Le week-end prochain, Genk-Lierse n'opposera pas seulement une des défenses les plus contestées du pays à une des meilleures lignes arrières de la D1. Ce sera aussi l'affrontement, à distance, de deux jeunes talents offensifs de notre football: Kevin Vandenbergh (Genk) vs Stein Huysegems (Lierse).
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Le week-end prochain, Genk-Lierse n'opposera pas seulement une des défenses les plus contestées du pays à une des meilleures lignes arrières de la D1. Ce sera aussi l'affrontement, à distance, de deux jeunes talents offensifs de notre football: Kevin Vandenbergh (Genk) vs Stein Huysegems (Lierse).Kevin Vandenbergh : Oui, nous avons fréquenté la même école. Stein Huysegems : Pendant six ans. Et nous avons joué dans l'équipe de foot de l'école. Stein Janssens, qui joue au Lierse, en faisait aussi partie. Vandenbergh : Nous gagnions tout. Huysegems : Nous n'avions pas besoin de beaucoup d'occasions de but! Le Lierse nous l'interdisait, par crainte de blessures, mais nous jouions quand même. Vandenbergh : C'est difficile à refuser. En Scolaires, on commence à voir qui va émerger. Huysegems : J'ai obtenu un contrat pro à 16 ans. J'étais un étudiant sans problème mais je n'avais pas de très bons points. Mon choix a donc été vite fait et je ne m'en plains pas. Vandenbergh : Quand j'étais régulièrement aligné à Westerlo, je pouvais voir, le lundi matin, quels professeurs appréciaient ça et lesquels n'aimaient pas le foot. Quand vous entrez et qu'on vous dit de vous taire alors que vous n'avez pas encore ouvert la bouche, vous êtes fixé! L'un d'eux a même essayé de m'ôter des points mais ça n'a pas marché. Etiez-vous déjà attaquants à l'époque?Vandenbergh : J'ai changé cette saison à Genk. Il ne suffit pas de rester planté devant le but, même si ça reste une donnée essentielle. Genk attend davantage. J'ai appris à demander le ballon, à distribuer le jeu. Huysegems : Je me suis toujours appuyé sur ma vitesse et mes actions individuelles. J'ai besoin de beaucoup de ballons pour être dangereux. En D1, les adversaires s'y adaptent et je dois chercher d'autres schémas, apprendre à récupérer le ballon. D'emblée, le Lierse m'a offert beaucoup de chances de jouer. Tout est allé vite, parce que je marquais facilement. Puis j'ai atterri sur le banc. J'ai peu joué pendant un an, avant de revivre au second tour. Si j'étais sur le banc contre Beveren, c'était à cause des 27 matches que j'avais déjà dans les jambes. Vandenbergh : Passer d'un club comme Westerlo à Genk requiert une adaptation. Au début, je n'y comprenais rien. Il m'a fallu deux mois, puis je n'ai cessé de progresser. Mon travail a porté ses fruits. J'ai prouvé que j'étais digne de Genk, voire de mieux. "Pourquoi les Espoirs ne jouent-ils pas comme les A?"Huysegems : L'année dernière, le Lierse trouvait risible la somme proposée par Bruges pour me transférer (1,25 million). La direction a fait passer mon prix à 3 millions mais je pense qu'elle a entre-temps compris qu'elle devrait revoir ses exigences à la baisse. éa dépendra du candidat, évidemment. Mais je ne suis encore sûr de rien. Tout va dépendre de la qualité de mon jeu jusqu'en fin de saison. Vandenbergh : Je jouerai peut-être plus si Sonck part mais le club pourrait aussi le remplacer. Je devrai prouver ce dont je suis capable pendant la préparation. Je ne me tracasse pas. Mais j'aime jouer avec Sonck. Il m'apporte beaucoup, donc, je n'ai pas vraiment envie qu'il parte. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est avec lui que je suis le meilleur et que j'apprends le plus. Quand il est blessé et que je joue, il m'explique ce que j'aurais dû faire autrement. Ce sont des détails, mais ils sont importants... et confidentiels. Jos Daerden a déclaré que vous ne deviez pas espérer être le remplaçant de Sonck s'il partait...Vandenbergh : A moi de montrer que j'en suis capable. Mais Genk achètera probablement un autre attaquant. Huysegems : En début de saison, nous étions à sept attaquants et j'ai dû faire mes preuves. L'entraîneur m'a conservé sa confiance même pendant un passage à vide. Eric Van Meir m'a beaucoup aidé au début de ma carrière, notamment quand je baissais les bras. Mais au fond, le Lierse m'a laissé grandir en paix. La presse m'a porté aux nues avant de me descendre. Ce fut dur mais ça m'a rendu plus fort. Quand on représente l'avenir du foot belge, il faut vivre avec ce genre de commentaires. Maintenant, après un mauvais match, je sais ce qui paraîtra sur moi et j'ose avouer que j'ai été moins bon. Vandenbergh : Au début, comme je ne jouais pas, je n'ai pas été critiqué. Ensuite, j'ai été bien dans mes matches. Mais parfois, il faut pouvoir admettre que c'en est trop. L'année dernière, j'ai joué avec Westerlo et avec les Espoirs: pendant six semaines, j'ai joué presque systématiquement le mercredi et le samedi. Huysegems : Kevin a été repris trois fois en Espoirs mais j'ai déclaré forfait, pour