L'avis de Zetterberg, Lauréat en 1993, 1997 et 1998
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L'avis de Zetterberg, Lauréat en 1993, 1997 et 1998 Le mois de mai est arrivé avec ses brins de muguets, ses brassées de titres et ses bouquets de compliments. Le Gala du Footballeur professionnel de l'année exhale des senteurs uniques car ce sont les joueurs de l'élite qui ont uni les essences les plus naturelles, celles qui naissent sur les terrains, afin de composer leurs parfums préférés. Personne d'autre n'a le nez aussi fin qu'eux afin de bien cerner les grandes fragrances de la D1. Depuis sa création en 1984, ce trophée s'est toujours distingué par ses effluves de beau jeu technique avec des notes prononcées d'ambition et de sens du spectacle. Il suffit d'examiner le palmarès pour s'en convaincre. " En ce qui me concerne, cette récompense a joué un rôle très important dans le déroulement de ma carrière ", certifie Pär Zetterberg. " Ce fut véritablement un point de départ. En 1993, j'étais aussi heureux pour moi que pour les Zèbres. Je m'étais réfugié à Charleroi pour obtenir du temps de jeu et prouver, en même temps, que je possédais bien le volume nécessaire afin de faire mon trou à Anderlecht. Mon aventure carolo a été couronnée par ce titre de Footballeur Pro. Les joueurs, mes équipiers tout autant que mes adversaires, ont apprécié ce que je proposais sur le terrain. Etre élu par les footballeurs de D1, c'est une récompense qui va toujours droit au c£ur. Elle a été suivie par un retour à Anderlecht. C'était une distinction décisive mais je n'ignorais pas que le plus dur commençait : confirmer. J'ai eu le bonheur d'être distingué à deux autres reprises, en 1997 et en 1998. Je me souviens de l'émotion de mon père quand on m'a remis le premier de mes trois trophées ". Marouane Fellaini figure parmi les nominés du Prix Goncourt de la D1. Zetterberg a apprécié la magnifique progression du milieu défensif des Rouches. " Il a vite appris à maîtriser sa production ", dit-il. " En 2006-2007, Fellaini avait tendance à voler d'un endroit chaud à une zone délicate. Il voulait être partout à la fois, ce qui est bien sûr impossible. Michel Preud'homme lui a inculqué, je suppose, les vertus du calme et de la patience. Fellaini montera toujours au feu, c'est dans sa nature, mais son action et sa lecture du jeu sont plus lucides. C'est le Tarzan de la D1 : personne n'est aussi fort que lui. Il en impose à la récupération ou dans le trafic aérien défensif et offensif. Techniquement, il doit encore faire des progrès pour mieux domestiquer le ballon. Le temps fera son £uvre : si ce joueur possédait tout à son âge, il ne jouerait déjà plus en Belgique. Sa progression m'autorise cependant à penser que ce gaillard atteindra le top européen s'il ne brûle pas les étapes ". Steven Defour et Milan Jovanovic ont aussi retenu l'attention des joueurs de l'élite belge. " Cela ne m'étonne pas du tout ", affirme Zetterberg. " Defour a su gérer le poids du brassard de capitaine. Il l'a fait brillamment, malgré son jeune âge, dans un style très différent de celui de Sergio Conceiçao. Je l'ai trouvé très motivateur et fédérateur. Sa blessure a un peu coupé son élan. Je suis sidéré par son abattage sur un terrain. Certains l'ont comparé à moi : c'est une erreur car nous sommes totalement différents. Defour recule plus profondément dans le jeu, s'occupe sans cesse de récupération, couvre parfois ses backs ou les arrières centraux. Sa reconversion est très rapide mais il ne joue pas assez haut pour être l'homme des passes décisives. Je vivais plus près de la zone de vérité adverse et cela me permettait de percuter ou de servir les avants. Cela dit, Defour est un accélérateur de jeu qui vit à peine le début de sa carrière. Je suis impressionné par Jovanovic qui détient un très gros arsenal offensif : technique, vitesse, profondeur, sens de l'inventivité, dribble court, excellente frappe sur les phases arrêtées. Jovanovic avait déjà montré plus que le bout du nez la saison passée. Il a largement confirmé l'étendue de ses potentialités. Le Standardman a été une des grandes vedettes de la saison. Les stades se remplissent pour des joueurs créatifs et spectaculaires comme lui. J'aime beaucoup son style de jeu ". Un autre gaucher, Bryan Ruiz, n'a pas raté ses débuts en D1. Le Latino de Gand invente sans cesse. " Le Buffalo possède une technique haut de gamme ", souligne Zetterberg. " Il a été sans aucun doute une des révélations du premier tour du championnat. Le deuxième volet de la compétition fut plus hésitant mais il a largement contribué à la qualification de Gand pour la finale de la Coupe. C'est un artiste qui a tout l'avenir devant lui. Ce véritable ailier a besoin de s'exprimer près des sa ligne. Elle constitue son point de repère. Trond Sollied l'a parfois aligné dans l'axe mais ce n'est pas sa zone d'action préférée, loin de là. J'attends qu'il répète ses bonnes dispositions la saison prochaine. La D1 n'aura plus de secrets pour lui mais ses adversaires le tiendront davantage à l'£il ". Expert parmi les experts, Zetterberg est un fan de Mbark Boussoufa : " Il n'a pas de veine cette saison car son premier tour a été entaché par des blessures. Cela n'a pas dû être facile à vivre car il avait décroché pas mal de lauriers et entendait justifier tout le bien qu'on disait de lui. Confirmer, c'est ce qu'il y a de plus dur. Dès que Boussoufa retrouva tous ses moyens, Anderlecht a mesuré son importance. Il a eu une grande part de mérites dans la remontée au classement des Mauves. Son apport a été important tant en championnat qu'en Coupe. Même si un joueur de cette classe ne peut que me plaire, on n'a pas vu assez souvent le vrai Boussoufa tout au long de la saison, ce qui l'empêchera d'obtenir un deuxième titre de Footballeur pro de l'année. Ce n'est probablement que partie remise. Le Standard a signé un parcours de toute grande classe en championnat avec, à la clef, l'affirmation d'une belle classe biberon. A mon avis, cela permettra à Fellaini de l'emporter de toute justesse devant Jovanovic et Defour ".l par pierre bilic - photos : reporters