Après les flonflons de la Saint-Sylvestre, la planète partira tout de suite à la redécouverte de Wolfgang Amadeus Mozart, né il y a 250 ans, le 27 janvier 1756, à Salzbourg.
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Après les flonflons de la Saint-Sylvestre, la planète partira tout de suite à la redécouverte de Wolfgang Amadeus Mozart, né il y a 250 ans, le 27 janvier 1756, à Salzbourg. Ce sera le début de l'année Mozart, comme 2005-2006 pourrait être la saison Preud'homme. A l'image du grand compositeur autrichien, le directeur technique fut un champion précoce, eut ses traversées du désert, voyagea, atteignit le toit du monde, changea son violon d'épaule, etc. Son £uvre de dirigeant a pris une énorme ampleur depuis le début de la présente campagne. Filmé de près par son Milos Forman à lui (Luciano D'Onofrio), Amadeus Preud'homme tient en mains les partitions de la Commission technique, déblaye le terrain avant que le comité exécutif de l'Union Belge ne choisisse le successeur d'Aimé Anthuenis à la tête des Diables Rouges, travaille sur son plan jeunes, etc. Tous ces dossiers seront examinés le 22 décembre prochain par le comité exécutif. Ce jour-là, Roger Vanden Stock dévoilera son plan de réforme de la fédé. S'il est suivi, l'Anderlechtois sera candidat à la présidence de l'U. B. avec le soutien de Sclessin. Tout cela donne une idée de l'importance plus que croissante de Preud'homme à Bruxelles. On n'avait plus noté un tel poids liégeois sous les boules de l'Atomium depuis l'ère Roger Petit. Preud'homme connaît paroles et musique du football belge. Que ce soit au micro de Thierry Luthers ( Radio Vivacité) ou face à la presse écrite, il fallait lire entre les notes après le match nul liégeois contre Roulers qui permet à Anderlecht de revenir à hauteur des Rouches et au Club Bruges de se positionner à un point seulement du duo de tête. Michel Preud'homme : Non, je ne crois pas. J'ai vu une équipe offensive qui a pris le jeu et les risques à son compte même à dix, après l'exclusion de Philippe Léonard. Elle n'a pas eu le zeste de chance afin de faire sauter le fortin adverse. En première mi-temps, Marius Nicolae n'a pas été assez soutenu par la ligne médiane. Je constate dans ce débat que la formation la plus offensive fut la plus avertie. Dans quelques semaines, tout sera en ordre. Que tout sera en ordre... Nous luttons avec les possibilités qu'on veut bien nous donner. En ce qui concerne la suspension de deux fois deux matches d'Oguchi Onyewu, le joueur conteste, souhaite se défendre face au TAS du COIB afin que les peines se chevauchent dans une même période, comme cela doit se faire selon nous, et ne s'additionnent pas : cela permettrait au joueur de gagner un match, de limiter sa suspension à trois journées en tout. La fédé reprend mon raisonnement dans le cas d'une carte rouge suivie plus tard par une suspension pour trois cartes jaunes. Notre cas d'espèce n'existe pas dans le règlement : donc, cela donne une suspension de trois matches, pas quatre. Pour nous, une mise à l'écart de deux semaines pour les deux incidents suffisait largement. Le Standard a accepté les deux matches de suspension infligés à Onyewu pour la faute commise contre Genk. Mais pour l'exclusion au GBA, nous disposons d'une vidéo que nous avons montrée au comité d'appel du football rémunéré. Je suis un grand partisan de la vidéo. Le quatrième arbitre devrait avoir un écran près de lui. Même si un match dure dix minutes de plus, les risques d'erreur seront fortement réduits. Il faut aider les arbitres car tout va de plus en plus vite. Ce sera la même chose pour tout le monde et pas des interprétations qui prêtent à discussion. Dans le cas qui nous occupe, les images prouvent clairement que notre joueur n'a ni blessé ni touché le joueur du Germinal Beerchot. Et, au contraire, le joueur adverse concerné a tenté de prendre son pied et lança son cri de douleur quand il constata qu'Oguchi lui échappait. C'est clair et net mais la suspension a été maintenue. Il n'y avait pas lieu de le punir car la faute était inexistante. Ronny Gaspercic a été blanchi pour une faute qu'il n'avait pas commise : pourquoi pas Onyewu ? En contestant cette peine, Oguchi ne songe pas à la possibilité de pouvoir jouer contre Anderlecht. Non, c'est tout simplement une question de justice. Dans l'affaire de Mouscron, on n'attendait pas une autre décision mais, que ce soit prochainement ou dans dix ans, il faudra quand même qu'on m'explique un jour pourquoi Mohammed Tchité a été stoppé par l'arbitre. Je n'ai dit qu'une chose : dans quelques semaines, tout sera en ordre. Ce n'est pas ce que j'ai affirmé : dans quelques semaines, tout sera en ordre. La direction a toujours le même principe de base : préserver la santé financière du club. Quand le noyau change, c'est pour l'améliorer en fonction de nos ambitions ou pour des raisons budgétaires. En fin de saison dernière, la stabilité sportive et financière était là et nous avons cherché à préserver l'effectif. Nous avons investi une masse d'énergie et de travail afin de prolonger le contrat d'Oguchi Onyewu, intéressé par notre projet et l'utilité dans cet environnement, plutôt que d'être confronté à l'incertitude d'un nouveau club. Sans cela, comme son contrat se serait terminé en fin 2005-2006, il fallait le vendre en début de saison ou, au plus tard, lors du prochain mercato d'hiver. Un club doit être attentif à tout, à la situation de chaque joueur à chaque moment. Sergio Conceição a opté assez rapidement pour une prolongation de son séjour à Sclessin. Il y a eu deux éléments inattendus dans la préparation de la saison : le départ de Milan Rapaic deux jours avant le coup d'envoi du championnat et le transfert d'Ivica Dragutinovic au FC Séville. Milan nous a surpris car on ne comprenait pas bien. Le temps nous a permis de cerner le pourquoi de son attitude. Personne n'en parle, le joueur non plus : c'est personnel. Cela ne concerne pas un transfert. S'il y avait eu offre, comme dans le cas d'Ivica Dragutinovic, le Standard aurait négocié. Il y a eu un point d'interrogation au moment de son départ mais jamais de problème entre lui et la direction ou avec les joueurs et c'est ce qui a permis sa réintégration. Nous étions d'accord à propos de la vente de Drago, car nous lui avions donné une promesse de sortie en cas d'offre intéressante de l'étranger, mais j'espérais quand même le garder. Drago, c'était notre âme comme Simons était celle de Bruges. Ce départ a entraîné une réflexion pour le centre de la défense. Philipe Léonard pouvait glisser dans l'axe. Il y avait aussi la présence de Mathieu Beda et de Mohammed Sarr et l'intérêt actuel, vous le savez, pour Jorge Costa. Le départ de Sambegou Bangoura était prévu. Le Standard était prêt à céder le Guinéen ou Cédric Roussel mais pas les deux. Ici, on n'achète pas pour acheter. Tout le monde peut se tromper mais le Standard n'a pas les moyens de trop se tromper. Quand on est sûr, on investit. Sinon, on prend un joueur qui ne coûte pas grand-chose, certainement en ce qui concerne l'indemnité de transfert. Nous n'avons pas renouvelé le contrat d'une partie de l'ancien staff technique mais le Standard ne l'a pas viré, c'est très différent. Dans sa stratégie globale, le club entendait emprunter d'autres pistes et ce choix ne mettait pas en cause les qualités des personnes n'étant pas restées à notre service. Il fallait tenir compte du coach numéro 1. Nous avons longtemps cru qu'Eric Gerets serait celui-là. Quand cela s'avéra impossible, le Standard s'est tourné vers Dominique D'Onofrio. Ici, on recherche un coach qui a du crédit. Avec Eric Gerets, il était illimité aux yeux de l'entourage, des supporters, de la presse, etc. Quand cette éventualité s'effaça, Trond Sollied aurait aussi bénéficié d'une belle marge de man£uvre mais il n'était pas libre, pas en fin de contrat si vous préférez. D'autres avaient un crédit certain, dont Dominique. Le Standard a d'autant plus misé sur la continuité que le travail effectué en 2004-2005 fut de qualité. En matière de scouting, nous disposons dé- sormais du nec plus ultra avec Frans Masson. Dès que la fédération a décidé de ne pas continuer sa route avec lui, j'ai sauté sur la balle. Il était important d'avoir un ancien grand joueur sur le banc. Un sportif