Vous pouvez gagner ou perdre de l'argent mais les trophées, eux, font pour toujours partie de votre histoire. C'est de cela que les gens se souviennent " : cette petite phrase tellement significative de Rafael Benítez, l'entraîneur de Liverpool, lauréat de la dernière coupe aux grandes oreilles, orne la plaquette que l'UEFA a consacrée aux 50 ans de la Coupe d'Europe des Clubs Champions devenue Ligue des Champions en 1992.
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Vous pouvez gagner ou perdre de l'argent mais les trophées, eux, font pour toujours partie de votre histoire. C'est de cela que les gens se souviennent " : cette petite phrase tellement significative de Rafael Benítez, l'entraîneur de Liverpool, lauréat de la dernière coupe aux grandes oreilles, orne la plaquette que l'UEFA a consacrée aux 50 ans de la Coupe d'Europe des Clubs Champions devenue Ligue des Champions en 1992. D'autres vedettes ont signé des pro pos intéressants. Comment ne pas retenir les mots du grand George Best (" Pour moi, le titre national n'était important que parce qu'il nous permettait de jouer en Coupe d'Europe ") ou d'une légende, Eusebio, s'exprimant à propos du premier héros des joutes continentales : " A mes yeux, Alfredo Di Stefano était le joueur le plus complet " ? Ferenc Puskas, une autre vedette inoubliable, ajoute de son côté : " L'histoire des guerres démontre que les tac-tiques sont les éléments les plus importants d'une victoire. Il en va de même en football ". A Monaco, qui a l'habitude de vivre de grands événements, toute la grande famille du football s'était mise sur son 31 pour le tirage au sort de la Ligue des Champions et celui de la Coupe de l'UEFA, la semaine dernière. Le bonheur d'être présent se lisait dans le regard de tous les invités à l'Euro Casino de la Ligue des Champions. Le président de l'UEFA, Lennart Johanson, qui ne sera plus candidat à sa succession en 2007, a souligné l'importance et la beauté de la Ligue des Champions dans son billet de bienvenue : " L'UEFA avait un an, en 1956, quand 16 équipes venant de tous les coins du continent prirent part à la première Coupe d'Europe. L'importance de ce tournoi ne se mesure pas seulement, et simplement, au moyen des statistiques. Sa véritable grandeur réside, pour une part importante, dans le génie d'Alfredo Di Stefano, la pondération de Giacinto Facchetti, les inventions de Johan Cruijff, la technique de Zinédine Zidane. Cette épreuve a engendré un libre échange d'idées à travers toute l'Europe. Des styles de jeu comme le catenaccio, la défense avec un libero, le football total ou le pressing ont été inventés, étudiés, améliorés, etc. La Ligue des Champions est un tournoi qui rassemble les étoiles les plus brillantes : Rivaldo, Alessandro DelPiero, Paolo Maldini, David Beckham. L'époque où des génies comme Pelé ou DiegoMaradona ne se montraient que tous les quatre ans est révolue. Aujourd'hui, ceux qui veulent devenir de grands joueurs doivent se frotter aux réalités de la compétition la plus relevée du football ". 21 ont gagné jusqu'à présent ce bijou qui fut inventé par un journaliste français ( Gabriel Hanot de L'Equipe) et porté sur les fonts baptismaux le 3 avril 1955 dans les salons de l'hôtel Ambassador du boulevard Haussmann à Paris. A la fin de la saison 1955-1956, le 13 juin, le Real Madrid gagna la première finale (4-3) sur la pelouse de l'ancien Parc des Princes. Ce ne fut pas une partie de plaisir pour les grands d'Espagne qui furent menés 2-0 avant de redresser le tir grâce au talent d'Alfredo Di Stefano qui marqua lors de cinq finales consécutives du Real. Son total en CE 1 s'élève à 49 buts (comme Raúl, en 58 matches européens !). Cet extra-terrestre avait été repéré en Argentine et le Real de Madrid et le FC Barcelone lui firent un pont d'or afin de l'acquérir. Le général Franco avait alors installé sa dictature en Espagne depuis 1939. Le caudillo n'appréciait pas Barcelone, qui lui avait résisté durant la Guerre d'Espagne. Le dictateur serait intervenu afin que la star renforce plutôt le Real qu'un club aux rattaches républicaines. La popularité d'Alfredo Di Stefano était immense. Chacun de ses gestes était épié même si le football n'était pas aussi hyper médiatisé que de