" Le Portugal est fier, à juste titre, de sa star, Cristiano Ronaldo, unique en son genre. Pourtant, même s'il est difficile de comparer les générations, je préfère Eusebio, plus complet que lui, grand buteur mais aussi magnifique stratège et penseur de son équipe. A mon sens, il faut le classer au même niveau que Peléou Johan Cruijff. En 1971, la Belgique s'est mesurée au Portugal sur la route de l'Euro 72. Le football lusitanien était au top européen. Benfica, c'était un sty...

" Le Portugal est fier, à juste titre, de sa star, Cristiano Ronaldo, unique en son genre. Pourtant, même s'il est difficile de comparer les générations, je préfère Eusebio, plus complet que lui, grand buteur mais aussi magnifique stratège et penseur de son équipe. A mon sens, il faut le classer au même niveau que Peléou Johan Cruijff. En 1971, la Belgique s'est mesurée au Portugal sur la route de l'Euro 72. Le football lusitanien était au top européen. Benfica, c'était un style, un touché de ballon très brésilien, évidemment. Les joueurs de leurs ex-colonies avaient déjà un gros impact sur le style portugais. On oublie que le Portugal a eu le premier football united colors, parfait reflet de la population de ce pays et de ses anciennes colonies. A cette époque-là, il y avait une grande différence entre ce qui se voyait au Portugal ou en Espagne. Les clubs de la Liga mettaient parfois le pied alors que les Portugais étaient des poètes. De 1960 à 1968, Benfica disputa cinq finales de la Coupe des Champions et en gagna deux, en 1961 et 1962. C'était un exploit car le Portugal n'était pas un pays riche. Venu du Mozambique, Eusebio participa à cette moisson et frappa aussi les imaginations tout au long de la Coupe du Monde 66. En quarts de finale, la Corée du Nord mena 0-3, à la surprise générale, avant qu'Eusebio se déchaîne et marque quatre buts (5-3, résultat final). Au bout du compte, le Portugal d'Eusebio (meilleur buteur de cette World Cup avec 9 goals), décrocha la troisième place. En 1971, c'était un honneur de recevoir un tel joueur. Raymond Goethlas, le T1 des Diables Rouges, se méfiait comme de la peste du Ballon d'Or européen 65. Mais ce soir-là, le 17 février 1971, au Parc Astrid, notre ligne médiane cassa la baraque et lança parfaitement la fusée Raoul Lambert (Club Bruges, 2 buts) et le rusé André Denul (Lierse), résultat final 3-0. Paul Van Himst avait dirigé la man£uvre et pris le dessus sur l'étoile portugaise. On dit souvent que Popol était le Pelé blanc. Eusebio, lui, était le Van Himst noir. Au retour, à Lisbonne, nous avons forcé le nul (1-1) avec un grand match d' André Stassart (ex-Racing-White) retenu uniquement pour neutraliser José Torres, la tour offensive de Setubal. J'ai eu le bonheur de prendre part à ces deux matches et, plus tard, j'ai revu Eusebio lors de l'une ou l'autre réception. Cet artiste a désormais 68 ans. Quand je pense à cet ambassadeur du beau football, je me dis : - Artiste, charisme, beau football, sourire, classe... " né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)PIERRE BILIC