avec l'état de service de Stéphane Demol sait parler aux joueurs d'une autre manière qu'un T1 n'ayant pas évolué au même échelon qu'eux. Stef a joué au même niveau que Sergio Conceição, Milan Rapaic, etc. Ce vécu, j'en avais mesuré l'importance quand j'étais coach. Je ne devais par leur raconter l'histoire de Malbrough. La défaite à Genk lors des tests matchs pour une place en Coupe de l'UEFA a laissé des traces car nous avions tout perdu en huit minutes. Mais cela a tout de suite généré une énorme envie de remettre le couvert. Il était impensable que ce travail ne soit pas récompensé. Conceição a décidé de rester au Standard avant le match de Genk. C'est un leader comme il y en a d'autres : Vedran Runje, Philippe Léonard. Sergio se bat et s'investit sans cesse pour son club. Un Soulier d'Or, c'est quelqu'un qui apporte du bonheur sur le terrain. C'est le cas de Sergio. Le footballeur doit primer, c'est le plus important, pas le caractère. A côté de cela, il y a le Trophée du fair-play, c'est autre chose. Pour le gagner, il faut dire oui, être gentil avec tout le monde. Ce n'est pas ce qu'on demande à un patron. Cette récompense-là, on peut l'avoir, cela vient naturellement. Moi, j'étais agressif sur le terrain. J'ai eu le Trophée du fair-play une fois, quand je me suis apaisé. C'est un joyau que le Standard taille et polit mais ce n'est pas fini. Mémé n'a jamais été snobé, au contraire. Mémé, je l'ai observé, je l'ai retenu avec Daniel Boccar. Il avait une énorme qualité : sa vitesse. A partir de là, il a travaillé le reste : technique, frappe, placement. La saison passée, il a bien évolué mais ne joua pas assez au deuxième tour. Si nous avions acquis un attaquant de plus, il aurait été intéressant pour lui d'être prêté à un autre club de D1 pour augmenter son temps de jeu. Nous avons envisagé cette possibilité sans jamais prendre de décision. Mémé savait tout cela. Le renfort offensif est venu plus tard et Mémé s'est affirmé. Avec lui, c'est bingo plus tôt que prévu. Nous l'aurions loué mais jamais cédé définitivement. Onder Turaci a été loué à Visé et à La Louvière avant de revenir et d'éclater. Mustapha Oussalah se relance à Mouscron et reviendra la saison prochaine. Il ne serait certainement pas parti si Milan Rapaic avait claqué la porte plus tôt. De telles solutions font souvent du bien à nos jeunes. Il n'y a pas que les jeunes : c'est un groupe qui présente pas mal de possibilités dans toutes ses composantes. Nous avons souvent deux hommes, parfois différents, pour la même position comme Mathieu Assou-Ekotto et Christian Negouai au médian défensif. A gauche, avant le retour de Milan Rapaic, nous n'avions pas de débordeur/centreur. Almani Moreira et Wamberto rentraient plus dans le jeu mais c'était intéressant aussi. Serhiy Kovalenko a des qualités qui furent parfois prépondérantes, comme à La Louvière, mais il doit davantage se faire mal, être moins nonchalant pour franchir un cap. Marius Nicolae a besoin de temps. Il travaille pour l'équipe. Quand il retrouvera son niveau du Sporting Lisbonne, il nous apportera plus offensivement. C'est une crème d'homme, un grand professionnel. Je ne sais pas. Le Standard doit se rendre à Anderlecht, à Bruges, à Lokeren, à Westerlo, à Charleroi. Et alors ? Est-ce plus difficile que de les recevoir ? Je ne sais pas. Là-bas, le Standard bénéficiera de plus d'espace qu'à Sclessin où tout le monde retire ses troupes en défense. Il y a deux choses qui m'ennuient jusqu'à présent : la défaite au FC Brussels et à Mouscron. A Molenbeek, le Standard a mené à la marque mais n'a pas su gérer. Ce sont les deux zones d'ombre car, contre Beveren, qui nous infligea la première de nos trois défaites, nous aurions pu gagner 7-3 ou 8-4. Bruges et Anderlecht ont un programme plus éprouvant. Mais la Ligue des Champions leur a permis de composer un effectif digne de leur agenda. Si nous avions eu cette chance, Drago ne serait pas parti. Nous voulions jouer. Le Standard avait assez de bras pour dégager la pelouse. Il n'était pas question de miser sur un report et le retour de l'un ou l'autre suspendus. Le Standard avait entièrement confiance, ne doutait