blessure. Nous n'avons jamais joué ensemble parce que Jean-François de Sart n'aligne qu'un seul attaquant spécifique. Etes-vous meilleurs dans un duo?Vandenbergh : Je pense que oui. Huysegems : Moi aussi. Quand on est seul, on doit se déplacer à gauche, à droite, récupérer le ballon, alors qu'à deux, on peut permuter, croiser... Vandenbergh : Evoluer à trois est bien aussi mais si l'équipe joue mal, on se retrouve seul, de facto. Les Espoirs jouent avec trois attaquants mais comme nous étions moins bons que les Croates, j'étais seul en pointe. A deux, on peut poser des problèmes à la défense adverse. Je trouve bizarre que les Espoirs aligne trois attaquants alors que l'équipe A procède avec deux avants. Mieux vaut se présenter comme elle. Je suis partisan du 4-4-2. Huysegems : Kone et moi, nous nous entendons bien. A nous deux, nous avons marqué près de 25 buts. Personne ne s'attendait à ça. Il est rapide, fin technicien, mais il doit acquérir une meilleure vista, comme moi avant. Vandenbergh : A Westerlo, avec Genk, j'ai joué derrière les attaquants parce que nous étions menés et que l'entraîneur a ajouté un avant. Peut-être Dagano va-t-il occuper un rôle plus central, à charge pour moi de rôder dans ses parages? On verra bien. "Je rêve de manger de la Ligue des Champions chaque semaine"Vandenbergh : Je ne pense pas qu'il me laisse tomber. Je suis moins bon du gauche, mais j'ai énormément progressé grâce aux exercices de passing et de tirs que nous effectuons et durant lesquels je dois faire attention à mon gauche. Huysegems : Ferrera m'a dit de travailler mes points faibles, c'est-à-dire mon pied droit et mon jeu de tête. Je dois mieux utiliser mon corps, être plus dur sur le terrain. Mais j'ai reçu une éducation tranquille de parents réalistes et je pense que ça se reflète sur le terrain. Un avant doit surtout être libre et trouver lui-même la meilleure façon de désarçonner la défense. Vandenbergh : Chez nous, on insiste plus sur certaines choses, sans nous ôter notre créativité ni notre liberté. Huysegems : Cette saison, dès le premier jour, nous nous sommes entraînés avec des lignes, chacun dans sa zone, en sachant parfaitement où nous devions courir. C'était nouveau. Quand j'entends l'entraîneur commenter des matches de Ligue des Champions, je me demande parfois comment il voit tout ça. C'est pareil dans nos matches: aucun détail ne lui échappe. C'est notre force. Il dit qu'après l'entraînement, je dois continuer à travailler. Je m'exécute deux ou trois fois par semaine. Je demande à un gardien ou à un défenseur de m'aider. Vandenbergh : Chez nous, beaucoup de joueurs font régulièrement des heures supplémentaires: headings, coups francs, fitness... Vos équipes vivent des semaines difficiles: le Lierse a perdu Schaessens et Genk gaspille des points semaine après semaine. Vous êtes tous deux exclus de la course à l'Europe.Huysegems : Nous devons pouvoir remplacer quelques joueurs indisponibles. Nous avons un noyau de 25 hommes. Schaessens a déjà été suspendu ou blessé à quelques reprises, Fassotte ne jouait pas en début de saison et nous avons quand même gagné des matches. Je ne pense pas que leur absence excuse notre moins bon rendement actuel. Nous avons simplement manqué de bol et moins bien joué. Vandenbergh : Nous avons gaspillé beaucoup trop de points. Personne n'est à l'abri d'erreurs individuelles. éa s'est produit à Genk la saison passée mais nous n'en avons pas payé les conséquences car l'adversaire exploitait mal ces situations. Notre équipe est quasi identique mais nous manquons du brin de chance indispensable. Huysegems : Nous rêvions évidemment de la Ligue des Champions, puisque nous sommes longtemps restés deuxièmes. Ce sera extrêmement difficile, maintenant. A 17 ans, j'ai pu entrer au jeu contre Bordeaux et Akranes, au premier tour de la Coupe de l'UEFA. Je rêve de revivre ça, évidemment. Vandenbergh : La Ligue des Champions contre le Real... Il n'alignait pas tous ses titulaires mais il y avait quand même Hierro, Helguera et Roberto Carlos. Quand vous avez goûté à la Ligue des Champions, vous n'avez qu'une envie: la revivre chaque semaine. Inconsciemment, vous vous sublimez, vous êtes deux fois plus motivé. J'en veux encore mais je dois beaucoup travailler, pour ça. Que peut-on attendre du match Genk-Lierse?Vandenbergh : Je pense que nous devons nous sublimer, par respect pour ceux qui aiment Genk, et prouver que nous valons mieux que notre classement actuel. Huysegems : Nous n'avons plus grand-chose à gagner ni à perdre, donc je pense que nous allons jouer franchement. Ce match opposera deux bonnes équipes... donc, il y aura beaucoup de buts. Y aura-t-il un match dans le match, entre vous?Vandenbergh : Absolument pas. Huysegems : Tant mieux pour Kevin s'il marque. Moi, une bonne prestation suffit à mon bonheur. Raoul De Groote"En arrivant à Genk, je ne comprenais plus rien" (Vandenbergh)"La presse m'a porté aux nues avant de me descendre" (Huysegems)