Deutschland über Alles. Organisation, pragmatisme, respect. Quand vous voyagez à travers l'Europe du football, il y a une certitude. Jamais vous n'aurez le moindre problème en Allemagne. Leurs stades sont parfaits. Pour travailler, jouer et regarder. Si problème il y a, le temps de vous en rendre compte, ils ont trouvé la solution.
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Deutschland über Alles. Organisation, pragmatisme, respect. Quand vous voyagez à travers l'Europe du football, il y a une certitude. Jamais vous n'aurez le moindre problème en Allemagne. Leurs stades sont parfaits. Pour travailler, jouer et regarder. Si problème il y a, le temps de vous en rendre compte, ils ont trouvé la solution. Match de Champions League à Schalke. Le poids de la neige a causé l'effondrement d'une partie du toit au-dessus de la tribune de presse. Et bien, au cas où il y aurait des intempéries pendant la rencontre, deux stewards sont postés derrière nous avec des parapluies. A Munich, une partie de mon oreillette me reste coincée dans l'oreille. Je suis sourd à 15 minutes du direct. Deux infirmiers essayent sans succès de me l'enlever. En cinq minutes, ils trouvent un médecin urgentiste qui me délivre. The show can go on ! Deux exemples parmi tant d'autres mais, croyez-moi, c'est loin d'être partout comme cela. Tout ça pour vous dire que les Allemands ont tout compris. Sans sérieux et rigueur, y a pas de plaisir possible. Du plaisir, ils en prennent durant cette fameuse trêve hivernale. Un mois d'arrêt. On récupère, on régénère le corps et les têtes. Les blessés se soignent. Les étrangers vont au pays faire le plein de bonheur familial. Et puis, on part en stage au soleil. Les supporters restent au bercail et leur impatience s'aiguise en douceur, bercée par l'atmosphère festive de décembre. En Angleterre, on use les joueurs pour respecter les us et coutumes liés à un très honorable souci du même supporter. Génial !, mais l'Angleterre pleure le prestige de son équipe à la Rose de plus en plus fanée au moment où les palmarès fleurissent. Les stars sont à bout au bout du joli mois de mai et se traînent durant le maudit mois de juin. Est-ce un hasard si l'Angleterre n'a plus gagné une grande compétition avec ses équipes nationales depuis 50 ans ? Les Allemands, eux, ont participé à 12 demi-finales de Coupe du Monde et n'ont jamais terminé plus loin que la troisième place dans un grand tournoi depuis 2004. C'est donc en hiver que naissent les succès de l'été. L'Angleterre a beaucoup d'argent et beaucoup d'équipes qui vont toujours très loin en Ligue des Champions. Six clubs anglais ont participé aux six dernières finales. Et 11 aux demi-finales. Quand on sait que ce sont ces équipes qui fournissent le plus de joueurs à l'équipe nationale, pas étonnant que ce soit le néant pour eux quand ils jouent pour leur drapeau. La Bundesliga compte 18 équipes : plus léger et plus respectueux de l'éthique. On joue les matches retour dans le même ordre que le premier tour. On n'oublie pas que c'est du sport avant tout. Avant le dictat des télévisions. En Premier League, la non-trêve laisse des traces. Les surmenés flirtent tous avec le burn-out car, vu la concurrence, le turnover est de moins en moins de rigueur. Et on en arrive avec des cas style WayneRooney, qui ose s'offrir un petit resto le soir du Boxing Day. Résultat : 240.000 euros d'amende et suspension pour le match contre Blackburn. Résultat : Manchester United perd et ne prend pas la première place du classement. Et Sir AlexFerguson passera le jour de ses 70 ans à maudire sa propre intransigeance. En Italie, l'encre de certains plumitifs a déjà l'odeur du cyanure. La victime ? Claudio Ranieri. La trêve dure deux semaines, l'Inter joue le samedi 7 janvier et le coach a fixé la date de reprise seulement cinq jours plus tôt. Il est fou !, pensent-ils. S'il ne gagne pas le premier match de l'année, ils l'écriront. Ils oublient que l'Inter sort d'un premier tour catastrophique. Que son noyau est composé majoritairement de Sud-Américains trentenaires et surmenés depuis deux ans. Et que passer les fêtes sur leur continent avec leur famille peut aider à retrouver de la fraîcheur. L'Inter a joué et gagné: 5-0! A chacun sa méthode, son histoire, ses traditions, ses obligations mais ce sont des êtres humains qui jouent. Leur corps et leur esprit ont des limites... PAR FRÉDÉRIC WASEIGE JOURNALISTE VOO FOOT - Be TVEn Angleterre, on use les joueurs à la trêve et l'équipe à la Rose paye la note. " En Amérique du Sud, si tu veux faire jouer au foot le 26 décembre, on te tue " Luiz Felipe Scolari