pas de ceux qui devaient les remplacer. Anderlecht avait perdu en Coupe de Belgique, contre Chelsea en Ligue des Champions et à Westerlo. Il y a 10 ou 15 ans, ce match n'aurait pas été remis. On songe désormais à l'état des routes empruntées par les supporters. Je peux le comprendre mais il ne faut pas aller trop vite non plus. Genk a une pelouse chauffée. Plus tard, ce sera une des conditions imposées afin de décrocher la licence. Si on a les moyens de le faire, tant mieux. C'est cher et les droits de télé ne peuvent pas tout permettre : cela aide déjà les présidents de ne pas puiser sans cesse dans leur poche. Des pelouses chauffées, ce serait bien mais, alors, il faudrait chauffer les autoroutes aussi. Si ce n'est pas le cas, on reportera des matches même avec des pelouses impeccables. Non, trêve de rigolades, le Standard y pense, l'envisage et y songe même pour un de ses terrains d'entraînement. Notre objectif, c'est d'être dans le top 3 chaque saison. Un, deux ou trois. C'est en mars qu'on peut envisager de lutter pour le titre ou pas. Cette saison, comme tout le monde peut battre tout le monde, il ne faudra pas un nombre incroyable de points pour être champion. En général, le lauréat perd quatre ou cinq matches. Le Standard a déjà été battu trois fois mais est toujours en tête de la D1. Notre premier renfort, c'est Milan Rapaic. Il recrée des équilibres. Nous voulons un arrière central supplémentaire. Jorge Costa nous intéresse. C'est une des légendes de Porto qui veut le garder même s'il ne fait pas partie des plans de Co Adriaanse. A 34 ans, il s'entraîne. Costa, c'est un Conceição en défense. L'école de Porto a formé des joueurs dont les dirigeants rêvent. Ce sont des guerriers. Des mentalités. Porto, c'était une machine de guerre. Sept ou huit joueurs, dont Conceiçao et Costa, étaient des combattants. C'est l'objectif du Standard d'arriver un jour à cela. Si on pouvait avoir un avant, ce serait bien car il y aura peut-être des départs. Qui ? On ne sait pas. Wambi a des possibilités mais je ne dis pas qu'on va le faire. Mais on ne travaillera en tout cas pas avec un noyau de 32 joueurs. L'idéal, c'est 24 joueurs afin que tout le monde soit content d'être là. Il faut requinquer la formation, avoir de bons éducateurs, récompenser et protéger les clubs qui prennent la peine de former des jeunes. Ce plan à long terme est prêt depuis le mois de mai. Nous l'expliquons partout et le 22 décembre, le comité exécutif l'approuvera ou pas. C'est possible. J'ai accepté cette mission de président de la Commission technique pour un an. C'est du court terme, il faut trouver le coach idéal pour relancer la machine. Il devrait être désigné au plus tard pour le tirage au sort du prochain Euro, le 27 janvier, six mois avant l'élection du nouveau président de l'U.B. lors de l'assemblée générale de juin prochain. Il y a des tendances qui se dégagent pour cette importante fonction. Je ne suis pas candidat à la présidence de l'U.B. car je veux rester en liaison avec le terrain, la base, et ne pas m'enfermer dans un bureau : c'est comme ça que je peux être le plus utile au service du football. Et si un jour j'accédais à cette responsabilité présidentielle, je garderai ce lien avec le terrain car c'est vital. Personne ne s'est déclaré et seul Roger Vanden Stock s'est dit intéressé par le job. Pour le Standard, Roger Vanden Stock serait un bon président. On verra bien. Après, les choses peuvent évoluer. Le nouveau coach fédéral ? On connaît les critères. J'ai une mission que j'assume seul dans la sérénité et le calme sans rendre de comptes, je ferai mon rapport quand je serai prêt, pas avant. Le comité exécutif lira mes conclusions avant d'exprimer son choix. Il y a des suppositions mais je ne réponds jamais aux questions à propos de ce dossier. A votre avis, quel est le candidat idéal ? Non, non, bien essayé : je n'ai cité aucun nom. Cela ne marche pas. Je n'ai pas de préférence. Même le président de la fédération ignore qui j'ai rencontré. Je ne dis rien car si j'en parle au Comité Exécutif, le lendemain, c'est dans les journaux. Il y a toujours des fuites alors, silenceà PIERRE BILIC