En 2002, une carte jaune fatale, en demi-finales, l'avait privé de la finale. Et cette année, il a entamé ce tournoi comme il a achevé le précédent : sur le banc. Mais cette fois, relevant de blessure, il était ménagé, contre son gré, par Jürgen Klinsmann. Michael Ballack n'a pas apprécié : le capitaine de la Mannschaft a vécu un début de Coupe du Monde agité. Il n'a pas hésité à critiquer publiquement la tactique du sélectionneur, l'appelant à plus de prudence. De tels propos ont coûté leur place (voire leur sélection) à d'autres mais Ballack est incontournable en équipe nationale.
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En 2002, une carte jaune fatale, en demi-finales, l'avait privé de la finale. Et cette année, il a entamé ce tournoi comme il a achevé le précédent : sur le banc. Mais cette fois, relevant de blessure, il était ménagé, contre son gré, par Jürgen Klinsmann. Michael Ballack n'a pas apprécié : le capitaine de la Mannschaft a vécu un début de Coupe du Monde agité. Il n'a pas hésité à critiquer publiquement la tactique du sélectionneur, l'appelant à plus de prudence. De tels propos ont coûté leur place (voire leur sélection) à d'autres mais Ballack est incontournable en équipe nationale. On sait que le médian manie aisément le sarcasme. Depuis l'annonce de son départ du Bayern, joueur et club se sont livrés à une guerre des mots, pimentée du courroux des supporters déçus. Il s'est défendu avec la même détermination froide que sur le terrain. Cet enfant de Chemnitz, dans l'ancienne Allemagne de l'Est, s'est établi au bord du lac de Starnberg, prisé de l'establishment. Il est un des rares ex-footballeurs de l'Est à avoir accédé à pareille popularité. Pourtant, jamais il ne s'est vraiment imposé au Bayern, qui lui reproche d'être froid, distant, taiseux. " Peut-être suis-je renfermé mais n'y a-t-il pas assez d'extravertis au Bayern ? " Il regrette les sorties communes à Chemnitz et dans une moindre mesure avec Kaiserslautern et Leverkusen, dont les dirigeants lui ont donné une chaleureuse accolade lorsqu'il a rejoint le Bayern. A Munich, son départ ne lui a valu que critiques, sans le moindre remerciement pour quatre années réussies. " Disons que c'est un grand club mais un grand club spécial, doté de ses propres lois. Lesquelles ? Il faut les vivre de l'intérieur ". Contrairement à Oliver Kahn ou Mehmet Scholl, il n'a donc pas prêté v£u de fidélité au Bayern. Dès avril, celui-ci a su que son médian avait signé un plantureux contrat à Chelsea. Ballack : " Nous avions convenu de ne rien annoncer à la presse avant le terme du championnat mais le Bayern était au courant. Il ne peut me reprocher d'avoir levé le pied. Jusqu'au bout, je me suis livré sans réticence. Je suis parti pour l'argent ? Willy Sagnol, pour ne citer que lui, a déclaré : - Je ne veux pas plus d'argent, j'en veux beaucoup plus. Pourtant, nul n'a fustigé ses propos. Formulons les choses ainsi : je gagnais très bien ma vie au Bayern et je la gagnerai encore un peu mieux à Londres mais j'étais surtout à la recherche d'un défi. Je vais découvrir un autre football alors que je savais pertinemment comment allait se dérouler la saison prochaine à Munich ". Longtemps, son club s'est plaint qu'il ne soit pas un véritable meneur de jeu : " On visionne quand même un joueur avant de le transférer ? Le vrai meneur porte désormais le numéro six. Le dix est marqué à la culotte. Il doit amorcer une attaque, rejoindre les avants, marquer. J'ai souvent insisté, en vain, pour être soutenu par un médian offensif ". Le jeu de l'équipe nationale est davantage axé sur celui de son capitaine. Il est un des meilleurs médians offensifs du monde, le footballeur le plus talentueux de la Mannschaft. Dans les matches difficiles, toute l'Allemagne a les yeux rivés sur lui, dans l'espoir qu'il décadenasse le jeu d'une action individuelle. Son importance lui insuffle davantage de confiance qu'elle ne le stresse. Il l'a prouvé en s'inquiétant ouvertement des manquements de la défense : " J'ai connu de nombreux talents, en catégories d'âge, qui n'ont pu émerger parce qu'il leur manquait quelque chose. Il faut certainement pouvoir gérer la pression pour réussir. Les critiques ne me plaisent pas mais je vis avec ". Une chose est sûre : il avait soigneusement préparé ce rendez-vous historique et ne se ménagea pas. Rentrant sa colère sur le banc lors du match d'ouverture contre le Costa Rica, Ballack montra sa faim de gagner. Celui à qui on avait parfois reproché de sombrer avec l'équipe dans les moins bons moments était prêt comme jamais. ESM