Le gardien Barry Boubacar Copa (26 ans) et le médian Abdoulaye Djire Junior (24 ans) ne doivent pas fouiller leur mémoire pour se souvenir de leur première rencontre : " C'était à l'Académie de Jean-Marc Guillou ", répondent-ils en ch£ur. " Dans le rectangle d'un terrain de foot ".
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Le gardien Barry Boubacar Copa (26 ans) et le médian Abdoulaye Djire Junior (24 ans) ne doivent pas fouiller leur mémoire pour se souvenir de leur première rencontre : " C'était à l'Académie de Jean-Marc Guillou ", répondent-ils en ch£ur. " Dans le rectangle d'un terrain de foot ". Ils s'observaient, Copa de la ligne de but, Junior se demandant quel côté du but il allait choisir. Entre eux, le ballon, au point de penalty. Si Copa préservait ses filets, il était admis à l'Académie. Sinon, il était recalé. Le gardien de but rigole : " Finalement, si je suis ici, c'est grâce à Junior "... Quelques années plus tard, ils ont entamé une nouvelle phase de leur carrière, direction Beveren. Ils s'y plaisent. " Je déteste quand même la froidure belge ", râle Junior. " Et cette neige, putain ! " Durant le premier tour, le moteur beverenois a connu quelques ratés et la température n'est pas la seule responsable de cette irrégularité. Junior : Pas moi, en tout cas. Nous pouvons mieux. Nous devons être plus conscients de notre talent. Nous ne sommes pas à notre place. Je nous situerais plutôt aux alentours de la cinquième position. Copa : En effet. Nous méritons mieux. Nous n'avons pas été servis par la chance en début de saison. Nous avons raté notre départ, et ensuite, nous avons eu quelques contrecoups. Nous avons perdu plusieurs matches par un but d'écart. Junior : Il n'y a pas de cause. L'essentiel est de travailler d'arrache-pied pour atteindre la place que nous méritons. Copa : Avez-vous vu notre match contre le Standard ? Si nous abordions chaque adversaire avec une mentalité semblable, nous serions déjà nettement plus loin. Copa : On ne peut pas tout avoir dans la vie. L'être humain n'est pas parfait. Junior : Nous devons être plus sérieux, plus sévères, plus ambitieux et ne pas avoir la tête ailleurs, surtout à l'entraînement. Il faut travailler et souffrir. Copa : Dès le début, nous avons beaucoup travaillé. Il faut continuer sur cette lancée, et alors, tout rentrera dans l'ordre. Nous manquons de régularité. Le groupe n'est pas assez mûr. Il y a beaucoup de joueurs de 18 ou 19 ans. Ce sont encore des footballeurs très verts. Copa : S'il estime devoir le faire, il s'exécutera. Nous n'avons rien à dire, nous ne sommes que des employés. Notre travail est sur le terrain. Nous ne pouvons que travailler pour atteindre notre objectif, le Top 5. Copa : En effet. Je pense que le club manquait d'ambition mais le niveau de jeu a changé. Nous avons effectué des progrès techniques et physiques, même durant ces derniers mois. De mon but, j'ai relevé des évolutions énormes sur le plan défensif. Copa : Il est terriblement important pour l'image de notre pays. Quand on parle de la Côte d'Ivoire, les gens pensent aux armes. La guerre civile a donné une mauvaise image à notre pays. Nous essayons de la corriger par nos résultats en football. Parfois, des gens disent que le foot, c'est la troisième guerre mondiale, mais je pense qu'il peut contribuer à la paix dans le monde. Junior : Je le crois aussi. Nous devions à tout prix nous qualifier pour ramener un peu de calme. Nous l'avons fait. Cela apporte de la joie aux gens et les aide à oublier un peu la guerre. Copa : Participer à la Coupe du Monde nous offre une vitrine internationale. Nous pouvons montrer au monde entier que notre pays produit des footballeurs de qualité. La fête qui a suivi notre qualification était magnifique. Je n'avais jamais vu ça. Je ne l'oublierai jamais. Elle était d'autant plus belle que nous n'espérions plus nous qualifier. Copa : En Afrique, le football reste amateur alors que l'Europe est professionnelle. Au fil des années, de plus en plus de joueurs ont émigré de Côte d'Ivoire vers