Un des avantages de loger dans un studio à Copacabana, c'est qu'on peut louer un vélo sur une des nombreuses plages. On achète un pass d'un jour ou d'un mois, on introduit le numéro de la station et du vélo sur une Rio Bike App et on est parti. Encore qu'il faille slalomer à l'Alberto Tomba entre les nombreux conducteurs qui se prennent pour Ayrton Senna. Pas de pistes cyclables, sauf le long de la plage mais alors, il faut se faufiler entre les coureurs. Et ils sont nombreux. Jeunes et vieux, minces et gros, hommes et femmes, tout le monde court. A se dire que le Brésil enfile les médailles en athlétisme. Or, les habitants ne semblent pas fanas de ce sport, à en juger par les nombreuses places vides dans le stade. Quatre médailles sont une affaire d'Etat : les deux du football et les titres en beach-volley.
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Un des avantages de loger dans un studio à Copacabana, c'est qu'on peut louer un vélo sur une des nombreuses plages. On achète un pass d'un jour ou d'un mois, on introduit le numéro de la station et du vélo sur une Rio Bike App et on est parti. Encore qu'il faille slalomer à l'Alberto Tomba entre les nombreux conducteurs qui se prennent pour Ayrton Senna. Pas de pistes cyclables, sauf le long de la plage mais alors, il faut se faufiler entre les coureurs. Et ils sont nombreux. Jeunes et vieux, minces et gros, hommes et femmes, tout le monde court. A se dire que le Brésil enfile les médailles en athlétisme. Or, les habitants ne semblent pas fanas de ce sport, à en juger par les nombreuses places vides dans le stade. Quatre médailles sont une affaire d'Etat : les deux du football et les titres en beach-volley. Le beach et le volley en salle sont les sports-rois, puisque le football est une religion ici. Or, il faut remonter à Atlanta 1996 et à Athènes 2004 pour trouver trace d'un duo brésilien victorieux, féminin puis masculin. Donc, les duos Larissa/Talita et Barbara/ Agatha en dames, Schmidt/Cerutti en messieurs sont sous pression. Ils ne manquent pas de soutien : le stade provisoire dressé sur la plage de Copacabana peut accueillir 12.000 personnes. Avec vue sur l'Atlantique, le navire de guerre qui est à l'ancre et les hélicoptères qui survolent sans relâche le ciel. Ces 12.000 sièges de l'Arena de Vôlei de Praia, à dix minutes en vélo, sont aux trois quarts remplies, même pour un duel matinal entre l'Australie et la Suisse. En fait, les Brésiliens sont déjà prêts pour le match suivant : Barbara/Agatha contre le duo argentin Gallay/Klug. Les Argentines ont également leurs supporters, bruyants même s'ils sont en infériorité numérique. Ils sont immédiatement contrés par une salve de " Brazil ! Brazil ! ", initiée par le speaker-DJ, les messages qui apparaissent sur l'écran géant (Get Loud ! , Make some Noise ! ) et la musique, qui va de Mambo No 5, la sirtaki grecque, à Fear of the Dark du groupe de heavy metal Iron Maiden. Autre morceau de circonstance, You Can Leave your Hat On, de Joe Cocker. Le beach-volley, c'est aussi regarder de jolis petits postérieurs. Ce n'est pas un hasard si les caméras zooment avec bonheur sur les cuisses peu vêtues. Mais, on le dit trop rarement : ces jambes sont aussi très musclées, surmontées d'abdominaux en tablettes de chocolat, car le beach-volley, c'est aussi un sport de haut niveau. Tout en étant une distraction. Même le personnel de sécurité et les commentateurs brésiliens se trémoussent au son de la musique et lancent une Wave - Frank Raes n'est pas près de le faire pendant un match de football. Entre deux sets, en plus, six chearleaders, garçons et filles, achèvent de chauffer le public. Ils ont même leur propre entertainment dressing room. Agatha et Barbara, manifestement trop fortes pour les Argentines (21-11 et 21-13 en 42 minutes), aguichent le public : elles frappent des mains, distribuent des bisous et serrent les poings à chaque point, histoire de faire monter les décibels, même après le match, en jetant des ballons au public et en donnant des interviews en dansant. Ce n'est encore qu'un simple match de poule. Que sera-ce en demi-finale et en finale, si les Brésiliens conquièrent enfin les titres tant convoités ? Trois jours plus tard, au Vélodrome, pas de maillots ni de drapeaux jaune et vert mais des dizaines d'Union Jacks. C'est que le Team GBR vise l'or en poursuite par équipes et que Bradley Wiggins veut un cinquième titre olympique, pour devenir le Britannique le plus brillant. Le stade explose une première fois quand Wiggo et ses partenaires améliorent le record du monde en qualifications mais le coeur des nombreux Anglais se serre, en finale, quand les Australiens prennent la tête, de manière complètement inattendue. Ce n'est pas possible, quand même ? Puis, dans les derniers tours, Wiggins himself refait le retard et un quart d'heure plus tard, le God Save the Queen retentit pour la énième fois. Wiggins ne serait pas Wiggins s'il ne tirait pas brusquement la langue, provoquant le fou rire de ses coéquipiers. Après la cérémonie du podium, Sir Bradley est le totem autour duquel des essaims de journalistes tournent comme autant d'Indiens. Nous appelons Abby Burton, l'attachée de presse anglaise. Peut-elle amener Luc De Wilde dans la mixed zone ? C'est un soigneur belge de Lokeren, au service de la fédération cycliste britannique depuis les Jeux de Pékin. Il est copain avec Wiggins. Il a assisté à la métamorphose du lauréat du Tour 2012 depuis son succès. " Il était terriblement stressé à l'époque, tant la pression était forte chez Sky mais depuis quelques années, il a retrouvé le sourire. Il rigole même. Il vient de me montrer quelques séquences d'Eddy Planckaert et Johan Museeuw en me demandant de traduire ce qu'ils racontaient en néerlandais, dans un dialecte incompréhensible pour lui, et il les a imités. C'était à se tordre. " La veille de la poursuite par équipes, les plaisanteries font place à la concentration et au stress. " Brad était très nerveux. Dans ces cas-là, il faut le laisser tranquille mais il m'a quand même rappelé une tradition olympique. En 2008, j'avais versé de la Leffe dans le bidon de Chris Hoy, champion olympique en sprint - je devais le surprendre - et ensuite, j'en avais fait de même pour Wiggins. A Londres, j'ai remis le couvert après son titre olympique contre-la-montre et maintenant, Bradley voulait de la bière s'il gagnait la médaille d'or. Donc, faute de Leffe, j'ai acheté une bière blonde brésilienne que j'ai versée dans son shaker de récupération. Ça se remarque moins que dans un bidon mais ça lui a goûté, comme à ses coéquipiers. Cheers ! A un cinquième titre olympique. " PAR JONAS CRETEUR À RIO - PHOTO BELGAIMAGE