C'était en juin dernier. Une grande lessive était annoncée dans le noyau de Charleroi. Souvenirs... " Bertrand Laquait a réussi de bonnes choses pendant son prêt à Huelva et le club espagnol est sur le point de lever l'option d'achat (...) Fabien Camus, star de la saison, va forcément signer dans un plus grand club. Des équipes françaises le suivent à la trace et le Steaua Bucarest reste carrément amoureux de lui (...) Orlando est cité à Bruges un an après avoir flirté avec le Standard (...) Mahamoudou Kéré, en fin de contrat, estime avoir fait le tour de la question avec Charleroi et négocie à gauche et à droite (...) Cristian Leiva, prêté par Anderlecht pour le deuxième tour, retourne automatiquement à Bruxelles, en transit ou pour y recevoir une deuxième chance (...) Abdelmajid Oulmers négocie au Standard ".
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C'était en juin dernier. Une grande lessive était annoncée dans le noyau de Charleroi. Souvenirs... " Bertrand Laquait a réussi de bonnes choses pendant son prêt à Huelva et le club espagnol est sur le point de lever l'option d'achat (...) Fabien Camus, star de la saison, va forcément signer dans un plus grand club. Des équipes françaises le suivent à la trace et le Steaua Bucarest reste carrément amoureux de lui (...) Orlando est cité à Bruges un an après avoir flirté avec le Standard (...) Mahamoudou Kéré, en fin de contrat, estime avoir fait le tour de la question avec Charleroi et négocie à gauche et à droite (...) Cristian Leiva, prêté par Anderlecht pour le deuxième tour, retourne automatiquement à Bruxelles, en transit ou pour y recevoir une deuxième chance (...) Abdelmajid Oulmers négocie au Standard ". Aujourd'hui, tous ces joueurs sont toujours bien à Charleroi. Pourquoi ? On a vite retrouvé le Laquait (30 ans) décisif, celui qui fait gagner des points. Il avait été bon aussi durant sa saison en Espagne, disputant une petite dizaine de matches et Huelva aurait aimé le conserver. Mais les deux clubs n'ont pas su se mettre d'accord sur le prix du transfert et le Français est donc revenu à Charleroi pour y prester la dernière année de son contrat. " Je n'ai eu aucun mal à me réadapter au Sporting, à la ville de Charleroi et à la Belgique car rien n'avait changé depuis mon départ ", dit Laquait. " Par contre, j'ai dû faire un gros travail mental car je redescendais d'un cran sur le plan sportif. Jouer au Brussels quelques mois après avoir évolué au Nou Camp face au grand Barcelone, ce n'est pas la même chose. Mais je me suis directement efforcé de voir ma situation sous l'angle positif : j'avais un nouveau gros challenge. Et mes ambitions sont toujours les mêmes qu'au moment où je suis venu pour la première fois à Charleroi : jouer le plus haut possible. Je ne rêve pas car les doux rêveurs finissent toujours par retomber les pieds sur terre et ne reçoivent jamais rien. Je sais que je devrai être bon pour mériter un nouveau transfert. Je ne veux tirer aucune conclusion maintenant sur mon retour : une douzaine de matches, c'est trop peu pour situer mon niveau par rapport à ce qu'il était avant mon départ en Espagne ". Laquait sera libre en fin de saison et les prochains mois seront décisifs : vente en janvier pour monnayer un petit quelque chose, séjour à Charleroi jusqu'en mai et donc transfert gratuit en fin de saison, ou prolongation de contrat entre-temps ? " Je ne me pose pas de questions sur mon avenir. Je ne suis sûr que d'une chose : j'ai les cartes en mains et, meilleur je serai, plus j'aurai de chances d'aller haut. Je n'attends aucun cadeau. De personne. Je connais suffisamment le monde du foot pour savoir comment il fonctionne. Je pense parfois à Frédéric Herpoel : il a reçu des cadeaux, lui ?" Fabien Camus (22 ans) a explosé la saison dernière. Pour tous les observateurs, il a été l'un des trois meilleurs médians du championnat. On a pu avoir l'impression que plusieurs grands clubs étaient à ses pieds : Anderlecht, Genk, Leverkusen, Monaco,... Il était encore sous contrat à Charleroi mais répétait qu'il voulait partir. Juste avant le début de saison, le Sporting a organisé une véritable opération commando pour le fourguer au Steaua Bucarest, où il se serait mis financièrement à l'abri en quelques mois seulement. Mais il est toujours à Charleroi. Moins tranchant que la saison dernière, même si son retour en forme se concrétise de semaine en semaine. " On dit que je suis moins bon mais je ne suis pas d'accord ", lance Camus. " Je reconnais seulement que je n'étais pas à mon niveau lors des trois ou quatre premières journées du championnat mais c'était logique vu que des problèmes physiques m'avaient handicapé pendant la préparation. Je n'avais pratiquement rien