrence avec Aruna Dindane ou Toifilou Maoulida. C'était difficile de se faire une place. " Dans un premier temps, Lens décide donc de le prêter : trois clubs en deux ans. De 2008 à 2010. Reims (alors dernier de L2) où il découvre Luis Fernandez. " Un sacré personnage ". Huit matches et une fracture du péroné plus tard, le voilà qui débarque à Gueugnon, en National (D3 belge). " Une petite ville où il n'y a rien d'autre à faire que se concentrer sur le football. " Puis le Paris FC, en National, " le déclic et le bon choix avec 23 buts à la clé. On dit que la vie parisienne est compliquée mais bizarrement, c'est là que ma copine et moi, nous nous sommes épanouis ". Retour en 2010 à Lens. Le club connaît une dernière saison en Ligue 1 très délicate, qui débouche sur la relégation. " Jean-Guy Walemme me dit qu'il croit en moi et que c'est le moment de me lancer. Il avait eu de bons échos du PFC. Je décide de prolonger. Je reçois de plus en plus ma chance mais la veille de ma première titularisation, je me blesse de nouveau au péroné. " S'ensuit la galère, un changement d'entraîneur et le retour aux matches de réserves en CFA. En 2011, Lens a retrouvé la L2 et un nouveau coach, Jean-Louis Garcia, qui décide de faire confiance à Pollet. Douze buts plus tard, le Franco-Belge a fait son trou dans son club de coeur. " Cette saison, on débute avec Garcia. Je mets six buts mais l'arrivée d'Eric Sikora au poste d'entraîneur change tout. Je sens très vite qu'il ne m'apprécie pas. Il me reproche certaines choses, comme mon style de jeu et finalement, je décide de ne pas prolonger. Gervais Martel m'avait aussi promis une revalorisation de contrat mais il s'est fait virer quelques semaines plus tard. Et la prolongation n'est jamais venue. Mes années lensoises, je les prends comme une réussite malgré tout. J'ai 24 ans et j'ai encore la chance d'évoluer au haut niveau. Cependant, j'ai un gros regret de quitter Lens de cette façon. J'avais l'ADN lensois en moi, mes parents sont supporters du Racing et tout était réuni pour que je devienne une idole locale. J'ai mal vécu la période de Noël et la séparation mais finalement, j'ai tourné la page. " Malgré plusieurs propositions, Mogi Bayat, son agent,le convainc d'opter pour Charleroi. " J'avais aussi parlé avec Dante pour mieux connaître Charleroi. Lens a de meilleures structures que Charleroi mais il y a des similitudes entre les deux clubs, notamment les supporters. Je suis heureux ici. Je joue, je marque et je suis prêt à faire de belles choses. Je sais que Charleroi se trouve dans une période de transition mais le discours de la direction tient la route puisque je constate qu'on essaye de prolonger les joueurs-cadres. On voit qu'on essaye de mettre en place quelque chose de bien. " Si ses débuts furent hésitants, aujourd'hui, David Pollet carbure avec cinq buts en huit rencontres. Alors qu'on le disait peu complémentaire avec Giuseppe Rossini, Pollet montre qu'il peut évoluer à ses côtés ou seul en pointe. " J'aurais aimé marquer à Charleroi d'entrée. Cela aurait fait taire les critiques mais sans doute avais-je encore en tête ma sortie ratée de Lens. Et puis, je devais m'adapter à ce nouveau championnat. A Lens, j'évoluais seul devant alors qu'à Charleroi, j'étais aligné aux côtés de Rossini. Suite aux suspensions de Pino, je me retrouvais un match seul devant, un match à deux. Avec le profil de Rossini, on pense souvent que le deuxième attaquant doit être petit et rapide et que je ne conviens donc pas au profil. Mais je sais faire ce que les petits-rapides font. Je sais conserver le ballon ou partir en profondeur. J'ai toujours pensé qu'on pouvait être complémentaire même si au départ, j'ai dû m'habituer à ce 4-4-2. Parfois, je ne vais pas dire que Pino me gênait mais il me manquait de l'espace. J'ai donc dû apprendre à jouer à ses côtés. " PAR STÉPHANE VANDE VELDE- PHOTOS: IMAGEGLOBE" C'est au FC Paris que je me suis épanoui. " " J'avais l'ADN de Lens en moi. "