nos jours. Cette gloire lui joua cependant des tours pendables. Dans un film consacré aux Galactiques ( Real, The Movie), une séquence est consacrée à l'enlèvement dont Alfredo Di Stefano fut victime le 24 août 1963 lors d'une tournée de son club au Venezuela. La méga star fut retenue durant 72 heures par un groupuscule politique cherchant à faire parler des problèmes de ce pays d'Amérique latine sur la scène internationale. Alfredo Di Stefano fut bien traité mais il fut certainement étonné de retrouver récemment Paul Del Rio, le leader des kidnappeurs, lors de l'avant-première du film à Madrid. Au Brésil, les rapts de sportifs ne sont pas rares. Célèbres et riches, ils doivent souvent payer des sommes considérables afin de libérer l'un ou l'autre de leurs proches. Les menaces font aussi partie des paysages du football belge. Il y a peu, un joueur en vue nous étonna en affirmant : " Je veux bien parler de toutes les facettes de mon métier mais absolument pas de ma vie privée. Je ne veux pas mettre les miens en danger ". A-t-il été menacé ? A-t-on inquiété l'un ou l'autre membre de sa famille ? " Non mais je me méfie ", dit-il. " Je suis connu et cela peut donner des idées à une tête brûlée ou à des gangsters, je ne sais pas. Dans mon pays, un champion a dû donner un million de dollars aux ravisseurs de son enfant. C'est terrible, je ne veux pas vivre cela ". Le directeur général de Genk, Paul Heylen, avait été inquiété il y a quelques temps par un supporter du club. Se sentant en danger, il remit une enveloppe à l'inquiétant personnage. La police veillait au grain et arrêta l'individu dont les doigts étaient encore maquillés par une poudre secrètement présente sur l'enveloppe. Le procès ne devrait pas tarder. Un autre dirigeant belge a aussi reçu des menaces et même des balles de revolver dans un pli très menaçant à l'égard des siens. Le football européen attire forcément les malfrats de tous poils, dont certains en cols bancs. L'UEFA a rencontré récemment un journaliste hollandais de VoetbalInternational, Taco van den Velde, qui a consacré une enquête aux " machines à laver russes " qui inondent le monde du ballon rond. D'où viennent ces sommes considérables ? Après la désintégration du monde communiste, des hommes politiques ont accordé des avantages importants à des personnages naviguant dans leur giron. Il s'agissait probablement d'actions de grandes sociétés gazières privatisées par les nouveaux régimes. La rumeur cita aussi la prostitution, le trafic d'êtres humains et même la vente d'armes et d'uranium très recherché par des personnages n'agissant pas au grand jour. Sport/Foot Magazine révéla aussi, récemment, les problèmes du monde des pronostics en Belgique et les pratiques d'un gang asiatique chez nous, en Finlande, etc. En 2003, on affirma de l'autre côté de la Manche que la reprise de Chelsea par Roman Abramovitch était la plus grande révolution dans l'histoire du football anglais. Avec le recul, rien n'est moins sûr même si un journaliste russe nous a dit à Monaco : " Je crois qu'on exagère. Tout est trop romancé. Je ne pense pas qu'on trouvera des preuves où quoi que ce soit. L'UEFA a besoin de faits clairement établis pour étayer un dossier, pas de rumeurs. Même si le CSKA a gagné la Coupe de l'UEFA, la situation du football russe n'est pas florissante. Nous n'avons pas un seul représentant en Ligue des Champions ". Si des millionnaires ont toujours investi dans les clubs, il s'agit cette fois de véritables cartels qui ont planqué des milliards calfeutrés dans de nombreuses sociétés offshore. Il faut sortir cet argent des paradis fiscaux afin de l'injecter dans nos économies. Certains pays sont peu regardants si cela leur permet de créer de l'emploi par ces temps de crise. Chelsea n'est que la partie la plus visible de l'iceberg. D'autres clubs font désormais partie d'un ordre nouveau, que ce soit directement (CSKA Moscou, Chelsea, Corinthians), en ayant été approchés (Benfica, Hapoël Tel Aviv, Deportivo La Corogne, Compostelle, Polonia Varsovie) ou en étant des partenaires importants (PSV Eindhoven, FC Porto, Dynamo Moscou). Selon Taco van den Velde, le propriétaire des Corinthians de Sao Paulo, Kia Joorabchian, est un Iranien qui a fui son pays