La déception était grande dans le camp des Carolos après l'élimination face aux Finlandais de Tampere United au deuxième tour de la Coupe Intertoto. Ce sont les Nordiques qui batailleront contre la Lazio Rome alors que les Hennuyers rêvaient de présenter une grande phalange italienne à leur public.
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La déception était grande dans le camp des Carolos après l'élimination face aux Finlandais de Tampere United au deuxième tour de la Coupe Intertoto. Ce sont les Nordiques qui batailleront contre la Lazio Rome alors que les Hennuyers rêvaient de présenter une grande phalange italienne à leur public. L'équipe venue du froid s'est retranchée devant son gardien de but afin de protéger son maigre butin du match aller (1-0). Ce fut la bonne option tactique pour elle car le nul blanc obtenu à Charleroi lui permet de continuer sa route. Les solides Finlandais sont en plein championnat dans leur pays alors que les hommes de Jacky Mathijssen ne comptaient que deux semaines de travail dans les jambes. La différence est sensible et c'est une des donnes importantes de cette Coupe Intertoto qui, par ailleurs, mérite de plus en plus sa place dans le paysage sportif estival. Cette épreuve est sans aucun doute le solstice d'été de nombreuses formations méritantes, parfois inconnues, de l'Europe profonde. Cet immense brassage complète l'image continentale du football. Le choc des styles y est vaste. Tous les clubs ne peuvent pas prendre part à la Ligue des Champions ou à la Coupe de l'UEFA et se contentent de l'apéro servi en Intertoto en espérant déguster un jour l'entrée à une table plus renommée. Ce résultat illustre aussi le genre de soucis que la révélation du dernier championnat de Belgique rencontrera probablement en D1 cette saison. La bande à Toni Brogno jouira moins de l'effet de surprise, sera obligée d'assumer une plus grande part de la construction du jeu, bref aura plus de problèmes à résoudre. Il y a quelques mois, le Sporting noir et blanc pouvait de contenter d'un point, s'y accrochait en bloc, en attendant intelligemment que l'adversaire baisse sa garde. Charleroi avait l'art d'exploiter la moindre erreur de son opposant. C'est un art et cela se mérite à force de travail et d'esprit collectif. Sa force mentale fit souvent la différence. En sera-t-il de même cette saison quand la chance boudera les Carolos ? L'algèbre finlandais était finalement un examen intéressant pour l'avenir. Il s'agissait d'attaquer en masse et cela a posé des problèmes que Jacky Mathijssen a tenté de résoudre en brassant quatre fois ses cartes. Il était intéressant de relever comment le coach à succès du Mambourg répartirait ses pions pour sa première européenne face au chaleureux public zébré. Charleroi a opté pour la continuité et n'a pas commis de folies sur le marché des transferts. Il n'y avait que trois nouveaux noms sur la feuille d'arbitre : Velimir Varga, Remi Ribaut et François Sterchele. La formule de départ fut très offensive : 4-3-3. Varga était le seul à fêter ses débuts au Stade du Pays de Charleroi. Le Slovène a fait preuve de sérieux, de sobriété, s'est appliqué dans ses passes et dans la circulation de la balle, a signé une belle transversale, dispose d'une lourde frappe du pied gauche. Il s'est déjà fondu dans l'ensemble. Si c'est nécessaire, sa taille (1,88 m) pourrait aussi rendre des services au centre de la défense tandis que Loris Reina se réinstallerait à gauche. Bertrand Laquait est toujours là, malgré les appels de Marseille et d'Anderlecht : appréciable quand on connaît l'impact du gaillard auprès de ses équipiers. Un ancien a déserté Charleroi : le défenseur Ibrahim Kargbo. Il avait signé un grand championnat 2004-2005. Kargbo pouvait jouer dans l'axe, surtout, ou sur le flanc. Pour le remplacer, au c£ur de la défense, à côté de Badou Kéré, Jacky Mathijssen a opté, pour le moment, en faveur de l'inusable Thierry Siquet (36 ans) qui a désormais quelques cheveux blancs. Ce grand professionnel dépanne mais ne pourra pas le faire durant toute la saison : le temps impose des limites. Charleroi cherche d'ailleurs un arrière central afin de ne pas avoir de tensions dans ce secteur. Laurent Ciman (20 ans) détient aussi le potentiel afin de s'installer tôt ou tard dans ce secteur. A droite, Frank Defays continue sur sa lancée. La défense est en place, comme la saison passée, et ne fut jamais inquiétée par les attaquants finlandais. Elle ne créa cependant pas assez le surnombre au milieu du terrain au fil de la première mi-temps. Sa mission de base consistait visiblement à protéger le zéro au marquoir. Un contre finlandais aurait pu compliquer la belote du début de match. Sébastien Chabaud et Nasredine Kraouche se sont unis devant le bastion défensif. C'est un duo complémentaire. Il l'est probablement de plus en plus. Chabaud passe sans cesse la serpillière afin