On le constate un peu partout : les Belges ont appris à ne plus jouer aux modestes. Dans le sillage des Diables Rouges, qui ne cachent plus leurs ambitions dans les plus grandes compétitions internationales, les hockeyeurs (tant les hommes que les femmes) et les volleyeurs placent la barre de plus en plus haut. Le rôle d'underdog n'est plus commis d'office à nos compatriotes.
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On le constate un peu partout : les Belges ont appris à ne plus jouer aux modestes. Dans le sillage des Diables Rouges, qui ne cachent plus leurs ambitions dans les plus grandes compétitions internationales, les hockeyeurs (tant les hommes que les femmes) et les volleyeurs placent la barre de plus en plus haut. Le rôle d'underdog n'est plus commis d'office à nos compatriotes. Lorsqu'ils abordent un grand tournoi, ils n'ont plus peur de se montrer. C'est aussi le cas de nos basketteurs : ils ne comptent pourtant pas de talents individuels exceptionnels en leurs rangs, mais à l'heure d'entamer leur troisième Championnat d'Europe d'affilée, la confiance est de mise. Les Belgian Lions ont été formatés depuis onze ans à l'image de leur coach Eddy Casteels : petits mais teigneux. C'est le mérite de l'ancien entraîneur des Antwerp Giants, d'Ostende et de Charleroi, de son assistant Jacques Stas et du team-manager Jacques Ledure d'avoir redonné vie à cette équipe qui, au début des années 2000, évoluait encore en 3e division européenne et dont aucun joueur ne voulait plus faire partie. Malgré des moyens limités, un encadrement professionnel a été mis en place, des stages sont organisés et des invitations pour des matches amicaux prestigieux en Espagne et en France sont honorées. La presse se concentre désormais sur le sportif, plus sur l'extra-sportif et des histoires loufoques d'équipements oubliés, comme cela avait été le cas dans le passé. Un plan pour préparer l'avenir a même été élaboré. Lorsque des joueurs raccrochent - comme Roel Moors, Christophe Beghin et Tomas Van Den Spiegel après le précédent EURO - d'autres sont prêts à prendre le relais. Une BasketballElitesAcademy (BEA) a été créée et Casteels veille à ce que les jeunes talents les plus prometteurs touchent le plus tôt possible au noyau A. Comme Manu Lecomte, actif depuis deux ans en NCAA (le championnat universitaire américain) et fer de lance de l'équipe Espoirs qui, cet été, a conquis une belle 8e place au Championnat d'Europe U20. Le distributeur bruxellois a même été élu dans le " cinq majeur " du tournoi et a effectué, dans la foulée, la préparation avec les Belgian Lions. On l'attend au sommet dans cinq ans. Entre-temps, Casteels veut déjà briller avec la génération actuelle. Un troisième Championnat d'Europe d'affilée mérite déjà les applaudissements. Certes, la qualification a été rendue plus facile grâce au passage de 16 à 24 équipes, mais il ne faut pas oublier qu'avant cela, la Belgique n'avait plus participé à un EURO depuis 1993. Les Belgian Lions ont laissé au vestiaire leur costume de Petits Poucets. Ils ont même réussi à gagner le respect de leurs adversaires. Il y a deux ans, en Slovénie, notre pays avait terminé 9e du Championnat d'Europe, malgré l'absence d'une véritable star. Cette " star " sera cette fois bien présente en la personne de Matt Lojeski. L'Américain naturalisé a lancé sa carrière en Belgique : d'abord à Alost puis à Ostende où il fut élu MVP du championnat. En 2013, il avait dû déclarer forfait en raison d'une blessure, alors qu'en 2011, c'était Axel Hervelle qui s'était blessé à la veille du départ pour l'EURO. On croise les doigts pour que ces deux leaders soient cette fois présents. Ce sont eux qui doivent guider l'équipe, en compagnie de Sam Van Rossom, qui est devenu une valeur sûre du championnat d'Espagne avec Valence. Le talon d'Achille de l'équipe, c'est son manque de taille. Depuis la retraite de Tomas Van Den Spiegel (2m16) et de Didier Mbenga (2m14), Casteels est privé d'un véritable centre. Cette lacune est compensée par le collectif et l'agressivité défensive. Offensivement, les Belgian Lions doivent surtout s'en remettre à leur tir à distance, mais ils sont capables de faire déjouer l'adversaire. Quentin Serron, Lionel Bosco et Jonathan Tabu sont des " sangsues " qui collent aux basques de leur opposant direct. Jean-Marc Mwema, MaximeDeZeeuw et Kevin Tumba doivent apporter leur puissance, même si celle-ci est toute relative face aux grandes nations. Le jeu de l'équipe belge exige toutefois une grosse dépense d'énergie. Dans les matches amicaux, les Lions ont pu tenir la dragée haute à des candidats à la victoire finale comme la Grèce, l'Espagne et la France, mais tiendront-ils la distance lorsqu'il faudra jouer cinq matches en six jours, comme ce sera le cas à Riga lors de la première phase du Championnat d'Europe ? C'est toute la question. Dennis Xhaët, commentateur de SportingTelenet (qui assurera la retransmission de l'EURO pour la partie néerlandophone du pays, BeTV se chargeant de la partie francophone avec PierreVandersmissen aux commentaires et GiovanniBozzi comme consultant), croit aux chances des Belgian Lions. " A cause de leur manque de taille, ils devront jouer petit, mais les Golden State Warriors ont démontré en NBA qu'on pouvait aussi gagner de cette manière-là. Le temps où un pivot dominant était indispensable, est révolu. Van Rossom, Hervelle et Lojeski peuvent porter l'équipe sur leurs épaules. Casteels veille à la continuité et soigne son organisation. Il est capable d'affûter l'équipe. Si les Lions peuvent exploiter leurs qualités, un quart de finale est envisageable. " Ce quart de finale constitue le rêve secret des 12 Lions et de leur entourage. Il représenterait un meilleur classement qu'en 2013, et aussi une chance de participer aux Jeux olympiques de Rio. Les deux finalistes de l'EURO sont qualifiés d'office (faut pas rêver) mais les équipes classées de la 3e à la 7e place participeront à un tournoi de qualification en compagnie de représentants des autres continents. La devise des Belgian Lions est donc 'GotoLille'. Lille, où se disputera la phase finale, dans le grand stade Pierre Mauroy où joue le LOSC. ?PAR MATTHIAS STOCKMANS - PHOTOS BELGAIMAGE