Norwich joue bien. C'est désormais une habitude en Premier League, le promu enchante. Blackpool l'année passée. Swansea et Norwich cette saison. Mais contrairement à Blackpool, les Canaris n'auront pas perdu leurs illusions grâce à leur philosophie offensive. Les troupes du manager Paul Lambert, ancien international écossais du Celtic et du Borussia Dortmund, sont quasiment mathématiquement sauvées.

Et pourtant, le symbole de ce Norwich glamour a tous les attributs du joueur type des divisions inférieures. Sans doute parce qu'en 12 ans de carrière, il n'a connu que cela. Cette icône, c'est Grant Holt, déménageur imposant (1m83, 80kg) tout droit sorti d'un match de vétérans. En début de saison, malgré son statut de capitaine, personne n'aurait misé une livre sur cet attaquant. Et pourtant, huit mois plus tard, Holt, 31 ans dans une semaine, connaît la consécration, a déjà enfilé 12 pions aux défenses adverses et, comme deuxième attaquant anglais au classement des buteurs derrière Wayne Rooney, se voit déjà propulsé en sélection.... Mais non, Holt ne devrait pas faire partie du voyage en Pologne et Ukraine cet été. Trop lent, trop vieux, trop atypique. Trop gros, surtout. Son poids a toujours fait débat. Au point que ses propres supporters ont même pris l'habitude de chanter une chanson en l'honneur du " fat bastard " à chaque fois qu'il met le feu au terrain. Holt, lui, en joue, n'ayant pas hésité à dévoiler son ventre après un but, prouvant qu'il n'était finalement pas si gros que cela.

Holt, c'est donc une sorte de miracle à l'anglaise. Comme quoi, dans un championnat loué pour son professionnalisme, le hasard peut encore faire bien les choses. La récompense du travail ? Certainement. Celle de la fidélité ? Oh que non. En douze ans de carrière, Holt a déjà bien bourlingué : 11 clubs avant d'aboutir à Norwich en 2009. Avec des anecdotes cocasses à la clé.

Élu dans l'équipe de l'année dans trois divisions différentes

Formé à Carlisle United, Holt est recalé à 18 ans et doit se recaser quelques kilomètres plus loin à Workington, un club amateur du comté de Cumbrie, au Nord-Ouest de l'Angleterre. Pour lui, c'est le début d'un tour d'Angleterre des divisions inférieures. Deux ans à Halifax (D5), un an à Barrow (Foot amateur), Sheffield Wednesday (alors en D2), Rochdale (D4). Pendant sept ans, sa vie se résume à un football plus proche du foot du dimanche que du monde professionnel. A Barrow, il arrondit même ses fins de mois en rejoignant ses amis sur un chantier naval, lui qui avait débuté sa carrière comme monteur de pneus.

" Avoir un boulot normal et ne pas gagner beaucoup d'argent m'a mis sur le bon chemin. Il m'arrivait de me lever à 5 h 30 pour aller travailler et de finir à 15 h avant de filer à l'entraînement. " C'est également le temps de l'espoir et des essais. " En 2001, je suis parti faire un test à Exeter. J'ai conduit pendant 5 heures, j'ai joué une rencontre, j'ai fait le voyage retour pour me retrouver chez moi aux petites heures du matin. Deux heures plus tard, j'apprenais que le manager venait d'être viré. "

Mais sa carrière footballistique ne s'est pas résumée à un tour des petits clubs. Holt, c'est également un certain goût de l'aventure avec des prêts de trois mois dans le championnat australien, à Perth et une autre pige à Singapour.

Mais le mal du pays se fait sentir et Holt revient dans sa Cumbrie natale. La roue allait finir cependant par tourner lorsqu'en 2006, Nottingham Forrest, alors en D3, décide de l'attirer. Là, il explose lors de sa première saison, se faisant même élire par les supporters joueur de la saison mais son entente avec le manager Colin Calderwood est loin d'être optimale. C'est la rechute et le retour aux petits clubs : prêt à Blackpool, rebond à Shrewsbury (D4) en 2008. Pas du lourd à première vue. Mais suffisant pour planter 20 buts et attirer l'attention de Norwich, alors en League One (D3). Pour lui, c'est le début d'une formidable aventure. Entre 2009 et 2012, Holt va servir de point d'appui lors des deux promotions d'affilée des Canaris. Les buts s'enfilent (63 en trois ans), et sa carrière s'envole. Holt réussit la gageure d'être nommé trois ans d'affilée dans l'équipe-type de la division dans laquelle il évolue ( League Two avec Shrewsbury, League One et Championship avec Norwich). Pas mal pour un joueur laborieux !

Mais sa principale satisfaction sera finalement de s'être imposé en Premier League, lui dont on disait que le style pouvait certes convenir aux combats physiques des divisions inférieures mais certainement pas à la vitesse ni à la technique requise pour évoluer en PL. Ceux-là doivent revoir leur jugement après avoir constaté que Holt avait marqué 12 buts contre des adversaires aussi prestigieux que Manchester United, Chelsea, Liverpool ou Everton.

PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTO: IMAGEGLOBE

" Tout en jouant, il travaillait sur un chantier naval de 6 à 15h !"

