A défaut d'avoir ramené au bercail Cédric Roussel, l'objet de toute sa sollicitude récente, Dominique Leone n'est toutefois pas revenu les mains vides de son déplacement à Genk, la semaine passée. Le président de l'Albert a profité de sa rencontre avec son alter ego du Racing, Jos Vaessen, pour s'assurer les services du flanc gauche local, Marco Ingrao, qui fêtera seulement ses 22 ans le 26 juillet prochain.
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A défaut d'avoir ramené au bercail Cédric Roussel, l'objet de toute sa sollicitude récente, Dominique Leone n'est toutefois pas revenu les mains vides de son déplacement à Genk, la semaine passée. Le président de l'Albert a profité de sa rencontre avec son alter ego du Racing, Jos Vaessen, pour s'assurer les services du flanc gauche local, Marco Ingrao, qui fêtera seulement ses 22 ans le 26 juillet prochain. L'homme fort des Dragons n'en était pas à sa toute première tentative de débauchage du footballeur belgo-italien. En janvier dernier, à la faveur du mercato, l'intéressé avait déjà fait l'objet d'un appel du pied. A l'époque, le président montois s'était cependant vu opposer une fin de non-recevoir ferme de la part du club limbourgeois. Privée de son back marocain Akram Roumani, réquisitionné par son pays dans l'optique de la phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations, la direction des Bleu et Blanc n'entendait tout bonnement pas se séparer de celui qui faisait figure de remplaçant attitré à ce poste. Six mois plus tard, la situation n'était plus tout à fait semblable. Compte tenu de la bonne tenue de l'Islandais Indridi Sigurdsson sur la même portion du terrain, les anciens champions de Belgique avaient une solution de rechange plus que valable au cas où l'un des deux titulaires habituels sur l'aile û Akram Roumani et Koen Daerden û venait à manquer à l'appel. D'autre part, il était désormais acquis aussi que Marco Ingrao, sous contrat jusqu'au 30 juin 2005 au stade du Phénix, n'allait pas rempiler. Déçu de ne pas avoir fait son trou de manière définitive dans un cadre où il évoluait depuis quatre ans, le Diablotin ne voulait pas courir le risque de devenir un super sub ad vitam aeternam. Aussi, si les Racingmen souhaitaient monnayer son talent, ils devaient absolument s'y résoudre cet été. Dès lors, un terrain d'entente fut rapidement trouvé entre les trois parties, puisqu'en l'espace de trois petites heures à peine, le mardi 6 juillet, l'affaire trouva un épilogue. " En tout début d'année, j'avais déjà caressé l'espoir de rallier le stade Tondreau ", observe Marco Ingrao. " Mais je comprenais les réticences des dirigeants suite à l'implication d'Akram Roumani à la CAN. Avec le recul, il faut même avouer qu'ils se montrèrent plutôt bien inspirés en la matière, puisque le joueur revint blessé du rendez-vous tunisien. Vu son absence contrainte et forcée, j'ai eu droit à pas mal de temps de jeu finalement. Au total, j'ai quand même été aligné à 21 reprises. Ce qui n'est pas négligeable pour quelqu'un comme moi qui, en quatre campagnes, ne comptait jusque-là que 23 apparitions en équipe fanion. J'espérais avoir marqué des points précieux, susceptibles de reconsidérer mon statut de réserviste de luxe. Mais dès l'entame de la préparation à l'exercice 2004-05, j'ai bien vite compris que rien n'avait fondamentalement changé. En dépit d'un changement d'entraîneur, René Vandereycken ayant relayé Sef Vergoossen, j'en étais toujours au même point. En Coupe Intertoto, Daerden et Sigurdsson eurent une nouvelle fois les faveurs du coach. Moi-même, je ne fus pas invité à m'illustrer une seule minute face aux Bulgares. Dans ces conditions, il était évidemment exclu que je m'éternise au Racing ". " Pour autant, je ne regrette nullement toutes ces années passées chez les Bleu et Blanc ", renchérit Ingrao. " Je saurai toujours gré à Genk de m'avoir donné la chance de me révéler au grand public sous ses couleurs. A mon arrivée, à 17 ans, j'étais franchement un joueur uniforme. Attaquer, je n'avais que cette idée-là en tête. Sous la houlette de Vergoossen, je suis devenu, à coup sûr, un élément beaucoup plus complet et polyvalent. A présent, je peux me tirer d'affaire à n'importe quelle place dans le couloir gauche : ailier, milieu, back : je m'y suis signalé partout avec bonheur. Mon seul regret est de ne pas avoir pu jouer davantage dans un registre offensif. L'entraîneur néerlandais voyait en moi un arrière, essentiellement, alors que j'ai toujours eu le sentiment d'être nettement plus performant dans une position plus avancée. C'est d'ailleurs comme médian offensif que j'ai livré, durant le championnat écoulé, ma meilleure prestation sous le maillot du club limbourgeois. C'était au Lierse. Nous étions menés 3-1 quand Vergoossen nous lança dans la bataille, Thomas Chatelle et moi. En deux temps trois mouvements, nous avions d'abord égalisé avant que Tom ne m'offre la balle du 3-4. Cette reprise de volée-là, qui laissa le