Le stade Jan Breydel n'accueillera plus de joutes européennes cette saison. De manière inattendue, le Club n'est pas parvenu à gérer sa victoire en Norvège pour se qualifier. Le verdict est justifié aux yeux de ceux qui ont vu le match. Cette équipe brugeoise rénovée ne tourne pas à plein régime en championnat non plus et elle a laissé trop d'espaces à Brann Bergen, surtout en première période. En Belgique, ce n'est pas toujours sanctionné mais sur la scène européenne, cela se paie cash. Stijn Stijnen, sans lequel la saison brugeoise se déroulerait encore moins bien, digérait sa déception vendredi dernier.
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Le stade Jan Breydel n'accueillera plus de joutes européennes cette saison. De manière inattendue, le Club n'est pas parvenu à gérer sa victoire en Norvège pour se qualifier. Le verdict est justifié aux yeux de ceux qui ont vu le match. Cette équipe brugeoise rénovée ne tourne pas à plein régime en championnat non plus et elle a laissé trop d'espaces à Brann Bergen, surtout en première période. En Belgique, ce n'est pas toujours sanctionné mais sur la scène européenne, cela se paie cash. Stijn Stijnen, sans lequel la saison brugeoise se déroulerait encore moins bien, digérait sa déception vendredi dernier. Stijn Stijnen : Pas vraiment bien mais nous devons tourner la page. Nous visions les poules de la Coupe UEFA. Ce n'est pas parce que nous avons échoué que notre saison est fichue. Il nous reste le championnat et la Coupe. En première mi-temps. Nos erreurs ont été sanctionnées. Nous avons concédé trop d'occasions, et ce n'est pas la première fois. Les erreurs sont inhérentes au football mais pas dix fois par match. Or, c'est ce qui nous arrive. En effet, nous devons tirer certaines leçons de ce qui nous arrive. Toutes les lignes peuvent mieux faire. Quand on laisse des espaces, c'est à onze. En fin de première mi-temps, nous étions à deux contre cinq ou six. C'est impardonnable. Nous y travaillons mais ça ne rentrera pas en ordre en deux coups de cuiller à pot. Je pense que nous devons tous être plus concentrés, plus affûtés, sans pointer du doigt une personne en particulier. Nous évoluons mais nos nombreux nouveaux joueurs ont besoin de temps. Nous devons nous accrocher jusqu'au Nouvel An puis nous mêler à la lutte pour le titre en février ou mars. Il ne faut pas que, comme la saison passée, le titre soit hors de notre portée en janvier. On peut discuter du style de jeu, pas du classement. Notre football peut progresser. Je ne le trouve pas mauvais car nous nous créons quand même des occasions. Ce n'est bon pour aucune équipe mais c'est ainsi qu'Anderlecht a été sacré champion en mai dernier... Tout à fait. Nous insistons là-dessus, y compris à l'entraînement. Nous nous appliquons de mieux en mieux mais la défense dépend aussi de ce qui se passe devant elle. Je détourne peut-être la conversation mais prenez l'arbitrage. Au risque de vous surprendre, je trouve qu'il atteint un excellent niveau. Vraiment. Mais le joueur doit pouvoir avoir un contact avec l'arbitre. Or, au moindre mot, on prend une carte, sans parler des actions. Du coup, tout le monde se calme automatiquement. Ce n'est pas favorable au punch qu'une équipe doit avoir ni aux relations avec l'arbitre. Il insiste sur ce point : nous devons mettre le pied. Est-ce contraire à la nature de nos joueurs ? Je n'en sais rien. Jonathan Blondel a peut-être trop de tempérament et un autre trop peu. Nous cherchons un équilibre. Non et c'est néfaste. Les joueurs portent une part de responsabilité. C'est difficile à dire. La saison passée, nous avons quand même gagné la Coupe de Belgique alors que nous avions raté tant de choses... Régresser ? Je ne veux même pas en parler. Nous sommes moins bons en championnat depuis deux ans, oui. Il faut parfois du temps pour pallier certains départs. Je trouve que nous y sommes mieux parvenus cet été que lors des précédentes campagnes de transfert mais il faut du temps. Nous ne manquons pas de talent au niveau belge. C'est différent en Coupe d'Europe. Nous avons gagné 0-1 à Brann Bergen mais le match a été serré. Bergen est en tête du championnat norvégien et Rosenborg joue la Ligue des Champions. Je ne pense pas qu'actuellement, le football belge soit supérieur au norvégien. Affronter le leader de ce championnat équivaut à croiser le fer avec le Standard, Genk ou Anderlecht. Parfois, nous perdons. On l'a vu lors des deux rencontres : nous étions d'un niveau fort similaire. J'ai connu de bons et de moins bons moments la saison passée. On en parle plus parce que je suis gardien de l'équipe nationale. Je ne m'attendais pas à un autre traitement. Cela ne m'a pas énervé. Je veux toujours gagner mais une fois que j'ai pris place dans le but, je suis calme. C'est une de mes qualités : je sais relativiser les critiques comme les compliments. Cela ne m'intéresse pas. Le portier de l'équipe nationale a toujours des rivaux. Bailly n'est pas le seul. Il est bon. Il a fait sensation l'année dernière, à juste titre, mais chacun savait qu'il commettrait des erreurs. Chaque gardien a son style, un registre dans lequel il se sent bien. Logan doit conserver le sien. Mais cela peut changer très vite. En un match. S'il est super bon et moi super mauvais, on recommence à zéro. Il faut profiter du moment et accepter les obstacles qui sont en travers de votre chemin. Je n'ai que 26 ans. C'est jeune pour un gardien mais j'ai une année d'expérience en plus et c'est un atout. Oui et pourtant, il faut prester chaque semaine. Prenez le match du doigt, Belgique - Pologne. Imaginez que j'aie commis une erreur. C'eût été la faute de ce doigt et tout le monde aurait estimé irresponsable de m'avoir aligné. En relativisant. La critique est facile mais chacun devrait se regarder dans le miroir. Pouvez-vous affirmer que vous ne commettez pas d'erreurs ? Relativiser rend la vie plus facile. Si vous n'y parvenez pas, vous sombrez car dans les moins bons moments, vous en entendez ! Au Club, je peux discuter avec Dany Verlinden et j'ai deux ou trois vrais amis. A la maison, j'ai Veerle, le chien, la musique, la télévision. Je suis calme. Le jour du match, je préfère rester seul à la maison, me détendre. En équipe nationale, je me réfugie dans ma chambre, à l'aise, sans rien faire. Ces soirées ne diffèrent guère de celles que je passe dans mon foyer la veille d'un match. Pas de bruit, pas de coups de téléphone. Il ne faut rien forcer mais jouer simplement. Je mise à 100 % sur la sécurité. Vous ne me verrez jamais dribbler quelqu'un. C'est fatal pour un gardien : s'il rate, ça le poursuit. Il ne faut pas prendre de risques inutiles. Je peux difficilement expliquer comment je m'y prends. C'est un instinct. Un instant, il faut foncer puis le suivant, il faut rester à sa place. Un gardien voit si le ballon est trop loin du pied ou pas. Cela s'apprend. par peter t'kint - photo: reporters/ beddegenoodts