Pourquoi ils vont la gagner

Puisque la suprématie nationale leur a échappé dans le sprint final, pour la quatrième fois seulement sur les douze dernières années, les Catalans n'ont plus le choix. Éliminé en quarts de finale de la Copa par les Basques de l'Athletic, sorti en demi-finale du nouveau format de la Supercoupe, le Barça n'a plus que la Ligue des Champions pour éviter de connaître une saison sans soulever le moindre trophée. Une mésaventure que le club n'a plus connue depuis 2008.
...

Puisque la suprématie nationale leur a échappé dans le sprint final, pour la quatrième fois seulement sur les douze dernières années, les Catalans n'ont plus le choix. Éliminé en quarts de finale de la Copa par les Basques de l'Athletic, sorti en demi-finale du nouveau format de la Supercoupe, le Barça n'a plus que la Ligue des Champions pour éviter de connaître une saison sans soulever le moindre trophée. Une mésaventure que le club n'a plus connue depuis 2008. Lionel Messi veut éviter l'affront. La Pulga a pris d'assaut les micros après la défaite des siens contre Osasuna, synonyme de Liga évaporée : " J'ai déjà dit que si on continuait comme ça, on ne gagnerait pas la Coupe d'Europe. On est le Barça et on est obligé de gagner tous nos matches. " Si la sortie du confinement a des airs de spirale négative pour les Catalans, le rendement du sextuple Ballon d'or reste une raison plus que valable d'espérer. En onze apparitions, Messi a planté six buts, et surtout distribué dix passes décisives, pour faire survivre un Barça chancelant dans la course au titre jusqu'à l'avant-dernière journée. Contre n'importe quel adversaire, un récital de la Pulga conjugué à une exhibition défensive de Gérard Piqué et quelques parades de Marc-André ter Stegen peuvent suffire à faire pencher la balance du côté blaugrana. Car le grand rival madrilène l'a souvent rappelé ces dernières saisons : même si le football bégaie autour du rond central, dominer les deux surfaces avec quelques individualités peut mener jusqu'au toit du continent. En tête de la Liga avant la reprise de juin, le Barça s'est enfoncé dans la crise en étant doublé par le Real dans la course au titre. Un bilan pourtant honorable de 24 points sur 33, mais toujours insuffisant pour que Quique Setién trouve grâce aux yeux de son public... et de son vestiaire. Arrivé comme un sauveur, avec des idées footballistiques ambitieuses qui devaient rendre au Barça le lustre de son jeu de possession des années Guardiola, le sexagénaire espagnol voit aujourd'hui son nom disparaître de la Une des journaux, tous lancés sur la piste de son successeur. Loin d'être le climat idéal pour aborder une succession de rencontres décisives pour tenter de renouer avec les sommets européens, abandonnés depuis cinq ans. Orphelins d'un véritable projet sportif pour entourer Lionel Messi depuis le départ de Neymar Junior, les Catalans semblent courir après leur passé, s'accrochant exclusivement au talent de leur numéro 10 pour oublier le temps qui passe. Il faut dire que les derniers souvenirs sont plutôt douloureux, surtout quand ils quittent la pelouse du Camp Nou, le seul endroit où le onze blaugrana semble encore capable de remonter le temps. Depuis le sacre de 2015, les déplacements européens du Barça lors de la phase finale de la CL ont des airs de perdition : deux victoires, trois nuls et cinq défaites, cinq buts marqués et dix-huit encaissés. Mauvaise nouvelle : aucun match de la phase finale n'aura lieu au Camp Nou.