Boavista est champion du Portugal pour la première fois de son histoire. C'eût pu être un fait banal si l'événement ne s'était pas déroulé précisément dans ce pays où la compétition est archi-dominée par les trois grands: Benfica, le Sporting et le FC Porto. Il faut remonter jusqu'à 1946 pour trouver trace d'un autre nom au palmarès. A l'époque, c'était Belenenses, un club lisboète. Cette fois, c'est un club de Porto qui a brisé l'hégémonie. Boavista, reconnaissable à son maillot à damiers noirs et blancs, avait déjà failli créer la sensation en 1976 et ...

Boavista est champion du Portugal pour la première fois de son histoire. C'eût pu être un fait banal si l'événement ne s'était pas déroulé précisément dans ce pays où la compétition est archi-dominée par les trois grands: Benfica, le Sporting et le FC Porto. Il faut remonter jusqu'à 1946 pour trouver trace d'un autre nom au palmarès. A l'époque, c'était Belenenses, un club lisboète. Cette fois, c'est un club de Porto qui a brisé l'hégémonie. Boavista, reconnaissable à son maillot à damiers noirs et blancs, avait déjà failli créer la sensation en 1976 et 1999. A l'époque, il avait laissé échappé le titre dans la dernière ligne droite. La troisième tentative a été la bonne. Il lui fallait pour cela battre Aves, un club déjà relégué, lors de l'avant-dernière journée. Ce qui fut fait sur un score sans appel: 3-0. Boavista pouvait donc se rendre tout à fait décontracté chez son voisin et poursuivant immédiat, le FC Porto, pour clôturer le championnat. Rares sont les observateurs qui avaient pris Boavista au sérieux. Les rencontres à domicile, dans le stade Estadio Do Bessa en travaux dans la perspective de l'EURO 2004, attirent rarement plus de 10.000 spectateurs. Boavista est aussi un club très peu médiatique. Les journaux consacrent l'essentiel de leurs pages aux trois grands. Mais le deuxième club de Porto a le flair pour attirer des jeunes prometteurs. On se souviendra que Jarrel Hasselbaink, qui fait aujourd'hui les beaux jours de Chelsea, y commença sa carrière internationale. Les mauvaises langues affirment que Boavista doit surtout son titre à la saison catastrophique livrée par les trois grands, mais cela n'enlève rien aux mérites de l'entraîneur Jaime Pacheco. Cet ancien international, engagé en 1998, a progressivement bâti une équipe combative sans grandes vedettes. Boavista développe un jeu physique où l'engagement prime. Un pressing est constamment exercé sur l'adversaire. Le niveau technique des joueurs de Boavista est très moyen. Pourtant, l'équipe s'est illustrée cette saison par sa régularité: à peine deux défaites (chaque fois contre Braga), mais vingt-trois victoires. Les footballeurs les plus en vue de Boavista furent cette saison le gardien Ricardo et le défenseur Litos. Ces deux internationaux portugais furent les pièces-maîtresses de la défense la moins perméable de l'élite: dix-huit buts encaissés à peine. Le meneur de jeu bolivien Erwin"Platini"Sanchez connaît à 31 ans une deuxième jeunesse. Les belles prestations de l'équipe ont permis au défenseur Rui Bento et au milieu de terrain Jorge Couto de signer leur retour en équipe nationale après une longue absence. Le médian Petit a également été appelé par Antonio Oliveira pour défendre les couleurs de la sélection. Les meilleurs buteurs du club sont les deux Brésiliens Duda (10 buts) et Silva (9 buts), arrivés cette saison.