En Coupe de Belgique, deux clubs des divisions inférieures étaient venus semer le trouble parmi l'élite. En effet, l'Olympic Charleroi avait éliminé le Cercle Bruges en s'imposant 3-1 aux tirs aux buts (1-1 à la fin du match). De son côté, Eupen avait aussi créé la sensation en écartant Westerlo 4-2 dans le temps de jeu normal.
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En Coupe de Belgique, deux clubs des divisions inférieures étaient venus semer le trouble parmi l'élite. En effet, l'Olympic Charleroi avait éliminé le Cercle Bruges en s'imposant 3-1 aux tirs aux buts (1-1 à la fin du match). De son côté, Eupen avait aussi créé la sensation en écartant Westerlo 4-2 dans le temps de jeu normal. Actuellement, ces rescapés pour les huitièmes de finale de la Coupe ont le même classement : la treizième place pour Eupen en D2 et pour l'Olympic en 3B. Le week-end dernier, ils ont tous les deux obtenu un 2-2 : Eupen à Deinze et l'Olympic à Tongres. Deux semaines après leur double exploit, on pouvait légitimement s'interroger sur les éventuels changements, au sein des deux clubs, résultant de ces victoires. A Eupen, les résultats ne suivaient pas depuis déjà quelque temps mais l'équipe de Claudy Chauveheid avait pourtant réussi à s'imposer facilement. " Mes joueurs ont fait beaucoup plus que ce que je leur demandais ", explique l'entraîneur eupenois. " J'avais insisté sur le fait qu'ils devaient prendre leurs précautions mais il s'est vite avéré que l'axe défensif central de Westerlo était lourd et lent. Etonnamment, on a donc pu les presser dans leur camp presque tout au long de la partie. On a eu une dizaine d'occasions en première mi-temps. Ce qui est énorme face à un club de D1 ". Mais qu'est-ce que cette victoire a réellement modifié au sein de l'équipe frontalière ? Chauveheid : " Pas grand-chose en réalité. Ce n'est qu'un plaisir momentané qui fait partie des joies que le foot peut nous procurer. Ce n'est qu'un petit plus par rapport à une année un peu sombre. Cette saison, nous manquons de chance. Au niveau du jeu, on a quand même réalisé de bonnes rencontres, notamment face à l'Antwerp. Mais tout reste difficile... Par contre, l'ambiance au sein du groupe reste au beau fixe. Non, elle n'a pas été améliorée avec la victoire en Coupe. Nous avions choisi nos joueurs en fonction de leurs qualités morales et mentales. Ce sont des éléments qui se remettent automatiquement et régulièrement en question. Ils ont d'ailleurs réussi à passer le cap en remportant une victoire importante face à Alost. J'avais effectivement un peu peur que la succession de rencontres ne soit néfaste car mes joueurs ne sont pas des pros. Ils restent quand même fragiles mentalement et physiquement ". Entre Eupen et Westerlo, on n'avait pas vraiment observé une différence flagrante au niveau du jeu. C'est à se demander pourquoi le club est aussi mal classé en D2. " On a toujours eu un bon niveau cette saison. Il n'a pas augmenté avec la Coupe. Je n'ai pas l'habitude de pleurer sur mon sort mais cette année, on est vraiment victimes d'erreurs capitales d'arbitrage et défensives. On est beaucoup trop désavantagés. Maintenant, on doit oublier notre premier tour en championnat. C'est dommage qu'on ait éprouvé autant de difficultés. Mais il faut vivre avec le futur et non le passé. Il y a toujours des regrets en foot. Cette saison, Eupen n'a pas pour objectif la tête. On veut juste réaliser le meilleur parcours possible tout en se sauvant. Il faut s'extirper de la zone rouge. On ne vise pas non plus une tranche. Ce serait trop présomptueux. Par contre, la Coupe de Belgique constitue une occasion pour briller. Pourquoi pas aller plus loin ? On va être opposé au Lierse en huitièmes de finale et ce club n'est pas au mieux. De plus, on peut douter sur le fait que Dan Mitu restera jusqu'à la fin de la saison. Ils nous prendront au sérieux et nous évoluerons sans pression. De notre côté, on va éviter de recruter au mercato. On a l'habitude de travailler dans la continuité et ce n'est pas pour la Coupe que cela va changer. On a déjà recruté Didier Ernst en août et que c'est déjà assez tard. On sera peut-être contraints de laisser partir un ou deux joueurs car notre noyau compte 24 éléments et c'est trop ! De toute façon, nous n'avons pas les moyens de faire des folies sur le marché des transferts ". Du côté de l'Olympic, le coach analyse également la situation. " C'est un beau cadeau ", déclare Patrick Thairet. " Se qualifier pour le tableau final, c'était déjà beau. Mais maintenant, on va participer aux huitièmes de finale ! On a eu un peu de chance avec le tirage au tour précédent mais le match n'a pas été facile. Le Cercle et l'Olympic ont fait jeu égal tout au long de la rencontre. On a eu autant d'occasions qu'eux. Notre victoire n'est donc pas imméritée ! C'est normal aussi que des clubs tels que l'Olympic jouent un rôle d'outsider. Anderlecht, Mouscron et le Sporting Charleroi ont en effet tous éprouvé des difficultés ". Ce genre de victoire a généralement pour conséquence de booster le moral des troupes, mais à l'inverse, elle peut avoir un effet pervers : " Le point positif est la confiance. Elle a indéniablement augmenté. A contrario, j'ai pu aussi ressentir un excès de confiance au sein de mon groupe. On a, par exemple, été bien moins bons face aux Francs Borains au match suivant. Nous ne sommes pas non plus habitués à jouer autant de rencontres d'affilée. Mes joueurs sont en réalité un peu fatigués. Le club va aussi un peu mieux au niveau financier. Il en avait besoin car il est en proie à un concordat judiciaire depuis longtemps. Ce qui a pour conséquence que nous sommes payés plus régulièrement et pas de manière élastique. Par contre, une chose est certaine : l'Olympic n'a pas assez de rentrées pour jouer le haut du tableau ". Le niveau du club s'est-il amélioré avec la Coupe ? En réponse à cette question, Thairet se montre assez pessimiste : " On essaye de jouer au foot mais c'est clair qu'on ne casse pas la baraque. On manque de réalisme dans tous les domaines et on ne parvient pas à concrétiser. J'ai un seul véritable attaquant dans le noyau et ce dernier ne marque pas assez. Il va maintenant falloir que nous faisions une série de bons matches afin d'être rassurés. Il faut incessamment sous peu que nous nous mettions à l'abri. Pour cela, nous devrions recruter un élément offensif au mercato. Dès lors, on pourrait peut-être jouer les trouble-fêtes pour l'acquisition de la troisième tranche ". Chez Thairet, on ressent la joie de la qualification mais elle est tempérée par le fait que les Carolos vont devoir se rendre au Club Bruges. " Ce rendez-vous constitue vraiment une récompense pour mes joueurs. On va jouer au stade Jan Breydel : c'est la cerise sur le gâteau ! Mais bon, on ne se fait pas trop d'illusions. J'espère juste que Bruges saura lever le pied pour que l'addition ne soit pas trop salée. Le championnat reste le plus important et le meilleur moyen d'y penser est de se dire qu'on pourrait gagner la Coupe et être relégués ! " Tim Baete" La qualif est un petit plus par rapport à UNE ANNéE UN PEU SOMBRE " (Claudy Chauveheid) " On essaye de bien jouer mais c'est clair QU'ON NE CASSE PAS LA BARAQUE " (Patrick Thairet)