joué en matches amicaux. Aujourd'hui, je suis à 100 %. Et je ne me sens vraiment pas perturbé par les événements de l'été. J'avais compris bien avant le 31 août que je ne pourrais pas partir. Demander 3 millions d'euros pour mon transfert, c'était deux fois trop. Si on m'avait mis sur le marché pour un million et demi, je ne serais plus ici. Mais je ne suis pas le patron du Sporting, donc j'ai dû accepter de rester. Je n'ai pas recommencé le championnat en me disant que j'en reprenais pour six mois. J'aime jouer et j'arrive à faire abstraction de tous les trucs compliqués ". Il n'empêche que le Marseillais n'a pas changé d'avis. Il voit toujours son avenir immédiat ailleurs. " Je veux partir, c'est clair et net, ferme et définitif. Le plus vite possible. Ça m'énerve qu'on me dise que je n'ai que 22 ans, que j'ai tout l'avenir devant moi. Je ne dis pas que je peux signer dans un club du top européen mais j'ai ma place dans une équipe plus huppée que le Sporting. Si je ne m'en vais pas en janvier, ce sera sans doute en fin de saison. La dernière échéance si le club veut gagner de l'argent avec moi puisqu'il ne me restera plus qu'un an de contrat ". Camus affirme qu'il ne pense plus à l'épisode roumain de l'été. " Bucarest me proposait beaucoup d'argent mais je n'ai pas tout compris. Le président du Sporting dit maintenant qu'il n'était pas prêt à accepter la somme que le Steaua voulait débourser pour moi. Donc, il n'y avait apparem- ment pas d'accord précis entre les deux clubs ? Je ne capte plus. De mon côté, je ne regrette pas d'avoir refusé le contrat des Roumains. Même si j'ai été déçu par certaines choses. Mais je n'ai pas envie d'en parler ". Il y aurait de la friture sur la ligne entre Camus et le Sporting ? " J'ai eu quelques mauvaises surprises mais je ne veux pas en dire plus pour le moment. Je parlerai bientôt ". Orlando Dos Santos Costa (26 ans) est un cas à part : plus de 100 matches en D1 mais à peine 15 buts. Pour un homme qui joue systématiquement à l'attaque, ce sont des statistiques qui font sourire ou préoccupent. Durant l'été 2006, le Brésilien avait été à deux doigts de rejoindre le Standard. Et en juillet dernier, c'est le Club Bruges qui aurait voulu l'embrigader. Il est finalement resté à Charleroi, où il marque encore moins que lors des saisons passées. Peut-on être productif dans une équipe du top quand on ne trouve pas le chemin du but avec un club moyen ? Jacky Mathijssen, qui faisait énormément confiance à Orlando quand il entraînait le Sporting et a essayé de l'attirer à Bruges, justifie ses choix. " C'est le style de joueur que nous n'avons pas et que très peu d'équipes possèdent. Une vraie denrée rare. Orlando est gaucher, grand, rapide et déjà belge dans sa mentalité. Il n'aurait donc plus dû passer par une phase d'adaptation s'il était venu chez nous. Tout le monde met le doigt sur son manque d'efficacité devant le but : c'est exact, mais il parvient à être très efficace sans être un finisseur. Il monopolise énormément d'attention chez les défenseurs adverses, et si vous avez dans votre équipe Orlando en plus d'un attaquant capable de profiter de toute l'attention qu'il suscite, ça peut faire très mal. Parlez-en à Cyril Théréau : s'il a directement explosé à Charleroi, c'est en profitant notamment du travail de sape d'Orlando. S'il avait, en plus, les qualités spécifiques d'un finisseur, il aurait encore plus de valeur. Lorsque je suis arrivé à Charleroi à trois matches de la fin de la saison 2003-2004, j'ai directement vu qu'un duo Orlando- Grégory Dufer faisait très mal. L'été dernier, j'imaginais une reconstitution de ce couple à Bruges. Mais la direction de Charleroi n'a pas voulu lâcher Orlando. Le jour où je trouve son clone, je l'engage directement. J'ai déjà beaucoup cherché mais je n'ai pas encore trouvé : c'est révélateur. C'est normal que d'autres clubs se soient déjà mis sur le coup. Un attaquant pareil sera toujours sollicité ". Mahamoudou Kéré (25 ans), le plus ancien Zèbre avec plus de 220 matches à son compteur, reste la valeur sûre de la défense centrale. Depuis plusieurs années, il rêve publiquement d'un déménagement en Angleterre ou en Allemagne. Mais durant l'été, il en a repris pour trois saisons. Après avoir pris la température dans d'autres clubs. " Kéré est venu négocier deux fois chez nous ", se souvient Alain Lommers, le directeur de Mons. " Nous étions vraiment intéressés parce qu'il a le bon profil. Il peut jouer en défense centrale ou dans l'entrejeu et, aujourd'hui encore, on voit que nos solutions de rechange à ces postes-là ne sont pas innombrables. Mais dès la première rencontre, j'ai compris qu'il n'avait pas une envie excessive de signer. Je sentais qu'il n'attendait qu'une