Dans la salle des joueurs de La Gantoise, on a sabré le champagne. " Pour une fois qu'on gagne... ", rigole Georges Leekens. En réalité, on célébrait l'anniversaire du jeune gardien Sven Van der Jeugt, arrivé de Lokeren, mais la boutade de LongCouteau est significative : la saison des Buffalos a démarré laborieusement.
...

Dans la salle des joueurs de La Gantoise, on a sabré le champagne. " Pour une fois qu'on gagne... ", rigole Georges Leekens. En réalité, on célébrait l'anniversaire du jeune gardien Sven Van der Jeugt, arrivé de Lokeren, mais la boutade de LongCouteau est significative : la saison des Buffalos a démarré laborieusement. Georges Leekens : Je savais que la tâche ne serait pas aisée. Je suis arrivé au club assez tard. Certains transferts avaient déjà été réalisés. Le club avait, aussi, déjà concocté son programme d'avant-saison, et j'ai dû me farcir l'Intertoto : pas l'idéal pour une préparation progressive. En outre, quelques joueurs nous ont quittés tardivement. Je songe, notamment, à Jacky Peeters : à 35 ans, il s'est vu proposer un contrat de deux ans et demi à Heusden-Zolder, près de chez lui. Pour lui, c'était difficile de refuser. Récemment, on a aussi mis fin au contrat de Hamad Ndikumana : il est parti jouer avec son équipe nationale alors qu'il était blessé. La poisse nous a collé aux basques : on a appris qu'Ali Lukunku avait été contrôlé positif en France alors qu'on venait à peine de l'engager. Sandy Martens s'est gravement blessé à Bruges. On a tenté de réagir, mais cela n'a pas réussi à 100 % : si Cherrad a pu être engagé in extremis, je n'ai pas réussi à trouver l'arrière droit que je recherchais. Un Français et un Australien ont été mis à l'essai, mais ils sont déjà repartis. Je dois actuellement travailler avec 16 ou 17 éléments. J'aurais aimé avoir l'un ou l'autre joueur en plus, mais cela ne s'est pas révélé possible. On pense toujours que je suis capable de faire des miracles. C'est faux : j'ai tout accompli grâce au travail. Et ici à Gand, le travail est encore loin d'être terminé. Mon objectif est d'ériger une base stable, sur laquelle on pourra construire pour le long terme. Ce sont les circonstances qui m'y poussent. Où que je sois passé, j'ai toujours laissé une base derrière moi, sur laquelle mon successeur a pu travailler. Certains joueurs, parfois, sont partis, mais la discipline et l'organisation sont restées. Il est trop tôt pour le dire. Un contrat lie deux parties : le club d'une part, l'entraîneur ou le joueur d'autre part. Lorsque l'une des deux parties n'est pas heureuse, il est préférable de se séparer. Si les divergences de vues se limitent à des détails, ce n'est pas grave. Si elles sont plus importantes et touchent à l'honneur, au respect ou aux méthodes de travail, elles peuvent conduire au divorce. Mais si je suis respecté, je ne vois pas pourquoi je n'irais pas au bout de mon contrat. Je dirais même que, dans ces circonstances-là, un contrat n'est pas important. Un contrat n'est brandi que lorsque des problèmes surgissent. Pour l'instant, oui, mais je viens d'arriver. Et, lorsque tout est nouveau, tout est beau : c'est connu. Actuellement, je m'amuse bien... et je travaille beaucoup. Il y a un bon staff, une bonne organisation. Cela ne signifie pas que je peux faire ce que je veux. Je dois m'adapter au budget. C'est logique et cela ne me pose aucun problème. Le travail a déjà commencé. Sept ou huit nouveaux joueurs sont arrivés, cela signifie que 50 % de l'équipe ont été renouvelés. Le plus urgent était d'apurer les dettes. Le budget est devenu une donnée essentielle dans le football actuel, car en cas de dettes, le club n'obtient pas la licence. Dans ce domaine, on est bien parti ; toutes les dettes devraient