Attendre un résultat puis l'expliciter, c'est facile, un peu faux cul et fréquent lors des analyses papoteuses dans notre petit monde ! Mais prédire telle issue retentissante en développant ses arguments, affirmer d'emblée que tel joueur brillera ou se plantera dans son nouveau club, c'est plus excitant que la dissection a posteriori d'un échec ou d'une réussite. Parfois, le prono fait bingo, parfois il s'avère foireux, mais c'est le boulot du chroniqueur : ainsi Stéphane Pauwels a-t-il réussi un gros bingo avant Lyon-Anderlecht, puisqu'il avait prévu haut et fort une déroute mauve. Une déroute des boucher, bûcheron et autre découpeur mauves, métaphores tranchantes qui eurent le don d'offusquer, par leur prétendue ...

Attendre un résultat puis l'expliciter, c'est facile, un peu faux cul et fréquent lors des analyses papoteuses dans notre petit monde ! Mais prédire telle issue retentissante en développant ses arguments, affirmer d'emblée que tel joueur brillera ou se plantera dans son nouveau club, c'est plus excitant que la dissection a posteriori d'un échec ou d'une réussite. Parfois, le prono fait bingo, parfois il s'avère foireux, mais c'est le boulot du chroniqueur : ainsi Stéphane Pauwels a-t-il réussi un gros bingo avant Lyon-Anderlecht, puisqu'il avait prévu haut et fort une déroute mauve. Une déroute des boucher, bûcheron et autre découpeur mauves, métaphores tranchantes qui eurent le don d'offusquer, par leur prétendue grossièreté, la direction anderlechtoise. N'exagérons rien, la langue française est fleurie pour s'en servir, et la grossièreté se planque où on veut bien : dire que Mbark Bousoufa est un petit Mozart, certains trouveront que c'est grossier pour Mozart ; et lire un gros titre où Herman Van Holsbeeck résume une confrontation en la réduisant au constat froid que " contre Lyon, 15 millions sont en jeu ", certains trouveront ça grossier pour l'esprit sportif... Donc, le chroniqueur doit se mouiller : il est bon si ses pronos font bingo plus souvent qu'ils ne foirent, et disparaîtra comme un gros nul si ses foirages deviennent majoritaires, c'est la loi du genre. J'en arrive ainsi à mon sujet mouillé du jour pour vous balancer mon avis, en espérant ne pas me planter, sur l'expérience qui va débuter en Europa League : l'autorisation accordée par le Board d'y expérimenter un arbitre supplémentaire derrière chaque but va-t-elle transfigurer le foot ? Non : au mieux, le jeu sera un peu plus propre, ce que j'espère mais dont je doute ; au pire, il sera un peu plus bordélique, ce que je crains. Michel Platini a prédit que l'initiative ferait disparaître les tirages de maillot. Réduire oui, disparaître non : les tricheurs feront davantage gaffe au flic supplémentaire, ça ne les empêchera pas d'encore essayer et de parfois réussir. C'est toujours ça de pris, mais ça n'entraînera rien d'autre : les avis continueront de diverger sur le côté délibéré des fautes de mains, les franchissements de ligne continueront d'être parfois non repérables par l'£il humain. Et tout le temps que le ballon tournicotera ailleurs que dans sa zone de vérité (c'est-à-dire souvent), le nouveau flic de l'arrière va se les geler en emmerdant les photographes... Trois arbitres, puis quatre, maintenant six, selon l'argument qu' il y a plus dans deux têtes que dans une,... mais en oubliant que plus on est de fous plus on rit ! Car tant qu'à faire, et puisque les arbitres du top sont multipliables comme les petits pains de Jésus, qu'attend-on pour passer à 28... en ajoutant au sextet un garde-chiourme pour chaque protagoniste ? On parquerait 22 refs supplémentaires dans une loge centrale, reliés à l'oreillette du chef-arbitre, et chacun ferait du marquage individuel oculaire sur un joueur précis ! Le foot deviendrait jeu d'agneaux ! Rien que 28 contrôleurs pour 22 acteurs,... c'est un ratio moindre qu'au tennis où n'existent ni hors-jeux, ni contacts ! Quoi ? Les flics s'engueuleraient par deux lors d'un duel opposant leurs joueurs respectifs ? Impensable : s'ils s'engueulent, c'est qu'ils ne connaissent pas le règlement ! Sans rire : si c'est pour ajouter deux gars, les place-t-on judicieusement en les cantonnant derrière un but ? Autrement dit, pourquoi ne pas en avoir profité pour balayer enfin TOUT le pourtour du terrain ? Car en face d'un juge de ligne arpentant sa demi-longueur, existe toujours une autre demi-longueur que personne n'arpente, non ? Et si chacun des quatre assistants avait plutôt eu pour mission d'arpenter son angle droit, c'est-à-dire sa demi-longueur ET sa demi-largeur derrière un but ? Vous voyez ce que je veux dire ? Réfléchissons-y, mes frères, amen pour aujourd'hui. par bernard jeunejean"Platini a soutenu les deux arbitres ajoutés derrière les buts. Bordel en vue ?"