Depuis le début de la saison, l'équipe de Molenbeek a subi un sérieux ravalement de façade. L'exemple le plus criant est celui du gardien de but. Wilfried Godart, le portier qui a débuté la compétition en août à Lommel, a filé à Charleroi. Ce qui a permis à Gert Doumen, éternel numéro deux à Genk et, l'an dernier, à Mouscron, de prendre du galon. Aujourd'hui, c'est lui qui a dû, sur blessure, s'effacer au profit de Kris Van De Putte. Qui lui se félicite quotidiennement d'avoir quitté la galère de Beveren.
...

Depuis le début de la saison, l'équipe de Molenbeek a subi un sérieux ravalement de façade. L'exemple le plus criant est celui du gardien de but. Wilfried Godart, le portier qui a débuté la compétition en août à Lommel, a filé à Charleroi. Ce qui a permis à Gert Doumen, éternel numéro deux à Genk et, l'an dernier, à Mouscron, de prendre du galon. Aujourd'hui, c'est lui qui a dû, sur blessure, s'effacer au profit de Kris Van De Putte. Qui lui se félicite quotidiennement d'avoir quitté la galère de Beveren. Pourtant, lorsqu'il a débarqué au stade Machtens sur la pointe des pieds en septembre, personne n'y a prêté attention. A 26 ans, le Waeslandien est encore un inconnu. Un de ses noms dont les supporters ont vaguement entendu parler mais sur lesquels il est délicat de mettre un visage. Bombardé titulaire, il a gagné en confiance. Au point d'être devenu indéboulonnable dans les buts molenbeekois. Pro depuis trois ans seulementLa semaine dernière, il y a eu un petit coup de grisou entre la direction et les joueurs du RWDM, qui se sont même croisés les bras durant une journée afin de protester contre un retard dans le paiement des salaires. L'affaire, qui n'aurait pas dû sortir du club, a été partiellement débloquée. Kris Van De Putte s'est d'ailleurs étonné du mouvement de grogne. Il est vrai que son passage au Freethiel l'a vacciné en la matière. "Il n'y a aucune comparaison possible entre les deux clubs", affirme le portier du RWDM. "A Beveren, plus rien n'allait. Les joueurs n'étaient pas rétribués pendant des mois. Ici, il s'agit d'un petit couac ponctuel. Vous savez, nous sommes tous pères de famille, nous avons une maison à payer". Professionnel, Kris ne l'est pas depuis des lustres. Il ne l'est devenu qu'il y a trois ans : "Mon club d'origine, c'est St-Nicolas. Il a disparu dans la fusion avec Lokeren. Lorsque j'évoluais en D3, j'ai été engagé par Ostende à l'étage supérieur. J'avais un contrat non amateur et mes journées étaient bien remplies. Je me levais à 6 heures du matin, je travaillais dans une entreprise de pose de vérandas avant de filer vers la Côte pour les entraînements. Retour à la maison à Tamise vers 22 heures! J'ai encore tenu ce rythme lorsque nous sommes montés en D1. C'était un chouette club, peut-être trop familial pour l'élite. Ce n'est qu'à Beveren que j'ai paraphé mon premier contrat pro. Je sentais qu'il m'était impossible de progresser si je poursuivais à ce rythme de dingue". Au Freethiel, Kris a disputé une saison sous les ordres d' Emilio Ferrera. Une campagne ponctuée de hauts et de bas, sans jamais avoir réellement ressenti le soutien de la direction. Lorsque le plus jeune entraîneur de l'élite s'est fait lourder par la bande à Jean-Marc Guillou, Gilbert Bodart avait déjà obtenu la préséance dans les buts. "Quand je suis arrivé au RWDM, Beveren possédait plus de points que l'équipe bruxelloise. Néanmoins, j'en suis de plus en plus convaincu: si j'étais resté au Freethiel, ma carrière était terminée. Du moins en D1"."Le match contre le Standard a été trop médiatisé"Il est apparu dans les buts du RWDM lors du déplacement à Alost en novembre. L'occasion ou jamais de prouver ses capacités, d'autant que l'indisponibilité du titulaire devait le mener jusqu'à la trêve. "Même si je suis arrivé au RWDM avec l'étiquette de numéro deux dans le dos, j'ai d'emblée pensé que je devais tout essayer pour devenir le numéro un. Gert Doumen, avec qui je m'entends parfaitement bien même si nous briguons la même place, m'a d'ailleurs avoué qu'il avait pensé exactement la même chose lorsqu'il a signé à Molenbeek alors que Wilfried Godart faisait partie des meubles. Sans ambition personnelle, mieux vaut ne pas faire de sport professionnel. J'ai immédiatement ressenti que mes équipiers mais aussi l'entraîneur, les dirigeants et l'entraîneur des gardiens Luc Duville nourrissaient une véritable confiance en moi. Cela m'a fait du bien car, lors de mon arrivée, c'était plutôt le scepticisme qui était à l'ordre du jour. Les supporters et l'entourage du club se demandaient qui j'étais. Dès ma première intervention, j'ai senti que c'était parti. Au fil des matches, je prends confiance, j'ose davantage, je dirige ma défense, je trouve mes marques. Au point de ne pas craindre qu'une prestation moins autoritaire me relègue sur le banc. Si je ne donne pas à Emilio Ferrera des raisons de m'écarter, je ne vois pas pourquoi il le ferait". Lors de la trêve hivernale et le stage à Agadir au Maroc, l'entraîneur du RWDM a dû effectuer un choix. Il s'est porté sur Van De Putte qui, jusqu'à présent, le lui a bien rendu. "Tout le monde me parle du match contre le Standard parce qu'il a été très médiatisé", avoue-t-il. "Néanmoins, je pense avoir livré de bonnes prestations avant cette rencontre. Face aux Rouches, l'arrêt réflexe sur une tentative de Jurgen Cavens a été mis en évidence. J'en suis évidemment fier mais j'avais également effectué une bonne sortie tout aussi importante devant Gonzague Vandooren. Cependant, je sens que les gens commencent à se lâcher. Les supporters m'accostent plus facilement, me félicitent, la presse commence également à me solliciter. Cela prouve que je suis sur la bonne voie. Quand j'analyse la courbe de ma saison, je me dis que c'est un miracle que je joue actuellement en D1. A Beveren, c'était la débandade, j'étais deuxième gardien, quasiment oublié, je viens au RWDM discrètement et, depuis trois mois, je joue. Et, les derniers matches à un bon niveau de D1. Je commence à prouver que j'ai l'envergure pour devenir un véritable bon portier de l'élite. Mais ce n'est que le début". Même si l'octroi des licences risque de modifier la carte dans la lutte pour le maintien, le RWDM ne s'en soucie guère car c'est sportivement qu'il faut d'abord assurer l'avenir. "Cette équipe possède tellement d'expérience et, en Ferrera, un atout d'ordre tactique; qu'il serait vraiment incompréhensible que le RWDM fasse la culbute".Jean-Marc Ghéraille