Le coach Fernando Santos

né le 10 octobre 1954
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né le 10 octobre 1954 Quand il raccroche à 33 ans les crampons d'une modeste carrière d'arrière gauche, Fernando Santos sait que le meilleur reste à venir. Surnommé l'Ingénieur depuis un diplôme obtenu à Lisbonne en parallèle de ses débuts professionnels, le Portugais est très vite prêt à faire fonctionner ses méninges depuis le banc de touche. Sa deuxième carrière commence là où s'arrête la première, à Estoril, et met une petite dizaine d'années à atteindre son premier sommet dans le costume de coach du FC Porto. Champion du Portugal, double vainqueur de la Coupe et quart de finaliste de la Ligue des Champions, le Lisboète enchaîne avec un premier voyage vers une Grèce qui deviendra sa deuxième patrie. Entraîneur de l'AEK, puis du Panathinaïkos, il multiplie une décennie durant les allées et venues entre les dug-outs grecs et portugais, s'offrant au passage le luxe de rejoindre le club très restreint des hommes ayant dirigé les trois grands clubs lusitaniens. Alors que son pays natal se cherche un nouveau souffle malgré un Cristiano Ronaldo qui approche du sommet de son art, c'est pourtant la Grèce qui lui confie les rênes de sa sélection. Toujours pas remis de leur sacre de 2004, les Hellènes n'ont plus franchi une phase de poules de grand tournoi depuis lors, et Santos inverse le cours de l'histoire en enchaînant un quart de finale à l'EURO 2012 et un huitième au Mondial brésilien. Suffisant pour refaire l'éternel voyage une dernière fois, et prendre place sur le banc de la Seleção. En France, avec un style de jeu négatif mais efficace, il mène son Portugal vers le premier sacre de son histoire. Avec plus de grands joueurs, mais pas spécialement plus de jeu, le voilà désormais armé pour viser un incroyable doublé. " Fernando Santos a fait un excellent boulot avec l'équipe nationale, pas seulement avec les titres qu'il a déjà remportés. Mais il faut souligner que les dernières générations de joueurs produites font partie des meilleures de l'histoire du Portugal. Nous avons la capacité d'avoir deux onze différents et de rester compétitifs contre n'importe quelle équipe. Si Santos fait les bons choix et que l'équipe est dans un bon état d'esprit, nous irons loin à l'EURO. Lorsque nous remontons dans les années, le Portugal s'apparentait à quelques grands noms comme Cristiano Ronaldo, Luís Figo ou Rui Costa. Maintenant, les 26 joueurs sélectionnés prestent pour les meilleurs clubs d'Europe, et à un très haut niveau: André Silva est dans la forme de sa carrière, Palhinha n'est pas reconnu mondialement, mais pourrait en épater plus d'un. Je pourrais encore citer Rúben Dias, Jota ou Fernandes, mais je ne veux pas fixer un nom en particulier. Bien entendu, Ronaldo c'est comme le GOAT chez nous. Quand tu crois qu'il en a eu assez, il ramène un nouveau record. Nous sommes l'un des favoris de ce tournoi. Mais ne parlons pas de stars, il faudra voir une équipe unie, avec des joueurs qui prestent comme ils ont su le faire toute cette saison en club." Il y avait déjà eu John Stones. Puis Aymeric Laporte. Et enfin, l'été dernier, Nathan Aké. Au total, 166 millions d'euros dépensés par Pep Guardiola dans sa quête du défenseur central idéal pour ses Citizens. Malgré tout, les Skyblues ont encore mis la main au portefeuille pour attirer Rúben Dias, contre 68 millions. Tout ça pour quelqu'un dont on dit désormais qu'il n'était pas, à l'époque, le premier choix des décideurs mancuniens. Quelques mois plus tard, le Portugais est devenu le patron de la défense des champions d'Angleterre, et l'une des raisons majeures de la première finale de Ligue des Champions disputée par Guardiola depuis dix ans. Recruté par Benfica dès ses onze ans, Dias fait ses débuts lors de la saison 2017-2018, qu'il conclut avec le trophée de meilleur jeune joueur. Déjà, il impressionne par sa puissance dans les duels, son calme avec le ballon et sa gestion exceptionnelle de l'espace. La croissance, déjà récompensée par une présence dans les 23 de Fernando Santos pour le Mondial russe, se poursuit en club, mais aussi avec la Seleção dont il devient un titulaire lors de la phase finale de la Ligue des Nations, premier trophée international de sa jeune carrière. Très vite associé à Stones dans la charnière centrale de City, Dias conclut la saison dans la peau de l'un des meilleurs défenseurs centraux du monde. Un statut à confirmer cet été sur les pelouses européennes. Champion d'Europe en titre, le Portugal avait réussi un exploit hors normes en 2016, parvenant au bout de la compétition française en ne remportant qu'un seul de ses sept matches dans le temps réglementaire avec trois nuls en poules, deux victoires après prolongations et une aux tirs au but sur le chemin du sacre. Considérés comme l'un des principaux favoris à la victoire finale cet été, les Portugais pourraient réaliser un doublé presque inédit. En un peu plus de soixante ans d'histoire, seul le voisin espagnol est parvenu à prolonger son sacre européen (2008 et 2012). Resterait encore le record de la RFA, trois fois finaliste de suite entre 72 et 80. Lors de la finale de l'EURO 2016, le Portugal est parvenu à battre deux records d'un coup. Alors âgé de 18 ans et presque onze mois, Renato Sanches devient le plus jeune joueur à remporter la compétition. À l'autre bout de la pyramide des âges, Ricardo Carvalho et ses 38 ans, un mois et 22 jours grattent le record du lauréat le plus vieux. L'abondance de biens de Santos est bien plus frappante qu'en 2016, grâce à l'émergence d'une nouvelle génération prometteuse. Devant l'éternel Patricio, le taulier de City Dias s'installe en charnière aux côtés de Pepe ou de Fonte, alors que les excellents Guerreiro et Cancelo se chargent de couloirs défensifs. L'organisation lusitanienne est complétée par un 6 sentinelle, poste où Danilo semble avoir le dessus sur Carvalho. La suite, c'est un arsenal offensif impressionnant. Star de United, Fernandes est intouchable, et peut-être accompagné au coeur du jeu par Moutinho, Sanches ou Neves. Devant, Ronaldo est évidemment la star d'une équipe qui peut également compter sur Bernardo, Félix, Jota ou André Silva, tous capables de faire basculer un match en un coup de génie et de servir CR7 sur un plateau.