lors de la chute du Shah afin d'étudier au Canada et en Grande-Bretagne. Plus tard, en 1998, il acheta un magazine de qualité avant de le céder à une connaissance d'Abramovitch. Joorabchian a ensuite pris la direction du Brésil tandis qu' Abramovitch s'installait en Russie. Ces clubs achètent et vendent souvent des joueurs entre eux pour des prix parfois fous : la machine à laver l'argent sale est enclenchée. D'autres clubs seraient pressés d'entrer dans le système afin de mettre un peu de beurre sur leur pain sec. Qu'en pense le G14 qui s'est réuni à Monaco ? Il y a évidemment un véritable danger de déstabilisation du football européen. L'UEFA en est consciente et n'a pas envie que sa belle Ligue des Champions, par exemple, devienne involontairement la vitrine de tous les blanchisseurs d'argent sale du monde. Cette chasse aux investisseurs sans loi ni foi sera probablement une des dernières missions de Johansson. En ce qui concerne sa succession, les deux favoris sont Franz Beckenbauer et Michel Platini. La cote du Bavarois est en hausse. Comme la prochaine phase finale de la Coupe du Monde aura lieu en Allemagne, il profite d'une meilleure exposition médiatique que Platini. Le Kaiser est partout. Un exemple parmi d'autres : l'UEFA a remis ses trophées consacrés à la Ligue des Champions précédente. Steven Gerrard (Liverpool) a été élu meilleur joueur. Meilleur gardien : Peter Ceh (Chelsea). Meilleur défenseur : John Terry (Chelsea). Meilleur milieu de terrain : Ricardo Kaka (AC Milan). Meilleur attaquant : Ronaldinho (FC Barcelone). Des anciennes gloires ont donné leur avis à propos de ces joueurs. Cruijff et le Kaiser se sont exprimés dans de petites interventions enregistrées et projetées sur un grand écran. Mais pas de Platini dans ce panel. Est-ce un signe ? Sera-t-il battu comme Paris le fut par Londres pour l'organisation des Jeux Olympiques ? Beaucoup de choses se sont discutées dans les corridors où chacun avance ses pions. Après le tirage au sort de la Ligue des Champions et de la Coupe de l'UEFA, Liverpool et le CSKA Moscou se sont retrouvés au Stade Louis II pour la Supercoupe d'Europe. Monaco était majoritairement russe. Les supporters du CSKA Moscou étaient calmes, disciplinés. De plus, des escadrons de poupées russes donnaient le torticolis aux passants. S'il était encore sur terre, c'est à Monaco, et pas sur la Place Rouge, que Gilbert Bécaud aurait trouvé son guide, Nathalie. Sans Steven Gerrard, blessé, Liverpool n'entama pas bien son match. La fatigue anglaise était visible. Le CSKA Moscou pratiqua comme en finale de la dernière Coupe de l'UEFA. A Lisbonne, sur les terres de leur adversaire, le Sporting Portugal, les Moscovites imposèrent leur organisation défensive. Ils tentèrent d'en faire de même face à Liverpool en lançant Daniel Carvalho et Vagner Love en contres. Daniel Carvalho leur donna l'avance en première mi-temps. Les Reds prirent le jeu à leur compte mais durent attendre la montée au jeu de Djibril Cissé en fin de match afin de redresser le tir. L'ancien Auxerrois doubla son capital durant les prolongations avant que Luis Garcia ne fixe le score à 3-1. Les vainqueurs de la Ligue des Champions pouvaient ajouter un trophée dans leurs armoires aux succès. Leur victoire était indiscutable. Cela a dû faire plaisir à ceux quoi ont plaidé pour la présence de Liverpool dans la présente Ligue des Champions. Or, les hommes de Rafael Benítez ne s'étaient pas classés en ordre utile dans leur championnat national afin de se payer un ticket pour la Ligue des Champions. Pour Lennart Johansson, il était impensable que le brillant vainqueur de la dernière finale ne soit pas au départ. Comment dit-on lobbying en français ? Anderlecht devra en tout cas potasser son anglais. Le sort lui a réservé trois gros cubes : Liverpool, Chelsea et le Bétis Séville. En arrivant à Monaco, la délégation anderlechtoise était encore sous le coup de la déception du vol commis dans le vestiaire de son équipe au Slavia Prague. Kiki Vanden Stock, la femme du président bruxellois, était la plus virulente. " C'est un coup monté dans l'intention de déstabiliser nos joueurs. Le vol a été commis durant la première mi-temps. La porte n'a pas été fracturée. En rentrant dans