être apurées pour octobre ou novembre. Lorsque cet objectif-là sera atteint, on pourra s'atteler à satisfaire les supporters et à construire une équipe digne du nouveau stade, qui sera inauguré dans deux ans. Lorsqu'on a un président comme Abramovich à Chelsea, on peut dépenser sans compter. Lorsque ce n'est pas le cas, on doit se montrer inventif. Utiliser sa réputation, son image de marque. Il y a moyen de construire une bonne équipe avec peu d'argent. Mais pour progresser sportivement, il faut investir. C'est indispensable. Là n'est pas la question. Les dirigeants ont suivi une certaine ligne de conduite, qu'ils estimaient être la bonne, mais chacun a ses idées. Personnellement, j'attends que le joueur qui arrive apporte une plus-value à l'équipe. J'entends améliorer la qualité, plutôt que la quantité. Il faut, aussi, veiller à trouver un équilibre dans le groupe. On s'y attachera déjà lors du mercato hivernal. Je n'aime pas les pronostics. Si certains ont fait de nous des candidats européens, où place-t-on Anderlecht, Bruges, le Standard et Genk ? Voire Westerlo, dont personne ne parle mais qui a gardé la quasi-intégralité de son effectif, à l'exception de Tosin Dosunmu ? Pour que les résultats s'améliorent, il faudrait que la poisse nous abandonne. Et que l'arbitrage nous soit un peu plus favorable. Lorsque je vois tous les gardiens qui ont été exclus, récemment, je me demande encore comment Daniel Zitka a pu rester 90 minutes sur le terrain malgré une faute de main en dehors du rectangle... Les possibilités n'ont pas manqué, et je m'en réjouis. Des clubs sont toujours prêts à m'accueillir, cela signifie qu'ils ont été séduits par le travail que j'ai réalisé ailleurs. Pourquoi ai-je choisi Gand ? D'abord, ce n'est pas très loin de chez moi. Ensuite, c'est une ville qui me plaît. Enfin, c'est un club ambitieux qui entend se donner les moyens de ses ambitions. Mes touches avec Genk ? Je n'étais pas libre à ce moment-là. Je demeure en très bonnes relations avec le président Jos Vaessen, mais ce qui s'est réellement passé doit rester entre lui et moi. Roger Lambrechts était un peu fâché parce que j'ai choisi La Gantoise plutôt que Lokeren, mais on s'est réconcilié. On a fini par trouver un accord à l'amiable, mais cela n'a pas été sans mal : lorsqu'il y a divorce, il faut toujours passer par le notaire. J'ai payé pour me libérer, comme je l'ai toujours fait : c'était déjà le cas lorsque j'ai quitté Courtrai pour Bruges, ou Bruges pour Malines. Je n'ai pas, non plus, demandé de prime de licenciement lorsque j'ai été... viré de Mouscron en janvier 1997. Bien, je pense. Pourquoi en irait-il autrement ? J'ai toujours été apprécié par les supporters. Par le staff et les sponsors, aussi. Lorsque je suis parti, beaucoup de gens ont pleuré. Moi aussi, d'ailleurs. Je suis souvent considéré comme un dur, mais au fond de moi-même, je suis un grand sentimental. J'étais le consultant de Canal+ Vlaanderen pour le match Mouscron-Anderlecht, qui ouvrait la saison. J'avais fait de Christophe Grégoire mon homme du match, il l'avait mérité. Je m'étais réjoui de la belle prestation de certains anciens que j'avais connus, comme Francky Vandendriessche, Samir Beloufa, Grégory Lorenzi ou Tonci Martic. Certains joueurs qui jouaient sous ma direction ont disparu, comme Geoffrey Claeys et certains jeunes que j'avais lancés - NDLR : JulienCatrain, prêté àTubize, ouGuillaumeLépine, repartienFrance. A leur place, c'est désormais Alex Teklak qui s'illustre. Mais, le plus important, c'est que les dettes sont effacées et que, sportivement, le groupe tienne la route. Daniel Devos" Un contrat n'est brandi que lorsque des problèmes surgissent" " Au fond de moi-même, JE SUIS UN GRAND SENTIMENTAL "