Norwich joue bien. C'est désormais une habitude en Premier League, le promu enchante. Blackpool l'année passée. Swansea et Norwich cette saison. Mais contrairement à Blackpool, les Canaris n'auront pas perdu leurs illusions grâce à leur philosophie offensive. Les troupes du manager Paul Lambert, ancien international écossais du Celtic et du Borussia Dortmund, sont quasiment mathématiquement sauvées. Et pourtant, le symbole de ce Norwich glamour a tous les attributs du joueur type des divisions inférieures. Sans doute parce qu'en 12 ans de carrière, il n'a connu que cela. Cette icône, c'est Grant Holt, déménageur imposant (1m83, 80kg) tout droit sorti d'un match de vétérans. En début de saison, malgré son statut de capitaine, personne n'aurait misé une livre sur cet attaquant. Et pourtant, huit mois plus tard, Holt, 31 ans dans une semaine, connaît la consécration, a déjà enfilé 12 pions aux défenses adverses et, comme deuxième attaquant anglais au classement des buteurs derrière Wayne Rooney, se voit déjà propulsé en sélection.... Mais non, Holt ne devrait pas faire partie du voyage en Pologne et Ukraine cet été. Trop lent, trop vieux, trop atypique. Trop gros, surtout. Son poids a toujours fait débat. Au point que ses propres supporters ont même pris l'habitude de chanter une chanson en l'honneur du " fat bastard " à chaque fois qu'il met le feu au terrain. Holt, lui, en joue, n'ayant pas hésité à dévoiler son ventre après un but, prouvant qu'il n'était finalement pas si gros que cela. Holt, c'est donc une sorte de miracle à l'anglaise. Comme quoi, dans un championnat loué pour son professionnalisme, le hasard peut encore faire bien les choses. La récompense du travail ? Certainement. Celle de la fidélité ? Oh que non. En douze ans de carrière, Holt a déjà bien bourlingué : 11 clubs avant d'aboutir à Norwich en 2009. Avec des anecdotes cocasses à la clé. Formé à Carlisle United, Holt est recalé à 18 ans et doit se recaser quelques kilomètres plus loin à Workington, un club amateur du comté de Cumbrie, au Nord-Ouest de l'Angleterre. Pour lui, c'est le début d'un tour d'Angleterre des divisions inférieures. Deux ans à Halifax (D5), un an à Barrow (Foot amateur), Sheffield Wednesday (alors en D2), Rochdale (D4). Pendant sept ans, sa vie se résume à un football plus proche du foot du dimanche que du monde professionnel. A Barrow, il arrondit même ses fins de mois en rejoignant ses amis sur un chantier naval, lui qui avait débuté sa carrière comme monteur de pneus. " Avoir un boulot normal et ne pas gagner beaucoup d'argent m'a mis sur le bon chemin. Il m'arrivait de me lever à 5 h 30 pour aller travailler et de finir à 15 h avant de filer à l'entraînement. " C'est également le temps de l'espoir et des essais. " En 2001, je suis parti faire un test à Exeter. J'ai conduit pendant 5 heures, j'ai joué une rencontre, j'ai fait le voyage retour pour me retrouver chez moi aux petites heures du matin. Deux heures plus tard, j'apprenais que le manager venait d'être viré. "Mais sa carrière footballistique ne s'est pas résumée à un tour des petits clubs. Holt, c'est également un certain goût de l'aventure avec des prêts de trois mois dans le championnat australien, à Perth et une autre pige à Singapour. Mais le mal du pays se fait sentir et Holt revient dans sa Cumbrie natale. La roue allait finir cependant par tourner lorsqu'en 2006, Nottingham Forrest, alors en D3, décide de l'attirer. Là, il explose lors de sa première saison, se faisant même élire par les supporters joueur de la saison mais son entente avec le manager Colin Calderwood est loin d'être optimale. C'est la rechute et le retour aux petits clubs : prêt à Blackpool, rebond à Shrewsbury (D4) en 2008. Pas du lourd à première vue. Mais suffisant pour planter 20 buts et attirer l'attention de Norwich, alors en League One (D3). Pour lui, c'est le début d'une formidable aventure. Entre 2009 et 2012, Holt va servir de point d'appui lors des deux promotions d'affilée des Canaris. Les buts s'enfilent (63 en trois ans), et sa carrière s'envole. Holt réussit la gageure d'être nommé trois ans d'affilée dans l'équipe-type de la division dans laquelle il évolue ( League Two avec Shrewsbury, League One et Championship avec Norwich). Pas mal pour un joueur laborieux ! Mais sa principale satisfaction sera finalement de s'être imposé en Premier League, lui dont on disait que le style pouvait certes convenir aux combats physiques des divisions inférieures mais certainement pas à la vitesse ni à la technique requise pour évoluer en PL. Ceux-là doivent revoir leur jugement après avoir constaté que Holt avait marqué 12 buts contre des adversaires aussi prestigieux que Manchester United, Chelsea, Liverpool ou Everton. PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTO: IMAGEGLOBE" Tout en jouant, il travaillait sur un chantier naval de 6 à 15h !"