Après avoir un moment habité à Dottignies, Claude Bakadal est retourné vivre de l'autre côté de la frontière puisqu'il s'est établi à Lille. Question de facilité surtout. "Ma copine travaillait à Lille, c'était plus pratique. Et puis, c'était aussi plus simple pour la famille et les copains qui venaient me rendre visite. Lille est à une bonne heure de Paris en TGV. Ils sortent de la gare et ils sont chez moi. Lorsque j'habitais à Dottignies, je devais toujours m'arranger pour aller les chercher et les reconduire".
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Après avoir un moment habité à Dottignies, Claude Bakadal est retourné vivre de l'autre côté de la frontière puisqu'il s'est établi à Lille. Question de facilité surtout. "Ma copine travaillait à Lille, c'était plus pratique. Et puis, c'était aussi plus simple pour la famille et les copains qui venaient me rendre visite. Lille est à une bonne heure de Paris en TGV. Ils sortent de la gare et ils sont chez moi. Lorsque j'habitais à Dottignies, je devais toujours m'arranger pour aller les chercher et les reconduire". Les visites sont d'autant plus fréquentes que la famille Bakadal est nombreuse: 11 enfants (sept garçons et quatre filles), de quoi former une équipe de football... mixte. Quant aux copains, ils ont joué un rôle essentiel durant son adolescence. C'est avec eux qu'il a appris à jouer au football. "On prenait un ballon et on filait à la plaine de jeux. Les gestes techniques, on les apprenait en regardant jouer les vedettes à la télévision". Car, de centre de formation, il ne fut pas question pour Monsieur Claude. "Etre enfermé toute la journée, très peu pour moi! Je voulais être libre, faire ce qui me passait par la tête, être en congé jusqu'en septembre chaque été. Aussi longtemps que je jouais à Montlhéry, en 6e division, c'était encore possible. Lorsque j'ai signé à Evry, en 4e division, c'est devenu plus sérieux: à partir de ce moment-là, j'ai dû m'entraîner tous les jours". Ce manque de formation de base se ressent dans le jeu de Claude Bakadal: son style, tout en puissance et avec certaines lacunes techniques, n'est pas celui d'un joueur sorti de l' école française. Mais il ne regrette rien. Il ne se dit pas que, s'il avait consenti quelques sacrifices durant son adolescence, il jouerait peut-être aujourd'hui dans un grand club français. "J'ai fait ce que je voulais durant ma jeunesse. A partir de là, je n'ai pas de regrets à avoir. Des propositions, j'en ai eues après ma bonne saison à Grenoble. J'ai opté pour Mouscron, un... grand club belge, et l'idée que j'avais effectué un mauvais choix ne m'a jamais traversé l'esprit. Je ne me suis jamais plaint, même lorsque j'étais cloué sur mon lit d'hôpital la saison dernière, loin de chez moi et entouré de médecins qui parlaient une langue différente de la mienne. J'ai été bien soigné et je retrouve actuellement toutes mes facultés, c'est le principal. Je ne pourrais pas m'imaginer, jouant dans un club dont les joueurs ne se serrent pas la main, se regardent en chiens de faïence et n'organisent jamais d'activités ensemble en dehors du football. Il y a des joueurs avec lesquels on passe plus de temps qu'avec sa femme, alors il vaut mieux qu'on s'entende bien. J'ai des copains qui jouent dans d'autres clubs et qui sont dans leur voiture cinq minutes après la fin de leur entraînement. Par rapport eux, j'estime que je suis un privilégié".