Mouscron a donc pris un tournant dans son histoire. Confiné ces dernières années à une bataille contre la relégation mais surtout contre la faillite, l'Excelsior a retrouvé des couleurs suite à l'arrivée à la présidence de Philippe Dufermont. Celui-ci a remis des sous dans les caisses, permettant au bateau de rester à flots. Ce virage implique aussi une nouvelle politique. Mouscron quitte son ancrage hennuyer et picard pour s'internationaliser.
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Mouscron a donc pris un tournant dans son histoire. Confiné ces dernières années à une bataille contre la relégation mais surtout contre la faillite, l'Excelsior a retrouvé des couleurs suite à l'arrivée à la présidence de Philippe Dufermont. Celui-ci a remis des sous dans les caisses, permettant au bateau de rester à flots. Ce virage implique aussi une nouvelle politique. Mouscron quitte son ancrage hennuyer et picard pour s'internationaliser. C'est du moins ce qu'a laissé entendre le président Dufermont : " L'Excel n'est pas viable s'il se contente de vivoter dans sa région. Il faut s'internationaliser et cela passe d'abord par le noyau. Avec Drazen Govic, Berna Balester et Carles Coto, j'ai mis en place un système de financement qui intéresse les investisseurs extérieurs aux bénéfices ", a-t-il déclaré dans un quotidien bruxellois. Mais va-t-on vraiment vers un Excelsior international ? " Ce virage provient essentiellement de notre président ", lâche le directeur technique Gil Vandenbrouck, " Il fait des affaires avec l'Espagne et la Chine et son influence se marque essentiellement dans le dossier des deux joueurs espagnols mais aussi dans celle de l'arrivée de Frinver, groupe immobilier de Valence qui veut s'implanter dans la région de Mouscron ", continue-t-il. Ce contrat de sponsoring a déjà rapporté 1,5 million d'euros. Deux joueurs espagnols ont donc débarqué en Belgique : Carles Coto et Bernabe Balester. " On a l'impression qu'il y a beaucoup de talent dans les divisions inférieures espagnoles et le fait d'avoir un homme sur place nous permet d'avoir une longueur d'avance sur nos principaux concurrents ", explique Vandenbrouck. " C'est un avantage que nos adversaires n'ont pas. J'ai vu de très bons joueurs quand je me suis rendu sur place pour visionner des matches de Segunda B (l'équivalent de notre troisième division). Un joueur sur deux a le niveau de la D1 mais qu'on ne s'y trompe pas : il faut aussi trouver les arguments pour convaincre ces footballeurs de venir en Belgique. Cela fut possible avec Bernabe, qui voulait se relancer après une grave blessure, et pour Coto, lui qui ne connaissait pas le haut niveau puisqu'il n'a que 19 ans. Il faut alors utiliser certains arguments, jouer sur le désir de revanche, sur la volonté d'évoluer dans un championnat de D1 et sur le fait que Mouscron est un club situé près de la frontière ". Reste que l'on peut se demander si Mouscron peut s'aligner sur les prétentions financières espagnoles : " Ce que le club paie est honnête mais il ne s'agit pas encore des plus gros contrats de l'Excel ", continue Vandenbrouck. " Quand je suis parti voir évoluer la deuxième équipe de Valence, j'ai coché le nom des meilleurs éléments dans mon carnet. Cependant, ceux qui avaient déjà évolué avec Valence A n'étaient décemment pas accessibles pour notre bourse. Dès que tu touches à un élément qui vise de près ou de loin la Primera Liga, tu rentres dans un autre monde concernant les salaires. De plus, cela devient également difficile de convaincre quelqu'un qui espère un jour être incorporé dans le noyau A ". Ces arrivées sont des bons coups mais est-ce que Mouscron peut en faire une politique à long terme ? C'est en tout cas avec cette visée que le club frontalier a tenté de mettre sur pied une collaboration avec Valence. En récolte-t-on déjà les premiers deniers ? " Non. La coopération avec Valence est au point mort ", corrige Vandenbrouck, " Elle reposait essentiellement sur les épaules du directeur technique, Amedeo Carboni, qui vient d'être remercié. Depuis lors, nous n'avons plus de contact. Rien n'a été couché sur papier et rien n'a été décidé. On peut peut-être dire que l'arrivée de Bernabe, qui venait de Valence, est en quelque sorte une conséquence de ce projet de collaboration mais c'est tout ". Cette nouvelle politique internationale est clairement dictée par des critères économiques. Pour rentabiliser son arrivée dans le club, Philippe Dufermont veut ouvrir l'Excel sur le marché international. La survie du club est à ce prix. C'est dans cette optique qu'il fallait concevoir le test du Costaricain Badilla. " Certains ont pensé cela mais ce joueur nous a simplement été proposé par un manager que Marc Brys connaissait bien ". Reste que l'Excel ressemble de plus en plus à une tour de Babel. Huit nationalités se côtoient. Le contingent français, particulièrement élevé, a quelque peu été revu à la baisse même si Mouscron ne lâche pas complètement cette piste (comme en témoigne l'arrivée notamment des jeunes Alexis Allart et Jérémy Sapina). Cependant, les dirigeants ont aussi été échaudés par quelques cas. " Cette année, on a particulièrement fait attention à la mentalité des deux joueurs français engagés et jusqu'à présent, on peut dire qu'on ne s'est pas trompé sur eux ". En plus des deux Français et des deux Espagnols, il faudra aussi compter avec un nouveau... Croate, DrazenGovic. " Mais là aussi, on ne peut pas parler de nouvelle politique. On a toujours eu des joueurs de l'ancienne Yougoslavie et on en aura toujours. Celui-ci nous a été proposé par Tonci Martic ". Outre l'internationalisation, les critères d'âge ont été retenus. L'Excel a choisi la carte jeune pour réaliser une plus-value ultérieure lors de la revente : Coto a 19 ans, Allart 20 et Sapina 21. En attendant, le Canonnier n'est pas pour autant bouleversé. " Je peux comprendre la politique du président qui a investi son propre argent et qui veut faire du business avec le foot ", dit le capitaine emblématique Steve Dugardein. " Soyons réalistes : le football d'aujourd'hui, c'est ça ! Néanmoins, il ne faut pas craindre une pollution de l'image du club. Moi, je ne m'en fais pas : le président est mouscronnois et il se rend compte qu'il a besoin de conserver les gens de sa ville autour de lui. Ce n'est pas pour rien qu'il n'a décidé de devenir président que suite à un référendum des supporters. Il veut vraiment impliquer les acteurs de sa région dans son projet ". par stéphane vande velde