Dans l'affaire Sergio Conceiçao, il y a deux façons de voir les choses. On peut dire que le Soulier d'Or a atteint le fond et est passé du statut de héros à celui de zéro. Mais on peut aussi penser qu'il peut toujours redevenir un héros, une fois sa suspension purgée.
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Dans l'affaire Sergio Conceiçao, il y a deux façons de voir les choses. On peut dire que le Soulier d'Or a atteint le fond et est passé du statut de héros à celui de zéro. Mais on peut aussi penser qu'il peut toujours redevenir un héros, une fois sa suspension purgée. Il y a une semaine, lors du match de Coupe contre Zulte Waregem, le Portugais recevait très justement une carte rouge de la part de l'arbitre Peter Vervecken pour avoir craché sur le flanc gauche Stijn Meert. (Parenthèse : Meert est un joueur provocateur et irritant à souhait, mais Conceiçao ne pouvait pas cracher,... même s'il l'avait déjà fait il y a un an lors du premier test match contre Genk sans être puni pour ça). Et c'est le deuxième pétage de plomb, il ôte son maillot et le pousse à deux reprises tout contre l'arbitre. Sergio devient l'emmaillotteur comme il existe l'entarteur ! Mais c'est tout autant intolérable : c'est de l'agression, du contact brutal, de l'irrespect ; une forme de violence, certainement. La scène est pénible et on se souvient que le président de la fédé portugaise avait dit qu'il ne reprendrait plus jamais Conceiçao en équipe nationale parce qu'il était ingérable sur le long terme. Le joueur génial est une bombe à retardement. Et nombreux ont été ceux à le condamner immédiatement et définitivement. Fin de carrière en Belgique. Dehors ! Surtout que le Standard se conduit systématiquement envers les arbitres comme les parents démissionnaires qui engueulent les profs qui osent punir leurs chères petites têtes blondes. Voilà la version de héros à zéro. Plein de semaines de suspension et on ne parle sans doute plus jamais de lui en Belgique. Et puis il y a la deuxième version : de zéro à héros. Le 23 octobre 1998, l'Italien Paulo Di Canio, joueur de Sheffield Wednesday se fait exclure pour avoir agressé le défenseur d'Arsenal, Martin Keown. Mais avant de sortir du terrain, Di Canio pousse l'arbitre Paul Alcock qui s'écroule à terre. Un mois plus tard, la Football Association le suspend pour 11 matchs et lui inflige l'équivalent de 12.000 euros d'amende. Entre son agression et la sanction, il n'a pas joué parce que son club l'a écarté de l'équipe. Le Standard n'a pas suspendu Conceiçao mais il aurait pu. (Parenthèse : il y deux ou trois ans, le Standard l'avait fait à l'égard d' Alex Kaklamanos pour dopage... et l'Union Belge en avait tenu compte, déduisant cette période de la suspension totale. L'avant-centre grec avait ensuite pu rebondir). En décembre 2000, Di Canio joue désormais pour West Ham et lors d'un match contre Everton, il prend le ballon des mains alors qu'il est en position de marquer car le gardien adverse est blessé et prostré sur le sol. Le score reste 1-1. Et un an plus tard, lors de la remise annuelle de ses récompenses, la FIFA remet à Di Canio le prix mondial du fair-play. Beau retournement de situation, non ? (Parenthèse : Aujourd'hui, Di Canio joue à la Lazio et n'a plus de problème avec les arbitres... bien qu'il ait été pris récemment dans une polémique pour ses saluts fascistes qui ont fait dire à Eric Cantona : " Je n'aurais jamais pu jouer avec un sale facho ". Mais c'est une autre histoire). Vis-à-vis des principes éternels de fair-play, Di Canio s'est bien rattrapé après sa suspension et a fait £uvre utile jusqu'à récemment. Voilà comment on aimerait voir se terminer l'affaire Conceiçao. Qu'il devienne toujours - après avoir purgé sa peine - un exemple de fair-play, comme vendredi à Charleroi. Au terme de la rencontre, l'arbitre hollandais et lui se sont fait l'accolade. (Parenthèse : les joueurs carolos ont été impeccables : ils n'ont pas cherché Conceiçao). Evidemment, le Portugais va cruellement manquer au Standard dont on connaît la marque de fabrique : arriver le plus vite possible devant le but adverse. Son style c'est de ne pas en avoir : serré derrière, donner le ballon à Conceiçao ou Milan Rapaic pour qu'ils centrent et tenter de percer au milieu quand la défense arrière s'écarte. Cela peut-il encore marcher sans son capitaine ? john baete