de nettoyer le champ de jeu carolo. Kraouche enrichit le capital technique, distribue le jeu court et long, percute à distance. Il s'est beaucoup démené contre les Finlandais. A droite, Grégory Christ tenta d'enchaîner ses crochets mais fut gêné par le manque d'espace. Toni Brogno avait pour mission de soutenir SteeveThéophile et Orlando : pas facile d'ébrécher le béton finlandais. Orlando et son compère tentèrent vainement de passer en force et en vitesse. Charleroi ne se forgea que trois occasions, la plus belle étant celle d'Orlando qui passa toute la défense adverse en revue sans parvenir à conclure. Si Charleroi avait ouvert le score tout juste avant la pause, la messe aurait été différente. Les Carolos étaient les maîtres du jeu mais manquaient de présence, de poids, d'esprit de décision à la conclusion. Le forfait du puissant Izzet Akgül, meilleur réalisateur de Charleroi la saison passée (9 buts en championnat), souffrant d'une fracture du coude, n'y était pas pour rien. Jacky Mathijssen refusa d'avancer cette excuse en fin de match, d'expliquer cette élimination par l'absence d'Akgül. Bel exemple de lucidité dans la gestion du groupe. Après une heure de jeu, le coach carolo procéda au premier de ses changements stratégiques. A l'heure de jeu, Mathijssen fit entrer Abdelmajid Oulmers en lieu et place de Grégory Christ. Ce dernier n'était pas parvenu à sortir un tour de son sac à malices. Il était dès lors intéressant de changer la donne. Longtemps blessé à la suite d'une expédition africaine, Magic Oulmers était chargé d'explorer le camp finlandais et le fit avec un grand c£ur. Pour le moment, il n'a pas le fond physique suffisant afin de tenir tout un match. Mais, comme le soulignait Mathijssen, cette demi-heure de jeu l'a boosté, lui a prouvé l'étendue de ses progrès. Oulmers se positionna derrière les attaquants tandis que Toni Brogno était décalé sur la droite, à la place de Christ. Le nouveau venu hérita d'une occasion de but (un ballon qu'il ne pouvait que propulser dans le filet latéral) et eut surtout le mérite de hausser le rythme de jeu de son équipe. Tampere United fut acculé dans son grand rectangle et para souvent au plus pressé, dégageant la balle dans le public en cas de nécessité. Charleroi haussa sans cesse le ton avec, désormais, plus de variétés dans son jeu. Tampere plia souvent sans jamais rompre. Il n'y avait qu'une équipe sur le terrain mais Charleroi n'eut jamais la chance de trouver un trou de souris dans la défense de son visiteur d'un soir. Kraouche s'allia de plus en plus avec Oulmers sans que cela n'offre les fruits du succès aux Carolos. Defays déferla régulièrement sur la droite. Les bûcherons finlandais tenaient le coup dans leur forêt. Théophile tenta des débordements à la Thierry Henry avant que son réservoir d'essence ne soit à sec. Charleroi jure surtout par Akgül et Orlando, c'est logique, mais Théophile a, lui aussi, des atouts avec cette pointe de vitesse de vitesse dont on reparlera. A un quart d'heure de la fin du match, Théophile céda sa place à Sterchele. Cette recrue de 23 ans est connue pour sons sens du but qu'il aiguisa à La Calamine et à Louvain. Orlando glissa un peu plus sur la gauche. Charleroi pressait, intensifia le trafic aérien, multiplia les centres vers Sterchele et Orlando. Tampere tenait le coup comme cela avait été le cas sur cette tête de Chabaud repoussée sur la ligne par un de ses arrières. François Sterchele a du potentiel même s'il est moins massif qu'Akgül. Il doit encore se roder aux réalités du plus haut niveau mais se multiplia afin de fatiguer les Finlandais. Beaucoup d'équipes joueront comme les Finlandais à Charleroi lors du prochain championnat et les Carolos sauront-ils être aussi patients que la saison passée ? Leur construction, excellente dans la largeur, perforante dans la profondeur, s'alliait à un remarquable esprit de groupe. Mais en jouant plus haut, comme face à Tampere United, Charleroi s'exprime plus difficilement. Il s'agira de tenir compte de ce problème d'espace. Laurent Macquet apportait parfois la différence quand tout se resserrait et qu'il s'agissait de fluidifier le jeu. Kraoucle ne sera-t-il pas un peu seul pour ce job ? La bataille de fin de match contre Tampere souligne cette carence, ce manque de lucidité, de variété, quand le théâtre d'expression est bouché. En vue de l'arrivée (quatre minutes de temps additionnel), Mathijssen puisa dans ses derniers trésors offensifs. Siquet fut retiré de la pelouse et remplacé par un attaquant supplémentaire : Giovanni Cacciatore. Charleroi prit tous les risques, joua en 3-3-4. Cacciatore se glissa entre Sterchele et un Brogno de plus en plus offensif mais ce coup de poker ne changea pas le cours du match. Le score blanc était synonyme d'élimination pour les Carolos. Pierre BilicJacky Mathijssen a refusé d'expliquer l'élimination par L'ABSENCE d'Izzet Akgül.