Le coach Marco Rossi (ITA)

Né le 9 septembre 1964
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Né le 9 septembre 1964 La délivrance est à la hauteur de l'heure et demie de torture. Testé positif au Covid à la veille du barrage décisif pour la qualification contre l'Islande, c'est loin de son banc de touche que Marco Rossi doit vivre le match de ses couleurs, menées 0-1 avant de finalement renverser la rencontre via Loïc Nego et Dominik Szoboszlai. Une consécration vécue en solitaire pour un coach dont la Hongrie est, presque par hasard, devenue la patrie d'adoption. Modeste défenseur italien, dont le plus haut fait d'armes est une pige de cinq ans à Brescia avec une montée en Serie A au début des nineties, Rossi vit ses premières aventures étrangères sous le maillot de l'América (Mexique) et de Francfort, mais revient ensuite dans la Botte pour conclure son parcours de joueur et entamer celui d'entraîneur. De l'autre côté de la ligne blanche, sa carrière italienne ne prend pas la même ampleur, se passant essentiellement en Serie C. Viré de la Cavese en 2011, il pense à mettre son histoire d'amour avec le ballon rond entre parenthèses jusqu'à ce qu'un voyage chez un ami en Hongrie l'amène à rencontrer le directeur sportif de l'Honved, club historique de Budapest. Troisième en 2013, licencié un an plus tard, puis de retour au début de l'année 2015 pour conduire le club au titre de champion en 2017, il franchit la frontière pour tenter sa chance dans le plus renommé championnat slovaque avant de revenir en Hongrie un an plus tard, avec une troisième place en poche. Contacté pour reprendre la sélection, avec la mission de l'envoyer à l'EURO 2020, Marco Rossi accomplit sa tâche via la Ligue des Nations, et fait enfin parler de lui sur sa terre natale, là où plus personne ne voulait vraiment de lui avant son envol pour la Hongrie. "L'équipe tourne super bien depuis l'arrivée de Marco Rossi. Il a gagné le championnat hongrois, il connaît parfaitement le pays, les joueurs, et sait comment leur parler. Il a une méthode différente de ses prédécesseurs, mais il a construit un super groupe. La force de cette équipe, c'est vraiment son collectif, des gars qui ont faim de victoire, avec un 3-5-2 bien organisé. Et puis, il y a des joueurs de talent. On connaît Gulacsi et Szoboszlai qui jouent à Leipzig et il y a aussi Orban. Je le vois comme une révélation de la compétition. Il a stabilisé la défense, c'est un joueur à part. La star attendue, ça devrait être Szoboszlai mais je pense qu'en revenant de blessure, il sera trop juste pour faire un EURO au top. On aura l'avantage de jouer chez nous à Budapest, dans un stade bien rempli grâce aux avancées de la vaccination. Ce ne sera pas du luxe, vu nos adversaires dans le groupe. Mais on pourra jouer sans pression, avec une jeune équipe. Au niveau des qualités individuelles, techniques et tactiques, les trois adversaires sont plus forts que nous. Mais dans le football, tout est possible. Rien n'empêche de rêver d'une nouvelle qualification inattendue pour les huitièmes, comme en 2016." Comme s'il avait encore eu besoin de ça pour conquérir les coeurs, Dominik Szoboszlai a griffé la qualification hongroise pour le grand rendez-vous continental de son pied droit. À deux minutes du terme de ce barrage à couper le souffle contre l'Islande, le maestro magyar traverse le terrain ballon au pied et conclut sa promenade d'une frappe sèche qui fait trembler les filets et envoie la Hongrie disputer son deuxième EURO consécutif, cinq ans après son huitième perdu face à la Belgique. Szoboszlai, c'est d'abord un coup de patte, doublé d'une vista hors du commun. Les qualités d'un numéro 10 à l'ancienne, couplées à l'énergie exigée par le football vertical de cette école Red Bull dont il est l'un des derniers joyaux en date. Arrivé à l'académie de Salzbourg à 17 ans, avant même ses débuts chez les pros en provenance de l'académie hongroise de Videoton, Dominik passe par tous les étages de la fusée: dix buts et sept assists avec Liefering (D2 autrichienne), un pied dans 61 buts en un peu plus de 80 apparitions à Salzbourg, puis un transfert l'hiver dernier à Leipzig, club dont il n'a pas encore pu porter le maillot à cause d'une blessure. Suspendue au verdict médical, toute la Hongrie retient son souffle en espérant ne pas devoir se passer de son patron pour affronter le groupe de la mort. Parce que pour réussir un miracle, l'aide d'un magicien n'est jamais superflue. Seulement quatrième de son groupe qualificatif pour l'EURO, devancée par la Croatie, le pays de Galles et la Slovaquie, la Hongrie a décroché son billet pour le rendez-vous européen grâce à la Ligue des Nations et via les barrages, où elle s'est débarrassée facilement de la Bulgarie avant de renverser l'Islande. Si le nom du sélectionneur actuel ne vous dit probablement rien, certains de ses prédécesseurs ont marqué la Pro League. Bernd Storck (ex-Mouscron et Cercle) était le capitaine du navire magyar à l'EURO 2016 et Georges Leekens a brièvement dirigé la sélection début 2018, pour quatre matches amicaux sans la moindre victoire à la clé. Pour sa quatrième participation à une phase finale d'EURO, la Hongrie tentera de faire honneur à sa réputation sur le championnat d'Europe: médaillée de bronze en 1964 et demi-finaliste en 1972, elle a franchi la phase de poules en 2016 pour prouver qu'elle ne s'arrête jamais au premier tour quand elle parvient à se qualifier. Dessiné en 3-4-1-2, un système parfait pour mettre en évidence les qualités d'un meneur de jeu, l'équipe hongroise s'articule autour de son leader, l'époustouflant Szoboszlai, capable de faire la différence à tout moment. Le joueur de Leipzig est le point culminant d'une colonne vertébrale conçue autour des joueurs du club Red Bull, avec Gulacsi entre les perches et Orban au coeur de la défense à trois, complétée par Botka et Attila Szalai. Pour le reste, le talent se trouve essentiellement devant, même si on signalera encore l'aisance avec le cuir et l'excellent placement de Nagy, révélé lors de l'EURO 2016. Le vétéran Ádám Szalai est toujours redoutable, et il ne faudra pas le confondre avec son homophone Sallai, jeune élément offensif prometteur qui complète le duo d'attaquants mis en place par Rossi.