Il aurait pu. Il aurait dû avoir une autre carrière. En 2002, quand Mohamed Messoudi perce au Germinal Beerschot, sa technique, sa vivacité et son culot lui font déjà entrevoir des horizons prometteurs. Dans la cité anversoise, d'où il est originaire, lui qui a intégré les jeunes de Hoboken avant de rallier le Germinal, on le compare à Moussa Dembélé(pour le profil) ou à Jelle Van Damme (pour la précocité). Il a 17 ans et vient d'être lancé dans le bain de la D1 par Franky Van der Elst. Mais même si on lui prédit un avenir au-delà de nos frontières, Messoudi préfère demeurer dans sa belle ville d'Anvers.
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Il aurait pu. Il aurait dû avoir une autre carrière. En 2002, quand Mohamed Messoudi perce au Germinal Beerschot, sa technique, sa vivacité et son culot lui font déjà entrevoir des horizons prometteurs. Dans la cité anversoise, d'où il est originaire, lui qui a intégré les jeunes de Hoboken avant de rallier le Germinal, on le compare à Moussa Dembélé(pour le profil) ou à Jelle Van Damme (pour la précocité). Il a 17 ans et vient d'être lancé dans le bain de la D1 par Franky Van der Elst. Mais même si on lui prédit un avenir au-delà de nos frontières, Messoudi préfère demeurer dans sa belle ville d'Anvers. A l'époque, peu de gens déplorent ce choix. Messoudi n'a que 18 ans et il est donc tout naturel qu'il apprenne son métier avant de rejoindre un club plus huppé. Son choix est d'ailleurs validé par une victoire en Coupe en 2005 face à la dernière grande équipe du Club Bruges (2-1). " Je n'oublierai jamais la fête qui a suivi et la réception à l'Hôtel de ville ", affirme-t-il encore. Anvers, encore et toujours... Pourtant, il devra bien se résoudre à quitter la Métropole en juin 2006. Direction le championnat néerlandais et ses contrats plus rémunérateurs et plus précisément Willem II Tilburg où il reste trois ans, sous la houlette d'abord de Dennis van Wijk avec lequel il n'accroche pas, puis d' Alphons Groenendijck. Lors de sa deuxième saison, après avoir appréhendé les spécificités du championnat hollandais, il explose et termine deuxième meilleur donneur d'assists de la compétition derrière Kenneth Perez. Mais pour son ultime pige outre-Moerdijck, il est écarté sur blessure durant huit semaines et doit attendre le deuxième tour avant de réintégrer l'équipe. Insuffisant cependant pour obtenir une prolongation de contrat. Un regret ? " Peut-être ai-je fait le mauvais choix en quittant le Beerschot pour Willem II où nous devions chaque saison nous battre contre la relégation. Mais les dirigeants anversois étaient contents du prix que le club de Tilburg offrait et ils ne m'ont jamais proposé de prolongation. A l'époque, j'aurais pu aussi aller à Genk ou au Standard.... "Retour au pays après un exil marqué par 73 rencontres en trois ans. Les candidats ne se bousculent pas au portillon et c'est un choix par défaut qu'il effectue en optant pour le KV Kortrijk en 2009. Ses débuts sont poussifs, perturbés par une nouvelle blessure contractée en arrivant. " Il sortait de blessure et manquait de rythme. Et comme en son absence, l'équipe fonctionnait bien, il a dû patienter ", explique son coéquipier Mustapha Oussalah. Georges Leekens, alors à la tête du KVK, le place d'abord sur le banc avant de le lancer dans le grand bain quelques mois plus tard. " Tant au Beerschot qu'à Willem II, je n'étais pas habitué au banc. J'ai alors dû me remettre en question ", lâche-t-il. Mais c'est surtout avec le retour d' Hein Vanhaezebrouck, en début de saison passée, que Messoudi va progressivement retrouver sa classe. Pourtant, là encore, tout n'est pas rose tout de suite. Touché lors de la préparation, il doit se contenter d'une place de remplaçant dans un premier temps. " J'ai besoin de ressentir la confiance de l'entraîneur pour bien jouer. Je me suis même demandé si je ne devais pas partir en décembre 2010 parce que je recevais trop peu de temps de jeu. Finalement, j'ai eu une discussion franche avec Vanhaezebrouck et ça m'a vidé la tête. J'étais libéré. " Et ça se voit. Avec en apothéose une saison 2011-2012 marquée par la Coupe. Bourreau du Beerschot en quarts de finale, il réédite cette performance face à Mons en demi-finales avec un but et un assist. Pour la deuxième fois de sa carrière, il dispute une finale de Coupe et loue même un bus pour permettre à sa famille anversoise et à ses amis de venir le supporter à Bruxelles. Pas de bol, Courtrai échoue face à Lokeren. Pas de cadeau d'adieu car Mo a décidé de rejoindre un plus grand club : Gand. Le premier de sa carrière. Avec la tâche de s'imbriquer dans le triangle médian de Trond Sollied et de remplacer Tim Smolders qui part au Cercle. " Je ne suis pas un killer mais je sais créer le danger et courir entre les lignes. Je sais créer le surnombre en venant de la deuxième ligne comme infiltreur ", reconnaît-il. Infiltration et technique : ses deux principales qualités. " A part dans les équipes du top 5, on ne trouve pas de joueur technique comme lui. C'est un atout pour une équipe comme Courtrai ", ajoute Oussalah. " Il apporte de la sérénité quand il peut garder le ballon et quand l'équipe patine, il trouve facilement une solution par ses passes ou ses infiltrations. C'est également un râleur : il ne supporte pas la défaite et veut toujours avoir le ballon. Il a un esprit conquérant. "En dehors, Mo est la personne la plus agréable qui soit. Toujours souriant et à rendre service. " Il se donne un maximum pour sa famille ", précise Oussalah. Et celle-ci le lui rend bien. Le bus pour aller le soutenir au Heysel était plein... PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTO : IMAGEGLOBE " Il apporte de la sérénité quand il peut garder le ballon. " (Mustapha Oussalah)