chose : recevoir plus à Charleroi et rester là-bas. Il a une vraie fibre carolo. En discutant avec lui, on a l'impression qu'il est né dans cette ville et y a toujours vécu. Nous sommes allés très haut dans nos propositions. Par rapport à ce que gagnent la plupart des joueurs de Mons, Kéré aurait été gâté. Il pouvait signer le jour même. Il nous a demandé un délai de réflexion mais nous n'avons plus eu de nouvelles : je suppose que le Sporting lui a finalement offert plus d'argent ". Cristian Leiva (30 ans) est un des joueurs les plus discrets de Charleroi mais aussi un des plus efficaces. Le rond central reste sa maison : sa marque de fabrique est son activité débordante sur une superficie extrêmement limitée. L'Argentin sollicite le ballon, coupe les angles, intercepte, donne souvent au coéquipier le plus proche. Il avait été prêté par Anderlecht en janvier 2007, et pendant l'été, la location a été prolongée d'un an. " Nous avons essayé de vendre Leiva ", reconnaît Herman Van Holsbeeck, le manager anderlechtois. " Mais à part l'un ou l'autre club argentin, personne ne s'est intéressé à lui. Et comme le joueur ne souhaitait pas rentrer, il fallait trouver une nouvelle solution de prêt. Nous sommes conscients qu'il a fait de bons matches avec Charleroi au deuxième tour de la saison passée, mais Charleroi n'est évidemment pas la même vitrine qu'un club comme Anderlecht. Il aurait plutôt fallu qu'il fasse de très bons matches chez nous pour être sollicité par beaucoup d'équipes. Quand j'ai compris que nous ne parviendrions pas à le vendre, j'ai proposé à Charleroi de prolonger la location. Mais c'est la dernière fois car en fin de saison, Leiva n'aura plus qu'un an de contrat chez nous et il faudra donc trouver autre chose ". Il semble qu'un retour à Anderlecht pour sa dernière année de contrat ne soit pas envisageable, quelles que soient les performances de Leiva jusqu'en mai. " Frankie Vercauteren a été clair dès les premiers matches de préparation, la saison dernière ", dit Van Holsbeeck. " Leiva n'a pas le profil de joueur qu'il souhaite. Notre coach estime que c'est terminé, le temps où un médian pouvait se contenter de jouer sur une vingtaine de mètres carrés. Il veut que tous les joueurs de son entrejeu aient un grand rayon d'action. C'est pour la même raison que Walter Baseggio ne joue plus. Du côté de la direction, nous estimons que nous devons suivre les raisonnements d'un entraîneur qui nous a apporté deux titres ". Grosse erreur de casting ? " Leiva était notre troisième choix. Nous l'avons transféré quand il s'est avéré que les deux premiers tombaient à l'eau. Il était abordable financièrement et nous avons tenté le coup. Cela n'a pas marché mais il faut suivre les options du coach. Regardez Besnik Hasi : il brille aujourd'hui au Cercle parce que Glen De Boeck lui a confié un rôle d'agent de police devant la défense. Il règle la circulation dans ce secteur et ça se passe très bien. Mais chez nous, Vercauteren ne veut pas aligner un joueur de ce profil ". Fin mai dernier, Majid Oulmers (29 ans) était aperçu à Sclessin, en compagnie de son manager. La tête enfouie sous un bonnet, pour passer le plus incognito possible. Quelques heures plus tard, il quittait le stade du Standard par une porte dérobée pour échapper aux médias. Fin juin, il prolongeait à Charleroi jusqu'en 2010. Cette saison, il joue invariablement au back gauche ou dans l'entrejeu. Il reste un pilier du Sporting. " Tout est parti d'un malentendu ", se souvient Dominique D'Onofrio, le directeur technique des Rouches. " L'agent d'Oulmers nous a sollicités en nous disant que son joueur était en fin de contrat à Charleroi. Pour nous, c'était un renfort potentiel pour remplacer Milan Rapaic. Nous imaginions Oulmers à gauche dans l'entrejeu et pas du tout en défense. Nous l'avons souvent suivi et nous savons de quoi il est capable : il est rapide, il a une bonne passe, il donne d'excellents centres et il a de la personnalité. Il aurait pu convenir au Standard, malgré sa petite taille. Parce qu'il a quelque chose en plus que la majorité des joueurs. Quand vous êtes grand et costaud, vous pouvez vous permettre d'être moins complet, moins technique, etc. Si vous êtes petit, vous devez compenser par d'autres qualités, et Oulmers en a beaucoup. Nous avons discuté avec le joueur et son agent. Mais le soir même, nous nous sommes rendu compte qu'il était encore lié à Charleroi en vertu d'une convention passée entre le club et lui. Nous avons compris qu'il faudrait débourser 700 ou 800.000 euros pour l'avoir chez nous. C'était hors de question et nous n'avons même pas pris la peine de contacter le Sporting. Nous avons laissé tomber et transféré Salim Toama ". par pierre danvoye