" J'ai eu la chance de jouer plusieurs fois contre un des meilleurs arrières gauches européens : Giacinto Facchetti, cette légende de l'Inter. A la fin des années 50, tout comme le club milanais, Anderlecht participait régulièrement au célèbre tournoi des Espoirs de Genève. Les Mauves l'ont gagné au moins une fois et je me souviens avoir échangé quelques mots avec Facchetti après la remise des prix. Il n'allait pas tarder à s'installer dans l'équipe mise au point par Helenio Herrera. Ancien attaquant,...

" J'ai eu la chance de jouer plusieurs fois contre un des meilleurs arrières gauches européens : Giacinto Facchetti, cette légende de l'Inter. A la fin des années 50, tout comme le club milanais, Anderlecht participait régulièrement au célèbre tournoi des Espoirs de Genève. Les Mauves l'ont gagné au moins une fois et je me souviens avoir échangé quelques mots avec Facchetti après la remise des prix. Il n'allait pas tarder à s'installer dans l'équipe mise au point par Helenio Herrera. Ancien attaquant, Facchetti fit merveille. Ce gentleman se distinguait par sa taille, sa prestance, son boulot mais aussi par ses montées dans le camp adverse. C'était une star qui aurait pu défiler sans problème pour Armani tant son élégance sautait aux yeux. En 1970, Anderlecht a affronté l'Inter en demi-finale de la Coupe des Villes de Foire. Il y avait du beau monde dans l'équipe italienne le 1er avril au Parc Astrid : Facchetti, Tarcisio Burgnich, Mario Corso, Mario Bertini, Luis Suarez, Sandro Mazzola, Roberto Boninsegna. L'Inter marqua le seul but à la 48e minute par Boninsegna. Au retour, Facchetti n'était pas là et Pummy Bergholtz, en grande forme, passa deux fois sur la gauche : 0-2, qualification pour la finale. C'était un gros événement, une première pour un club belge. Je me souviens de deux autres matches contre Facchetti. L'Italie avait disputé la finale de la Coupe du Monde 1970 (battue 4-1 par le Brésil de Pelé) et était notre dernier adversaire sur le chemin de la phase finale de l'Euro 72. A San Siro, les Diables Rouges ont bien résisté à la Squadra Azzurra (0-0). Le retour, à Anderlecht, tourna à notre avantage (2-1) avec des buts de Wilfried Van Moer et Paul Van Himst. Facchetti était le capitaine de l'équipe nationale italienne et un des rares joueurs italiens à ne pas être sifflé lorsqu'il évolue à l'extérieur. Il a passé toute sa carrière à l'Inter dont il fut le vice-président et même le président à partir de 2004. Hélas, le 19e président de l'Inter est décédé le 4 septembre 2006 à 64 ans d'un cancer du pancréas. Deux jours plus tard, le coup d'envoi de France-Italie fut précédé d'une minute de silence. En signe d'hommage, plus personne ne porte le maillot numéro 3 à l'Inter... Il m'est aussi arrivé de le voir plusieurs fois lors des grandes foires internationales que je fréquentais pour mon magasin de sports. Facchetti représentait l'une ou l'autre grande marque. Et, à chaque fois, nous échangions quelques idées sur l'évolution du jeu. Il éprouvait une grande estime à l'égard du football belge et se souvenait parfaitement des matches contre Anderlecht et les Diables. Facchetti, c'était la classe naturelle et un grand ambassadeur de notre sport. "PIERRE BILIC