PAR JOHN BAETE
...

PAR JOHN BAETEL'image de marque du football professionnel belge est au plus bas. Et il faut espérer que cela ne freinera pas les efforts du pays dans sa quête d'organisation de la Coupe du Monde 2018. Mais la FIFA devrait prendre en compte l'avenir d'un royaume dingue de foot plutôt que les dérapages de ses grands clubs. Car, évoquer la belgitude auprès d'un fonctionnaire de l'UEFA rime immédiatement avec inquiétude. Dans les couloirs du siège fédéral européen à Nyon (Suisse), le fait qu'un nouveau procès a été intenté par un club contre l'Union belge n'est plus un scoop. Là bas, ils ont l'habitude que l'autorité de notre fédération soit constamment bafouée... et pas seulement sans raison. La dernière bombe est en train d'être fabriquée à Charleroi, d'ailleurs. Effet de miroir ou pas, le dernier classement Respect et Fair-play de l'UEFA place la Belgique dans le bas du panier, en 29e position. C'est très, très bas étant donné qu'on ne prend en compte que les pays relativement importants, dont les clubs et équipes nationales ont joué au minimum 26 matches européens entre le 1er mai 2009 et le 30 avril 2010. Comme l'Union belge a déclaré forfait pour plein de choses, c'est finalement la Ligue pro qui a pris le taureau par les cornes (pas celui de la pub de son sponsor mais un animal bien moins sympathique). " Finalement " parce que cela faisait longtemps que les dirigeants des clubs de D1 devaient balayer devant leur porte. On sait que les réunions de la Ligue pro ne sont jamais de tout repos et que les règlements de compte se font toujours en dehors des séances. Toujours coincés entre les intérêts de leur propre club et les décisions à prendre pour le bien commun, nos grands dirigeants n'ont pas assez souvent une conduite exemplaire. De l'ambiance entourant les test-matches Standard-Anderlecht aux derniers avatars de Charleroi, les dérives constatées dans la presse sont nombreuses. Le président de la Ligue pro Ivan De Witte - également président de La Gantoise et grand pourfendeur d'arbitres - s'est donc flagellé en créant un Conseil d'éthique. Constitué de Paul Van Himst, deux juristes et deux journalistes, il est présidé par l'ancien arbitre et membre de la CCA Alex Ponnet qui y croit. " On est là pour aider à redorer le blason du football belge ", jure-t-il. " J'entends et je lis parfois de telles déclarations qu'on doit absolument servir de garde-fous. Des conseils pareils existent aux Pays-Bas, en Allemagne et en Angleterre, où ça fonctionne bien. En France, il y a des problèmes mais on va s'inspirer des conseils qui fonctionnent bien. "Indispensable, car on voit mal Ponnet rappeler à ses dirigeants de clubs qu'ils n'ont pas le comportement exemplaire requis. Surtout que le conseil ne fera jamais qu'émettre des recommandations et ne possédera aucune force disciplinaire. Question immédiate et non anodine : quel sera le poids de ce conseil ? On risque fort de voir ses recommandations faire l'objet d'un classement vertical dédaigneux ou d'un delete sans pitié. Ou pas ? C'est justement cet aspect-là qui semble exciter Ponnet : " Nous n'aurons aucune action disciplinaire et nous n'en voulons pas, ce que nous voulons, c'est ressusciter l'esprit sportif. " Un exemple, Monsieur Ponnet svp... Que diriez-vous à ces dirigeants qui ne voient pas de semelles quand elles sont commises par un de leurs joueurs ? " C'est très simple ", dit Monsieur Ethique. " Une semelle, un pied en avant, c'est une carte rouge. Si on n'accepte pas ça, c'est impossible d'avoir un bon esprit. "On est un milliard de fois d'accord avec Ponnet, c'est cette attitude-là qu'il faudrait avoir. Qui donc va faire passer le message ? La présence de Paul Van Himst, le joueur belge du siècle, était indispensable dans ce conseil. Mais c'est le seul poids lourd. Même pour de simples recommandations, on aurait dû l'entourer d'anciens équipiers de la même carrure que lui. Les anciens héros, on les écoute. Mais un ex-arbitre et deux juristes ? Et deux journalistes ? Restons sérieux...l La présence de Paul Van Himst, le joueur belge du siècle, était indispensable dans ce conseil. Mais c'est le seul poids lourd.