l'Europe, en Belgique, en Suisse, en France, etc. Ces joueurs ont réussi à prouver ce dont ils étaient capables. Cela porte ses fruits : confrontés à un niveau supérieur en Europe, ils ont entraîné l'équipe nationale dans leur sillage. Je ne serais pas surpris que le football africain progresse encore à l'avenir, de cette façon. Il y a eu un déclic et la Côte d'Ivoire sera présente aux prochains rendez-vous également. Junior : Le niveau est comparable mais je rencontre plus de problèmes ici qu'en équipe nationale. La pression est supérieure à Beveren. C'est mon employeur, il me paie. Je me suis engagé. Copa : La pression existe partout. Mes prestations sont liées sur les deux fronts. Si je joue mal à Beveren, ce sera pareil en équipe nationale. J'essaie de convertir mes expériences positives à Beveren en performances en équipe nationale mais le club reste l'essentiel. Junior : Nous avons eu besoin de Beveren pour entrer en ligne de compte en équipe nationale. Copa : Beveren nous a permis de jouer pour la Côte d'Ivoire, c'est vrai. Cette équipe nous offre la chance de prouver notre valeur, y compris à la télévision. Elle accroît la probabilité que le sélectionneur nous reprenne. Copa : Je reste sur une année difficile. Des problèmes mentaux ? Non. D'où tenez-vous ça ? Des blessures et des maladies m'ont mis sur la touche. Heureusement, mon remplaçant, Mark Volders - NDLA : entre-temps parti à RBC, en Hollande - a bien fait son travail, sans quoi nous serions peut-être en D2. Je veux oublier cette mauvaise année. Je me sens de mieux en mieux mais je ne suis pas encore à 100 %. Je suis quand même satisfait de mes matches, même si je peux mieux. Je veux donner le meilleur de moi-même pour que l'équipe et les supporters soient fiers de moi. J'essaie de transmettre mon expérience à l'équipe. Beveren est toute ma vie. Je cultive aussi l'ambition de figurer parmi les cinq meilleurs gardiens de Belgique. Junior : Moi, je suis bien dans ma tête, ce qui n'était pas le cas auparavant. Ces dernières années, il m'a été difficile de rester sur le droit chemin. Je n'en dirai pas plus. Je me sens très bien maintenant. J'essaie d'être régulier. Ce n'est pas encore super mais c'est convenable. Cela ne me suffit pas, pourtant. J'ai encore du pain sur la planche, notamment sur le plan défensif et en endurance. J'essaie de progresser dans mon jeu de position et la récupération du ballon. Si je reste concentré et que je travaille sérieusement, je progresserai. Je fais de mon mieux. Copa : C'est un très bon technicien. Dommage que les résultats ne le reflètent pas mais nous finirons par faire oublier ces mauvais matches. Junior : C'est un entraîneur formidable sur le plan technique. Copa : Il peut nous apprendre beaucoup. Vincent Dufour va faire ses preuves. Si ce n'est pas à Beveren, ce sera ailleurs. On peut toujours discuter avec lui de la meilleure solution. Il sait écouter et est très compréhensif. Junior : C'est vrai. Il parle beaucoup avec nous et nous comprend. Copa : Quand l'un de nous a des problèmes, il prend vraiment le temps de l'écouter. Junior : Je ne connais aucun autre entraîneur qui se comporte ainsi. Il est comme un père pour nous. Junior : Pas de problème. Peu importe qui joue. L'essentiel est d'obtenir de bons résultats. Copa : L'entraîneur aligne son meilleur 11 afin que Beveren soit le mieux classé possible. Il n'opère pas de distinction de race ni de nationalité. Quelle importance si des Belges, des Ivoiriens, des Sénégalais ou des Italiens sont alignés ? Cela ne joue aucun rôle. Junior : Nous essayons de nous concentrer sur notre jeu. Copa : Voilà. Mon boulot, c'est de défendre le but de Beveren. Les problèmes administratifs, les histoires de managers et de présidents ne nous concernent pas. À chacun son job. Junior : La collaboration avec Guillou nous passe au-dessus de la tête. Nous avons un contrat avec Beveren. C'est ça qui compte. Nous ne savons pas ce qui se passe à l'étage supérieur ni si ce qu'on raconte est vrai. Ce n'est pas notre problème. KRISTOF DE RYCK