le vestiaire, à la mi-temps, les joueurs auraient pu être ébranlés par le résultat de ce vol : papiers, montres, bijoux, argent, même l'insuline de Pär Zetterberg. Daniel Zitka et Nenad Jestrovic ont vite noté le vol. Mais ils n'ont rien dit afin de ne pas déconcentrer leurs équipiers ". Roger Vanden Stock était déçu par le tirage au sort : " Cela ne pouvait pas être pire. Anderlecht a hérité du tenant de la Ligue des Champions, du champion d'Angleterre et d'un cador de la Liga espagnole ". Herman Van Holsbeek, le manager des Bruxellois, abondait dans le même sens : " Ce sera difficile. Tout le monde connaît la richesse des effectifs des grands clubs anglais. Liverpool et Chelsea présentent une pléiade de grandes vedettes. Les télévisions sont contentes, je les comprends car ce sont des affiches très médiatiques. Un tirage plus favorable aurait augmenté nos chances de qualification. Ici, ce n'est pas le cas. Cela dit, nous avons tout de suite relancé nos pistes pour deux renforts : un arrière central et un attaquant si possible ". Anderlecht entamera les hostilités à Chelsea le mardi 13 septembre. Une mission délicate. Avant de se rendre à Londres, Anderlecht doit oublier au plus vite le zéro pointé de la saison passée. Le traumatisme est surtout perceptible dans le chef des dirigeants qui redoutent comme la peste de faire à nouveau buisson creux. Tout le club ferait peut-être bien de lire les livres d'histoire du club. En 1962-1963, Anderlecht éjecta le grand Real Madrid de la Coupe d'Europe des Clubs Champions : 3-3 en Espagne et 1-0 au stade du Heysel grâce à un but de Jef Jurion qui fait partie de la légende du club. Or, il y avait plus de différence entre le Real des années 60 et Anderlecht qu'entre Chelsea et l'équipe de Frankie Vercauteren. Marc Degryse, le manager sportif de Bruges, était heureux d'être là : " Je trouve formidable que deux équipes belges soient présentes dans les poules. Ce n'est pas évident et il faut être réaliste : nos chances de qualification sont limitées. J'aurais préféré me mesurer à l'Ajax qu'à la Juventus. Mais il faut profiter des joies de cette Ligue des Champions. Si la Juventus et le Bayern nous sont supérieurs sur papier, nous sommes aussi forts que le Rapid Vienne. La troisième place serait intéressante. Je compte aussi sur l'appui de nos supporters. Ils peuvent parfois être critiques quand cela ne rigole pas face à des équipes de D1 à notre portée. Par contre, en Coupe d'Europe, le stade est à fond derrière ses joueurs. Le public de Bruges adore l'ambiance des belles soirées européennes. Ce fut le cas face aux Norvégiens de Valerenga coachés par Kjetil Rekdal. Après le 1-0 du match aller, ils ont bétonné chez nous. Il a fallu du temps avant que Bosko Balaban fasse sauter le verrou. C'est la troisième fois que nous nous qualifions via les tirs au but : Tomislav Butina a été extraordinaire dans cet exercice. Cette qualification a fait du bien à tout le groupe. Bruges se cherche encore mais est sur la bonne voie. Il y a eu des critiques mais cela n'a pas ébranlé Jan Ceulemans. L'effectif a fort changé en été. Ivan Leko est venu car Jonathan Blondel est encore un peu jeune afin de remplacer Nastja Ceh durant toute une saison. A droite, Grégory Dufer a signé de bonnes apparitions. Ceulemans a le choix à chaque poste. Il y a un mix de jeunes et d'anciens qui attendent la Ligue des Champions avec impatience. Joos Valgaeren et Sven Vermant connaissent bien cette ambiance : c'est un plus. Mais Bruges marque difficilement pour le moment. Gert Verheyen n'a pas encore trouvé le chemin des filets. Bosko Balaban est parfois indiqué du doigt. Dans ses bons moments, il lui arrive de dribbler de gauche à droite, de passer tous les arrières adverses avant de perdre le ballon au lieu de servir un équipier démarqué. Mais avez-vous noté le nombre de buts importants qu'il a marqués depuis le début de la saison ? Il est un peu spécial. Mais je le prends comme il est ". Bruges entamera sa Ligue des Champions en recevant la Juventus le mercredi 14 septembre. Pierre BilicAprès avoir été déstabilisés à Prague, les Anderlechtois vont AFFRONTER LIVERPOOL, ROI DU LOBBY Bruges n'a PAS PEUR DE LA LIGUE DES CHAMPIONS. " On va se régaler ", dit Degryse...