gardien Yves Van der Straeten complètement pantois, je m'en souviendrai toute ma vie. Il est simplement dommage que je n'aie pas été utilisé plus souvent dans un rôle similaire. Sans quoi ma production ne se serait probablement pas limitée à un seul but. A Mons, tout porte à croire que je pourrai m'exprimer dans un registre plus offensif. Aux dires du président Dominique Leone, le coach, Sergio Brio, aimerait adopter un 5-3-2 ou un 3-5-2 en fonction des circonstances. Et il voit en moi, précisément, celui qui est capable d'arpenter tout le flanc. Je ne cache pas qu'une telle perspective m'enchante. Car je pense avoir à la fois le souffle et les qualités requises pour me tirer d'affaire dans cette attribution. Je suis flatté aussi que l'ex-joueur de la Juventus m'ait voulu par-dessus tout. Pour lui, je constituais la priorité absolue sur le flanc gauche. La preuve : je suis, actuellement, le premier achat de Mons. La direction a, certes, déjà engagé d'autres éléments. Mais il en allait là, invariablement, de joueurs en fin de contrat. Il n'en fut pas de même avec moi, puisqu'un montant de transfert a bel et bien été acquitté en échange de mes services. C'est assez dire si l'on tient manifestement à moi chez les Dragons ". Il n'est d'ailleurs pas interdit de penser que, dans la foulée, l'Albert consentira bientôt un débours plus conséquent encore pour attirer au stade Tondreau un autre élément qui n'y laisse personne indifférent : Cédric Roussel, meilleur buteur maison à la rue du Tir en 2002-03 avant son passage, la saison passée, dans les rangs des Racingmen. C'est d'ailleurs à son instigation, ainsi que sur les conseils d'un autre footballeur qui a connu les deux clubs, Mohamet Yoldas, qu' Ingrao s'est empressé d'accepter l'offre montoise. " Tous deux m'ont encouragé à tenter cette expérience ", avoue-t-il. " D'après eux, Mons fait office de vitrine idéale pour tous ceux qui, comme moi, ont la furieuse envie de se mettre en évidence après des années à faire banquette. Je constate, en tout cas, que Ced s'est pleinement réalisé là-bas, en l'espace de quelques mois à peine, après une expérience malheureuse aux Wolverhampton Wanderers. Quant à Momo, qui fut souvent logé à la même enseigne que moi au stade du Phénix, il ne lui aura fallu que quelques mois à peine, là-bas, pour concrétiser le rêve de sa vie : jouer en Turquie, puisqu'il s'est lié entre-temps avec Ankaraspor. Moi-même, endéans le contrat de trois ans que je viens de signer, j'espère aussi toucher au but que je me suis toujours assigné : évoluer dans le Calcio. Non pas chez les Bianconeri, parce que je suis parfaitement conscient de mes limites, mais dans un cercle modeste de D1 ou un club ambitieux de D2, pourquoi pas ? A près de 22 ans, il n'est pas trop tard pour y arriver ". Ingrao aura déjà un avant-goût du Calcio, qui lui tient manifestement à c£ur, à l'Albert même, qui peut être considéré comme le club le plus italien de notre élite. Un phénomène qui n'est nullement pour déplaire au natif d'Agrigente, en Sicile. " A la maison, j'ai toujours parlé l'italien avec mes parents, tout en suivant ma scolarité en français ", souligne-t-il. " A Genk, j'ai été confronté pour la toute première fois à l'obstacle d'une langue étrangère puisque l'essentiel des conversations s'y déroulait en néerlandais. N'ayant manifestement pas le don des langues, je n'ai pas toujours su y communiquer comme je l'aurais souhaité. Chaque fois, par exemple, que j'ai été amené à y discuter avec le coach, Vergoossen, son adjoint, Jos Daerden, devait faire office d'interprète. Qui sait, ma progression eût peut-être été plus rapide, là-bas, si j'avais toujours pu m'exprimer dans ma langue. Je serai sans nul doute beaucoup plus à l'aise chez les Dragons, où tout se passe justement en français et en italien. Pour mon éclosion, ce n'est pas négligeable. Je veux me débarrasser une fois pour toutes de cette étiquette d'espoir qui me colle toujours à la peau. Et j'escompte bien y parvenir ici... Certains diront peut-être que j'ai effectué un pas en arrière en quittant le Racing, qui fait tout de même partie des clubs de pointe en Belgique, à destination de Mons, qui a dû lutter pour sa survie en 2003-04 ", conclut Marco Ingrao. " C'était peut-être vrai en début de saison mais, chemin faisant, les Dragons ont affiché leurs ambitions en transférant entre autres Wamberto. Le seul fait qu'ils aient pu convaincre le génial Brésilien de rempiler en dit long sur leurs aspirations. Et, dans le même ordre d'idées, ils ont fait fort aussi en obtenant le concours du Standardman Aliyu Datti. Le président Leone m'a signifié qu'il cherchait encore un attaquant et un demi défensif pour renforcer l'équipe. Dans ce cas, il s'estime paré pour briguer une place dans la première moitié du classement. Personnellement, j'y crois. Et je vais tout mettre en £uvre pour aider l'Albert à réaliser cet objectif ". " Je suis flatté que l'ex-joueur de la Juventus m'ait VOULU PAR-DESSUS TOUT "